Plan d'Immigration: Intégration positive et réduction des volumes d'immigration

Texte qui a été soumis par un de mes lecteurs, sous le thème langue, immigration et intégration


Variations vers un modèle d’intégration (1)

LIntégration, source de cohésion et de coopération sociale, constitue  une condition préalable à l’existence d’une société stable et viable. Voilà qui fait déjà de l’intégration un sage objectif de société.  Mais qu’entend t-on plus précisément par intégration, et quel en serait un modèle juste et utile?

Un passé, un destin ou l'avenir d'un peuple

Je ne prétends pas pouvoir répondre ici à cette question, ni qu’il puisse y avoir un seul modèle.  Mais j’aborder des éléments essentiels, puis je propose des illustrations de tentatives vouées à produire son contraire, une désintégration plus prononcée d’une société qui connaît une crise identitaire qui risque fort de l’emporter, comme le vent abat un arbre mal enraciné.

Au Québec, un modèle d’intégration unanimement agréé au fil des évolutions politiques, est la Loi 101, laquelle inscrit fondamentalement les paramètres d’une intégration linguistique des immigrants à la société québécoise. L’affirmation par la Charte de la langue française du statut de la langue française comme seule langue officielle au Québec et les mesures visant à en assurer la protection et l’usage auront induit une tendance positive en faveur de la langue distinctive du peuple québécois majoritairement francophone au sein de la Confédération canadienne.

On aura trop tendance à passer sous silence une autre force d’attraction traditionnelle, la culture et les coutumes, et les valeurs issues de la tradition et judéo-chrétienne, et ses accents particuliers à la contribution des communautés religieuses aux institutions de santé et d’enseignement au Canada-français.  De ces contritions, il demeure un fond qu’il ne m’appartient pas de jauger, mais qui constitue certes une forme d’attraction naturelle qui a le potentiel de contribuer à la cohésion au sein d’une société.  Langue et religion sont des marqueurs de l’être social et culturel, ils sont des attracteurs favorisant la coopération et la coopération spontanée.

Des libertaires pourront s’objecter à la Loi 101 sous le prétexte qu’elle contraindrait le libre choix. Mais un libertaire saura par ses réflexions préalables que la liberté est faite de contraintes librement agrées, que l’acceptation des contraintes inscrites dans les mœurs et les coutumes d’une société et les lois d’une société est source de liberté, qu’il n’y a pas de liberté sans l’expression de responsabilités envers l’ensemble de mesures d'intégration positive et constructive d’une société stable, viable et juste.   Mais plus, je rappellerai que les libéraux (dans le sens de tenants de du libéralisme politique) acceptent d’emblée que des contraintes doivent être formulées sur la langue commune et ses institutions d’enseignement afin de créer une cohésion essentielle. Ainsi, Milton Freedman (Capitalisme and Freedom. 1962, 1982)  affirme sans compromis aucun que:

«  … Great streams of immigrants were flooding the United States from all over the world, speaking different languages and observing diverses customs. The “melting pot” had to introduce some measure of  conformity and loyalty to common values. The public school had an important function in this task, not least by imposing English as common language.”

Après réflexions, j’en suis venu à penser que toute personne s’opposant à la Loi 101, témoigne de sa méconnaissance de l’histoire canadienne, de l’ensemble des combats des Canadiens-français pour les écoles en français, des lois anti-français, et ainsi de suite.:. Au Canada, les dés sont pipés et les règles jouent en défaveur des Canadiens-français. La Loi 101 n’est pas contre quelque chose mais pour l’affirmation d’une société francophone, elle protège même les droits linguistiques des anglophones de souche au sein d’une Confédération canadienne anglophone, qui aura bafoué tous les droits linguistiques de sa minorité francophone. En fait, la Loi 101 constituerait un vibrant exemple d’un sens démocratique hors du commun, exemplaire… dans le recherche d’un équilibre viable et salutaire d’un peuple minoritaire au sein d’une Confédération…

J’aimerais maintenant aborder des thèmes qui gravitent autour de la langue et de l’immigration, composantes indissociables d’une intégration constructive positive.


VARIATION 1. Plan d'Immigration: Intégration positive et réduction des volumes d'immigration, mais accroissement de la proportion francophone; et, révision de l’argumentaire économique et impacts sur les finances publiques (2)

Je lisais avec consternation dans l’édition du 11 novembre de la Presse, qu'en dépit d'avis éclairés déjà présentés au MICC (février et avril 2010, entre autres), ce dernier s'apprêtait à reconduire le quota d'immigration de 2009/2010. C'est littéralement aberrant. Vous n'êtes pas sans savoir, qu'en période de récession, que la prudence élémentaire indiquerait de baisser le niveau d'immigration car la pénurie en main d’œuvre fût et sera moindre que ne laissait l’anticiper un scénario optimiste antérieur; et, d’autres moyens seraient plus judicieux pour contrer des demandes sectorielles ou régionales.

Je dois porter à votre attention que les justifications d’une planification d’un niveau d’immigration élevé s’appuient sur un argumentaire fragile lorsqu’on fait référence aux vertus sans sens critique d'une immigration à haut volume. Contrairement aux idées reçues l'immigration aux niveaux actuels, dans une conjoncture économique incertaine n'est pas requise, ce pour deux raisons fondamentales:

1.      Il y a déjà un problème d'intégration linguistique dans la grande région métropolitaine. Montréal s'anglicise de manière effarante depuis 2003/2004, et particulièrement depuis 2007;

2.      En situation économique difficile, l’immigration à des niveaux trop élevés et dont la composition correspondrait peu aux objectifs d'intégration sociale et économique et aux besoins régionaux réels en main d’œuvre ferait en sorte que le seuil des bénéfices économiques marginaux négatifs serait dépassé, et générerait une charge budgétaire excédentaire qui pourrait être insoutenable s'il fallait que la récession perdure (récession en W possible aux E.U et en zone Euro; taux de chômage élevé, déficit budgétaire croissants, etc.).

Des études démontrent bien que l'immigration ne contribue pas à rajeunir la population d'une manière significative; et, qu’elle ne contribue pas à contrer le déficit démographique puisqu'il n'y a pas de déficit aux termes même des dernières simulations (Statistique Canada, fascicules Projections 2006-2056; Institut Simon Fraser, étude de 2009; Statistique Canada; Marc Termote, mai 2010; OCDE plusieurs études cocomettantes).

Ici les questions d’intégration linguistique à la langue française et les avantages économiques comparés  sont intimement liées.

Question de l’intégration linguistique

Les parlementaires ont le devoir express et urgent de redresser la situation engendrée depuis quelques années en matière d'intégration linguistique, de recrutement et sélection de candidats francophones répondant aux critères requis par le Québec.

L'intégration positive constitue une condition de la pérennité d'une société stable et viable. La responsabilité ultime de l'intégration incombe aux nouveaux arrivants. La société d'accueil doit certes fournir un cadre et des moyens d'intégration, et faire preuve d'attitudes tolérantes, mais il incombe aux nouveaux arrivants de participer aux traditions, au patrimoine culturel et religieux de la société où ils émigrent.

Au Québec, les institutions et la société civile valorisent les principes démocratiques; l'égalité des hommes et des femmes; la langue commune, le français; et, nos traditions et notre Histoire relèvent de la contribution de la religion chrétienne (ne pas mélanger religion avec tradition, nous sommes de tradition judéo-chrétienne, que cela plaise ou non.). Voilà essentiellement des données de notre être identitaire.

Malheureusement, des incongruités du ministère de l'Immigration du Québec causent maintenant un problème pour la vitalité même de langue française dans la grande région de Montréal. La hausse, sans consultation préalable, sans soutien démocratique, de l'immigration à des niveaux de plus en plus élevés depuis 2004 relève d'une erreur fondamentale. « Les hausses importantes du niveau d’immigration auront engendré une diminution de la proportion des immigrants francophones. Ainsi, les périodes de hausses marquées des volumes d’immigration, soit entre 1990-1994 et entre 2003-2009-2010, coïncident à des baisses de la proportion des immigrants ayant une connaissance unique de français : la hausse des niveaux d’immigration se fait aux dépens de la proportion des immigrants ayant une connaissance unique du français (laquelle diminue alors entre 21 et 23%). Observons que la situation démolinguistique du français s’est dégradée suite à chacune des ces vagues d’immigration, et vraisemblablement depuis 2007. »

Quel serait le niveau juste? Je vous rappelle que les États-Unis, qui présentent pourtant des signes de troubles sociaux liés à l'intégration se contentent d'un rapport d'immigration de moins que 1/300 (Immigrants/population totale). Ramené au niveau canadien, cela signifierait un seuil maximal de 110,000 immigrants pour tout le Canada, et que de 28,000 immigrants annuels pour le Québec. Par ailleurs, sous les conditions actuelles, le seuil de capacité d'intégration linguistique se situerait autour de 10,000 à 15,000 sur l'île de Montréal et de 25,000 à 30,000 pour tout le Québec.

Ainsi, les intentions du gouvernement fédéral (et par le fait même au Québec) de hausser à des niveaux records l'immigration largement anglophone et anglotrope sont douteuses (à plus de 92% au Canada dans son ensemble et à quelque 45 % au Québec) ne répondent en rien à des besoins rationaux et objectifs; et, cela contribue rapidement à marginaliser les populations francophones hors Québec et à fragiliser la vitalité du français au Québec. Globalement l'immigration devrait être ramenée à des niveaux plus bas, sa composition être francophone et francotrope, tout en répondant aux autres critères. Il a une responsabilité de recrutement de sélection et d’intégration de tous les immigrants, malheureusement ont joué en défaveur des intérêts linguistiques et trop peu en faveur des intérêts économiques du Québec. 

Je reviens sur l’argumentaire économique.

Sur le plan de la main d’œuvre et du marché du travail, mes analyses antérieures sont corroborées par l'évolution récente du marché de l'emploi: La reprise économique tarde à se concrétiser nettement et  la reprise du marché de l'emploi est décalée d'autant, tout particulièrement aux États-Unis. Il n’y a pas de pénurie de main d’œuvre au dire de la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ, nov. 2010). Le nombre d'entreprises qui déclaraient en 2008 éprouver certaines difficulté de recrutement de main d’œuvre sectoriel a considérablement reculé depuis deux ans, la récession a calmé le jeu, comme à toutes les récessions. À vrai dire le Plan d'immigration aurait dû être modifié dès 2009, et un gouvernement responsable aurait abaissé les volumes d'immigration générale pour 2009, 2010 et 2011. Il faut comprendre, et c'est vrai depuis un bon bout de temps, que les pénuries de main d’œuvre sont sectorielles, se modulent au fur et à mesure de la conjoncture économique. Ainsi :

1.      L’immigration ne constitue pas la solution de choix à la pénurie de main d’œuvre en général, mais une parmi d’autres. Certes des demandes spécifiques de compétences spécialisées requièrent un recrutement à l’étranger. Mais, en général, des moyens plus efficaces et plus respectueux de la population québécoise consisteraient à contrer le taux de décrochage chez les jeunes (niveau secondaire et professionnel) à recycler une partie des assistés encore jeunes vers des emplois professionnels en demande, d’inciter de jeunes retraités à reprendre le chemin du marché du travail, et d’autres encore. En relation aux besoins régionaux, la formation professionnelle dans les cégeps régionaux pourrait, semble t-il, être encore plus en correspondance aux besoins des milieux de travail spécifiques.

2.      L’efficacité de l’immigration pour contrer certaines pénuries de main d’œuvre et un vieillissement de la population dépend plus de la composition de cette immigration que d’une augmentation des volumes. Le rapport du Vérificateur général du Québec (de juin dernier) précise bien que la sélection des immigrants est lacunaire, que les dossiers seraient mal évalués, et souvent peu en correspondance avec les besoins de formation et de main d’œuvre qualifiée, et donc inepte en général à répondre à des impératifs d’intégration sociale et économique. 

Je soulignerai une dernière errance, du MICC ou de ministères à vocation économique, lorsqu’on associe sans nuances volume d’immigration et prospérité économique. « L’immigration certes contribue à augmenter la demande de services et de biens de base (nourriture, logement, vêtements, etc. et accroîtrait aussi paradoxalement les demandes de places en garderie, ce qui poserait problèmes ou de d’autres services exigés de l’État-Providence!), mais plus marginalement que la population en général. Cette demande accrue de biens et de services de base et de consommation courante ajoute un peu d’activités économiques, donc au PIB- indicateur de richesse nationale par agrégation des activités économiques-, mais n’accroît pas nécessairement le PIB par habitant, indicateur de richesse et de niveau de vie. Plus d’activités certes mais, selon le cycle économique et la condition de l’offre et de la demande du marché de l’emploi, pas plus de richesse collective ni de prospérité économique globale, ni de PIB vert ou d’autres indicateurs de qualité de vie plus élevés. Comprenons qu’en cas de conjoncture économique difficile, un apport disproportionné de l’immigration générale peut engendrer un déséquilibre entre l’offre de travail et la demande d’emploi. Dans tel cas, faute de revenus de subsistance des néo-citoyens immigrants, l’État se substitue au marché et procède à des transferts sous la forme de diverses allocations et assistances sociales. Cette subvention à la consommation ajoute des activités vitales supplémentaires, non pas une croissance dans des secteurs d’activités ayant des effets d’entraînement sur le développement d’avantages comparés. Qui plus est, en situation économique défavorable et lorsque la composition ne coïncide pas à l’offre de l’emploi, et induit une raréfaction de certains emplois pour les travailleurs natifs – et pénalise les populations régionales au prise avec de graves difficultés de sous emploi- , on assiste à un dégrèvement des finances publiques. L’immigration en période de récession peut engendrer un excédent structurel entre l’offre et la demande et grever un peu plus les déficits budgétaires des finances publiques. De surcroît, un questionnement sur l’éthique de la redistribution à des néo-citoyens qui n’ont pas encore contribué à l’essor d’un patrimoine économique  collectif,  que les données budgétaires nous disent déjà fragilisé, en émerge. »

À toutes choses égales, la demande en main-d’œuvre serait plus faible en 2010 et 2011 qu’elle ne l’était avant la crise financière et la récession qui s’en suivit  et alors il n’y a pas lieu d’augmenter le niveau d’immigration sur le seul motif d’une pénurie générale hypothétique, alors que seules existent des pénuries sectorielles ou régionales, mais bien de le réduire, et même substantiellement.

Il est utile de souligner que lors de l’importance récession de 81-82, le gouvernement canadien avait ramené le niveau l’immigration pendant quatre ans en dessous des 100 000 immigrants par année, et le gouvernement québécois à moins de 20,000, soit aussi longtemps que le marché de l’emploi n’eût pas rattrapé le recul des années de récession. La même sagesse devrait sainement prévaloir maintenant.

« Tout indique alors que les seuls quotas- un volume élevé à atteindre en dépit d'indications contraires-, nonobstant leur niveau, ne peuvent pas constituer un objectif valable. L’objectif clair et impérieux qu’impose la situation de problèmes est de rechercher une proportion d'au moins 70% d'immigrants ayant une connaissance unique du français (francophones). À défaut,  le MICC continuera à alimenter un déséquilibre linguistique, et la paix linguistique serait menacée sur l'île de Montréal, et ce sans ne rien ajouter à la prospérité économique. C’est bien de la valeur de chacun des cas en fonction des critères déterminés qu’il faille juger, la formation générale pouvant être l’un de ces critères privilégiés à condition que les émigrés avant même leur départ de leur pays soient clairement informés qu’ils devront s’adapter aux conditions réelles du marché de l’emploi. Dans tous les cas, un ministère responsable devrait toujours évaluer sa capacité d’intégrer les immigrants, et moduler à la baisse le nombre d’immigrants en période de conjoncture économique défavorable. »  (extrait, essai M.P. déc. 2010) 

En définitive, l’impact de l’immigration sur l’économie serait mitigé, et varierait largement en fonction des caractéristiques des immigrants et des besoins conjoncturels de l’économie. L’impact de l’immigration sur les finances publiques semble plus nettement négatif, surtout en période de récession. La conjoncture économique incertaine fournit l’opportunité de revoir les objectifs et l’organisation du MICC de manière à ne plus à la fois grever les finances publiques et fragiliser la situation de la vitalité de la langue française dans le Montréal métropolitain. 

Dans tous les cas, le gouvernement au cœur de la nation canadienne-francaise doit faire preuve de cohérence et de bonne gouvernance en matière d'immigration, ce qui n'a pas été fait suffisamment jusqu'à présent. Ici intégration et immigration sont intimement liés.


VARIATION 2.  Des essais malheureux de désintégration : ce qui émerge de l’approche intellectuelle du pluri/interculturalisme

-Interculturalisme, multiculturalisme: pièges en l'absence de
conditions préalables essentielles-

Langue et immigration sont interreliées, plusieurs références en font état, en débattent. Immigration et intégration: un sujet universel que peu de pays maîtriseraient, que les peuples minoritaires devraient aborder en toute lucidité...

Je ne comprends pas le raisonnement à l'envers de M G. Bouchard, qui en tout, en bout de piste, fait reposer une "faute" originelle sur la minorité francophone, et lui conférerait l’Obligation de s’intégrer aux nouveaux-arrivants ! Cette attitude, prêchée à la population ,étendue en toutes choses, ferait du Québec de demain, l'Ontario francophone d'aujourd'hui, les Balkans américains.

Je ne comprends pas cette propension à l'autodestruction d'un peuple.
Je pense à quitter cette terre de tiraillements entretenues, et alors sans avenir, pour aller m'installer aux États-Unis et m'y assimiler: en finir avec l'angoisse d'un peuple qui ne s'assume pas et d'intellectuels peu conscients de leur influence négative ....
 
Je suis retombé sur un petit travail de M. G. Bouchard (collaboration) datant de 1990: le même génie en herbe professant, à partir de préjugés anti-cléricaux, un laïcisme extrémiste et pluraliste dont la responsabilité du succès plurielle  incomberait à la fautive minorité francophone :

Pluri-multi- ceci-cela laïcisme extrême, rien sur la contribution des communautés religieuses de 1840 à 1960 .. : les propos perdurent, tant par ce qu’ils taisent que par ce qu’ils énoncent, et continuent les mêmes préjugés et la même quête pour l’avènement de « l'homme nouveau » fabriqué à l'image d'une idéologie qui mène vers l’annihilation des traditions, des coutumes, d’un imaginaire collectif cohésif  : pauvre attitude de la part d'un sociologue-historien. Un historien devrait savoir que l'annihilation des racines culturelles et des traditions, des mœurs et des rites  à travers les âges correspond à ce que des despotes ont tenté de faire pour apaiser les nouveaux territoires conquis ou assimiler les minorités...

À mon sens, ce que le nouvel arrivant veut voir c'est la manifestation d'un peuple fier qui affiche l'ensemble de ses coutumes et de ses traditions et qui l'invite à s'y joindre fortement...

… ce que le nouvel arrivant veut percevoir c'est la manifestation d'un peuple fier qui affiche l'ensemble de ses coutumes et de ses traditions et qui l'invite à s'y fonder résolument…

Mouvement laïque (MLQ), laïcisme extrémiste, déclarations de nature injurieuses qui confinent à moins que rien l’ensemble qui ne répond pas aux idéologies en isme, ce mauvais peuple criminel qui voudrait, selon Monsieur,  «tourner le dos à l’anglais », ne pas étendre son apprentissage à l’ensemble en marche vers une mutation culturelle et linguistique répondant aux vœux de Monsieur…

… Que l’on tente d’imposer de semblable manière ces idéologies en Ontario, en Alberta... vous verrez que les Anglo-saxons ne sont pas aussi tolérants et signifieront la porte aux idéologues...  : on ne leur rentrerait pas de force dans la gorge ce concept de quelques-uns d’un inter/pluriculturalisme exigeant l’annihilation du caractère distinctif. Alors que l’on cesse  d’écœurer le peuple de la coupable minorité francophone d’Amérique!

Il n’est pas étonnant que le peuple québécois semble s’opposer à tout : on le contraint à tout et le trompe en tout par coups de sophismes, de décors de commission pipés, telle la commission tendancieuse Bouchard-Taylor, et ainsi de suite. Il ne fait donc plus confiance à personne, et surtout pas aux soi-disant élites!

Notre société connaît une crise identitaire qui risque bien de l'emporter. Ce dont cette société francophone distincte a besoin ce sont des liens de cohésion, de communion fraternelle ancrée dans son passé, en marche évolutive.

Le discours de M. G. Bouchard fait le contraire, il propose plus de fragmentation, et un lot de culpabilité existentielle; il veut reloger vers un autre lieu qui ne veut rien signifier de solide et de vital pour l'ensemble du peuple, qui inscrirait une plus grande distanciation par rapport à l'ensemble des Canadiens-français dispersés à la grandeur du Canada anglophone...

Le peuple devient une sorte de coquille de noix sans racines, et qui dérive sur un océan d'anglomanie...

J'aimerais bien qu’une discussion respectueuse prenne en compte ce que je résumerai par l’impérieuse nécessité de continuité de toutes les racines issues de l’histoire, de la culture, des héritages des générations précédentes … avant de prétendre forcer la main à tous pour l’avènement artificiel d’un "homme nouveau» sorte d’hydre sortie de l’imaginaire égaré de quelques intellectuels, car on ne va pas à l’encontre de la nature humaine, seule la lente évolution des sociétés peut engendrer des évolutions heureuses ; ce qui est brusque, précipité est chaotique, violent, relève du tremblement de terre, de la révolte….

Qu’il suffise déjà de comprendre qu’à Montréal et dans la région du grand Montréal, la croissance de la population immigrée se ferait beaucoup trop rapidement pour conduire à long terme à la culture hybride concoctée dans l'esprit inter/pluriculturaliste supputé; d'autant plus que l’immigration est toujours concentrée à Montréal, Laval et leurs environs.

Le Québec évolue différemment selon que l'on vive dans le grand Montréal ou en région, ou dans d'autres villes provinciales de caractère intégralement de québécité. La capacité d'intégration positive à la langue et à la culture de la société distincte, du peuple québécois ou canadien-français, serait dépassée et rendrait déjà inopérant le discours théorique proposé. Il y manque à l’évidence  une condition gagnante ! Cela ne présage rien de bon pour une société viable et stable de langue et de culture fusionnant québécité et francité...

Ces  intellectuels si distanciés d'un sentiment d'appartenance que les gens du pays ressentent passionnément, et qui confère déjà un certain degré d’un jugement critique salutaire, semblent trop en proie à une angoisse de remodélisation de l’être social !

Le problème se pose un peu comme suit : on essaie de reconstruire selon des plans idéologiques sur des terrains vagues laissés par l’inculture !  La démarche n’est pas sans rappeler celle du docteur Moreau sur son île qui veut récréer selon ses transmutations savantes des créatures dénaturées obéissant à une « Loi » interdisant les comportements animaux et prônant la vénération de Moreau, appelé « Maître » .

«  Les Québécois ont dépouillé en vingt ans le principal de leur culture (traditionnelle) : croyances, mœurs, rites, imaginaire, préférences ancestrales ; bouleversé leur organisation sociale, famille, école, paroisse. Économie de gagne-petit ; répudié leurs maîtres traditionnels, leurs conseillers séculaires » …. «  Dans un pays comme le Québec, par exemple, la religion, qui faisait jadis dans le peuple un fond philosophique considérable, est en partie disparue et n’a pas été remplacée… » Vadeboncoeur P. dans Trois essais sur l’insignifiance.

Pourtant la nature a horreur du vide, et les humains le craignent encore plus ! On aura donc tenté de remplacer, d’où les mouvements de toutes sortes, sortes de sectes en recherche d’un discours apaisant les angoisses existentielles. On se donne même des vocations de sauveur, ainsi peut-être la commission Taylor-Bouchard,  ainsi m’apparaît-il le discours interculturaliste de monsieur G Bouchard. Pourtant le peuple peut très bien se sauver lui-même, fort de ce jugement critique naturel qui repose peut-être en partie sur un fond philosophique résilient.  Mais voilà, on est entêté, l’un s’attaque à des relents de coutumes, de signes et de rites issus de la tradition chrétienne, un autre déjà à la langue que l’on voudrait faire glisser vers un bilinguisme salvateur : les voilà opiniâtrement à l’œuvre !

Alors, tel dans « La ferme (république) des animaux » de G. Orwell : «  Mais qu’est-ce que c’était qui avait l’air de se dissoudre, de s’effondrer, de se métamorphoser ? … Il n’y avait plus maintenant à se faire de question sur les traits altérés des cochons. Dehors, les yeux des animaux allaient du cochon à l’homme et de l’homme au cochon, et de nouveau du cochon à l’homme ; mais déjà il était impossible de distinguer l’un de l’autre. » 

Vivement, laissez-nous ! Allez savoir ailleurs s’il existe d'autres lieux d’expérimentations !


VARIATION 3 La manière de procéder du Mouvement Laïque Québécois (MLQ) pour forcer ses idéologies est carrément malhonnête -ou adopter une attitude respectueuse et cohésive

Un tribunal administratif issu de la Commission des Droits de la personne et de la jeunesse (CDPDJ) vient de porter un jugement qui limitera un peu plus la visibilité de signes culturels issus de notre patrimoine et de l’héritage religieux et sociétal. En particulier l’ordre intimé par ce tribunal administratif d’enlever le crucifix et les statues à caractère du Conseil municipal de l’Hôtel de ville de Saguenay constituerait une atteinte au droit du peuple de témoigner de la pérennité d’une partie du patrimoine culturel religieux séculaire.

Non satisfaite de ce résultat, que la ville aura contesté, le MLQ aura même émis une lettre (sorte de fatwa à l’envers) aux citoyens de la Ville de Saguenay (25 février dernier). Le tout ressemble à un harcèlement, une forme d’intolérance que le libertaire se doit de dénoncer.

Nous comprenons mal l’acharnement du MLQ (représenté dans cette affaire par sar vice-présidente) à vouloir l’annihilation des manifestations de traditions et de coutumes chrétiennes (prières, statues, crucifix...) même très discrètes. Ces tribulations que le MLQ fait subir à la majorité sont une forme d’œuvre tortueuse pour parachever la fragilisation de la transmission de valeurs traditionnelles qui comme la langue, unissaient, il n’y a pas si longtemps encore.

Un commentateur sous Vigile aura résumé l’importance significative de l’attitude en jeu : "Selon les Romains, deux comportements en particulier provoquaient l’effondrement des nations : mépriser les Dieux de la Ville et négliger l’art militaire » Les Québécois font présentement les deux !. Il serait donc sage de se remettre en question.

On devrait comprendre aisément que le Québec est une "société établie sur un vaste territoire. Il comprend des régions nombreuses, dont chacune a son histoire, sa culture, son mode de développement économique et social, ses particularismes et surtout ses problèmes et ses aspirations" (C. Ryan, Les valeurs libérales et le Québec moderne, 2002) . Il serait à contre nature d’imposer les vues de quelques-uns de la métropole sur la manière d’être et de s’affirmer des gens de toutes les régions, ou même d’une région spécifique. Pourtant  l’acharnement ciblé et la manière de contraindre la majorité par un jugement spécifique d’un tribunal de type quasi-judiciaire répondant aux récriminations d’un seul, posent problèmes.

Concédons qu’il appartient aux citoyens d’une région spécifique aux caractéristiques distinctives de décider de traditions et de coutumes, non pas à groupuscule intellectuel du centre-ville de Montréal. Mais plus, la manière de procéder du MLQ pour forcer ses idéologies est carrément malhonnête. Ce n’est pas à un tribunal de première instance de forcer les pratiques traditionnelles ou coutumières des gens d’une région. La manière de précéder du MLQ ressemble à ce que De Tocqueville qualifie de despotisme pouvant émerger d’institutions démocratiques contrôlées par quelques-uns sur la vaste majorité démocratique.

La  région du "Lac St-Jean/Saguenay" est assez homogène : francophone et de tradition chrétienne à quelque 98% ( je dis tradition chrétienne et englobant catholiques, protestants, etc..) ; elle a droit à ses différences d’affirmation socio-culturelles. L’acharnement du MLQ contre la majorité de tradition chrétienne est alors carrément intransigeant, draconienne et méprisante ; qu’est cela que ce despotisme voulant étendre sur tous et pour toutes les régions l’a priori de quelques universitaires issus d’une tendance laïque qui s’expliquait autrefois par un anticléricalisme, ou d’une mouvance intolérante et acculturalisée en quête de ses propres repères ? Il faut respecter les différences et les spécificités régionales qui s’inscrivent dans une croyance plus en accord avec les coutumes et les traditions séculaires et le patrimoine issu des contributions des organisations religieuses ou des « ancêtres » en contact avec la dure Nature. Peut-on comprendre cela, ou est-on à ce point aveuglé par l’idéologie laïciste ?

Par ailleurs, le MLQ ne semble pas comprendre que le nihilisme professé puisse offenser les personnes d’une génération plus âgée, encore fidèle à une foi ou à des traditions séculaires. On n’a pas le droit de les mépriser !

Il est indéniable que les croyances et les traditions issues des croyances religieuses chrétiennes au Canada-français constituent encore un attracteur vers une certaine cohésion et une certaine intégration positive. Au Canada-français hors Québec on perpétue la tradition de la prière ( un bref moment de réflexion) et de signes chrétiens dans des Conseils municipaux, on le fait aussi, si je me souviens bien, au Canada-anglais. L’acharnement du MLQ semble incompréhensible à la lumière des positions beaucoup plus tolérantes qui vous auront été signifiées. On ne peut pas soudainement remplacer de telles forces d’attraction issues des traditions et des coutumes par une approche intellectuelle : Lénine et Trosky l’ont tenté, et le christianisme existe toujours en Russie, et unit !

Pauvres intello, vous avez la faculté si peu pragmatique, si peu constructive, mais l’égo si disproportionnée ! Ainsi,  je salue la différence d’opinion, mais plains à la fois un peuple si faiblard qu’il ne défendrait pas à mort ses traditions et ses croyances profondes.... Ce peuple connaît certes une crise identitaire ; il a tellement besoin de cohésion et de repères. Des intellectuels narcissiques et le MLQ ne voudraient-ils pas faire oeuvre utile de cohésion ?

En définitive, il appartient totalement aux gens de la région de décider démocratiquement de l’évolution de leurs pratiques coutumières et civiques. Dans un sens large, l’enracinement à l’histoire, la langue, la culture, les institutions locales, ses modes de vie, ses particularismes vaudra toujours mieux que quelques égarements vers des lubies idéologiques séduisantes. C’est ainsi, selon l’ordre naturel des choses, au sein d’une société stable et juste.

Critiquer et dénoncer est une chose, mais plus utile encore est de proposer quelque chose d’utile, de réaligner les attitudes un peu à la manière de la citation de Von Mises placée en exergue.  

Une voie de coopération et de cohésion utile et pragmatique pourrait s’articuler ainsi : on pourrait donner au MLQ l’avis qu’il serait bien d’accompagner des communautés nouvelles accueillies au Québec afin de les amener à adhérer aussi fortement que nous à ce large consensus qui s’est formé chez les catholiques et les post-catholiques du Québec sur ce principe de la séparation de l’Église et de l’État. Dans la tradition musulmane, cette séparation ne serait pas chose acquise pour tous. Le MLQ pourrait ici jouer un rôle utile d’intégration sur cette question fondamentale plutôt que de s’acharner à l’éradication de coutumes judéo-chrétiennes ou d’œuvres d’inspiration religieuses (statues, crucifix, croix de chemin) chez les Québécois de souche déjà acquis à l’indépendance des pouvoirs politiques et religieux.

Le MLQ pourrait même fort constructivement participer à des activités de pastorale interculturelle et d’intégration aux coutumes et traditions du peuple québécois d’accueil !

« Liberalism, however must be intolerant to every kind of intolerance. And because it demand tolerance of all opinions and all churches and sects, it must recall them all to their proper bounds whenever they venture intolerantly beyond them...

 

...it demands tolerance as a matter of principle... for doctrines and opinions that it deems detrimental and ruinous to society and even for movements that it indefatigably combats.    For only tolerance can create and preserve the conditions of social peace without which humanity must relapse into the barbarism and penury of centuries long past.” Extraits p. 55-56. Lundwig von Mises. Liberalism.

 


Thème vers l’intégration positive

Cohérence du système d’éducation en français : intégration positive normale, les cégeps en français, une approche pragmatique libérale

L’analyse de l’évolution de la situation linguistique et des conditions d’intégration à la société francophone situe nettement que l’actuel libre choix de la langue d’enseignement au cégep contribue à fragiliser un peu plus la vitalité du français. L’importance relative de la fréquentation des cégeps francophones par les jeunes Allophones est maintenant précisée, elle mène vers le transfert à la langue anglaise.

Nous avons vu ailleurs (3) que qu’importe l’angle d’analyse -données démolinguistiques, vérités d’expérience, études des transferts linguistiques, comportements linguistiques des étudiants du collégial, continuum du développement cognitif, étude comparative du régime scolaire au Canada-anglais- tout indique la pertinence et la justesse d’étendre au moins en partie l’enseignement en français aux cégeps pour les Allophones et les Francophones.

Il est alors possible de proposer un compromis raisonnable sur un spectre potentiel étendu allant du libre-choix à l’extension de la loi 101 pour tout le régime des études collégiales. Ce compromis serait non seulement pragmatique, mais cohésif.

À la lumière de cela, tout observateur indépendant pourrait se demander quel est le problème de ce peuple minoritaire qui jongle avec l’évidence et porte à risque l’évolution déjà précaire de sa pérennité.

Ainsi la proposition d’inclure la première année du cégep à l’enseignement en français universel serait raisonnable; elle répondrait au sens commun professé par la pratique anglo-saxonne; et, elle serait cohérente sous l’analyse de l’apprentissage psycho-éducatif, la première à la douzième année formant un continuum du domaine du développement cognitif. Cette approche correspond à une ouverture sur la québécité et la francité dans un sens large et inclusif, et concorde avec l’essentiel renforcement de l’intégration identitaire des nouveaux-arrivants.

­Une approche en accord avec le libéralisme politique

L’idée que la première année des études du régime des cégeps, ou une partie, soit complétée en français pour tous est compatible avec la conception libérale (libéralisme politique, et liberté j’entends). En effet, il n’y a pas de société viable et démocratique, soutenue par des citoyens libres et responsables, sans le partage d’un ensemble cohésif de valeurs communes. Or les cours de philosophie, de littérature, d’histoire, par exemple, portent justement sur un contenu éducatif,  qui informe et instruit certes, mais ouvre plus fondamentalement la voie à une éducation morale et culturelle  indissociable de l’intégrité de l’être social et culturel. Ces enseignements contribuent à la fois à la cohésion sociale et à la démocratie non seulement en inculquant un certain nombre de valeurs aux jeunes mais aussi par effet d’émulation sociale naturelle de l’ensemble des citoyens que ces jeunes fréquenteront.  Une portion du curriculum des études collégiales relève de l’éducation à des valeurs communes, et cette portion tout au moins devrait être enseignée en français au sein d’une société francophone distincte qui se veut stable et viable. 

Et le libre choix des études collégiales pour les jeunes adultes? Déjà nous portons notre attention sur la deuxième année des études collégiales, et là le libre choix serait plausible. Il le serait d’autant plus qu’alors l’enseignement porte sur des contenus plus formatifs (techniques, scientifiques, professionnels ou autres). Le libre choix naît de la cohérence du système d’éducation; l’exemple du pragmatisme anglo-saxon ou les connaissances issues de la compréhension du développement cognitif   nous donnerait les justes balises.  Au sein d’une société stable, surtout si elle est minoritaire, le libre choix apparaît après l’enseignement de toutes les matières à valeurs éducatives ou portant sur des valeurs communes. En fait,  qu’importe la manière dont on retourne la question, on revient à la juste mesure qui ferait que les douze premières devraient être enseignées en français. Il est fort regrettable qu’une organisation structurelle ait arbitrairement introduit la rupture du continuum normal, auquel toute société  stable aurait le droit de prétendre pour tous ses futurs jeunes concitoyens.  Ce faisant, comme en d’autres domaines, des structures organisationnelles auront contribué à tresser des difficultés arbitraires sur la voie de la cohésion et de la loyauté à des valeurs communes dont le français, langue commune, est le véhicule indispensable d’une coopération naturelle, pour une société stable distincte et unique en Amérique du Nord.

Voilà le lieu d’un argumentaire que tout citoyen dominant des impulsions partisanes peut accepter pour mieux servir les intérêts de la Patrie canadienne-française, dans un sens large et cohésif.



Thème 2.  Vers l’intégration positive

Immigration, limites et compatibilité aux valeurs de la droite politique (Réseau Liberté)

Plusieurs études contredisent les raisons économiques données pour justifier le maintien d’un haut niveau d’immigration. L’ensemble de ces études et notre analyse (voir chapitre 5, nouvelle édition du livre cité en référence) remettent en question la prémisse à l’effet que l’immigration à hauts niveaux contribue à l’essor économique. Pour les tenants du libéralisme économique, je précise que la notion d’immigration ouverte et l’État-providence sont incompatibles. Pour qu’ils le soient tant soit peu, elle devrait être déterminée en fonction de la conjoncture économique et selon la capacité d’absorption (intégration) sociale et culturelle

En particulier, Milton Freedman, prix Nobel d’économie et défenseur du libéralisme économique –dans le sens classique, capital et liberté- développe l’argument à l’effet que l’immigration ouverte et État-providence sont incompatibles car le jumelage des deux entretiendrait un problème éthique de redistribution des richesses de l’ensemble vers quelques-uns qui n’y ont jamais contribué. Une telle injustice serait contraire à des fondements même de la pensée libérale (dans le sens de libéralisme économique et politique : propriété privée, liberté, égalité, éthique…) . L’État-providence oblige dès lors à déterminer l’immigration en fonction de la conjoncture économique politique et sociale et selon la « capacité d’absorption ». Une seule manière de concilier certains niveaux d’immigration ouverte à la nature d’un régime de l’État-providence serait alors de mettre fin à cet État-providence ou d’exclure les nouveaux immigrants des avantages et bénéfices des programmes sociaux et interventionnistes de l’État  (M. Freedman dans 15 lectures series, aux éditions Laissez Faire Books).  Les barrières à l’immigration reposeraient sur des conditions d’intégration (assimilation) des nouveaux-arrivants aux caractéristiques du pays d’accueil (langue, culture, valeurs).  Selon la logique même du libéralisme, il serait normal et éthique de fixer des conditions préalables vers l’intégration positive des nouveaux-arrivants à la langue commune le français, le système d’éducation complet (de la maternelle à la douzième année complète) et des valeurs traditionnelles et démocratiques du Québec, pays et société distincte d’accueil.

Michel Pagé

Montréal, février 2011


  1. Copyright M.P. Aucun droit de reproduction en tout ou en partie sans l’autorisation de l’auteur. L’article général est protégé par la loi sur les droits d’auteur.
  2. Essentiellement cette section reprend une correspondance adressée au Ministre des Finances du Québec en novembre 2010 et s’appuie sur des analyses antérieures, telles dans :  Un passé, un destin/l'avenir d'un peuple, Michel Pagé,
  3. Section 2.4.3 de Un passé un destin ou l’avenir d’un peuple, 2010; et article à paraître, avril 2011