A quand la prochaine tempête sur le marché des devises ?


Extrait de : A quand la prochaine tempête sur le marché des devises ? , Eberhardt Unger, MoneyWeek, 15 mars 2011

Habituellement, en période de crise politique avec des implications mondiales, la réaction sur le marché des devises se traduit par une montée du dollar considéré comme un "refuge sûr".

Mais avec les révolutions en cours dans les pays arabes et les inquiétudes concernant l'approvisionnement mondial en pétrole, ce temps est révolu, et l'appréciation du billet vert n'a pas eu lieu cette fois ci.

Trade Wieighted ExchangeA l'égard des partenaires commerciaux les plus importants des Etats-Unis, l'index du dollar pondéré s'approche même de son niveau le plus bas et pourrait même s'enfoncer encore.

Cela pourrait très bientôt conduire à de nouvelles turbulences sur le marché des devises.

Le point décisif est l'énorme réserve de change de la Chine. Des 9 000 milliards de dollars dans les réserves mondiales en devises (source : FMI/Cofer) la République populaire détenait, 2 847 milliards, dont 1 160 en bons du Trésor – auxquels on peut ajouter les 134 milliards détenus par Hong Kong.

La monnaie chinoise, le renminbi n'est pas librement convertible. En essayant d'éviter ou de retarder au maximum la réévaluation (par rapport au dollar US), la Chine se procure un avantage commercial.

D'autres pays comme le Brésil, la Corée et quelques pays asiatiques convoitent cette tactique. Le résultat ne pourra être que la réduction de la libre circulation des capitaux et de la fixation libre des taux de change, et pourrait même se finir par une guerre commerciale.

Les tensions entre les Etats-Unis et la Chine sont déjà une réalité. L'énorme déficit du compte courant américain est confronté à l'excédent chinois. Les Chinois pourraient très bien répondre aux éventuelles sanctions commerciales des Américains par des ventes de bons du Trésor et, ainsi, plonger le monde dans une nouvelle crise financière.

Dans la zone euro, le développement d'une Europe "à deux vitesses" débouche sur des problèmes tout aussi complexes.

1)      Les pays très endettés de la périphérie pensent que ce sont les pays à fort taux de croissance qui sont à l'origine de leurs problèmes. La forte hausse des taux d'intérêt demandés aux pays de la périphérie implique qu'une réduction de la dette publique en Grèce, au Portugal, en Irlande et autres est devenue pratiquement impossible.

Tous les immenses efforts consentis pour réduire les dépenses publiques paraissent insignifiant au regard de la masse des intérêts débiteurs à payer qui ne cesse d'augmenter.

2)      Par contre l'Allemagne, la France, les Pays-Bas et quelques autres profitent de taux d'intérêts autrement plus intéressants. Ils peuvent ainsi améliorer leur productivité en investissant à moindre coût et sont ainsi relativement avantagés.

En Asie, les pays émergents de la région ont leurs partenaires commerciaux les plus importants dans la région même. Mais là, les banques centrales s'observent mutuellement pour qu'aucun pays ne bénéficie d'avantages commerciaux par une intervention directe ou déguisée. C'est en vain, depuis plus de 10 ans, que la Banque de développement asiatique plaide pour une monnaie commune, et demande un accord sur une politique coordonnée du taux de change.

Conclusion : il faut s'attendre à de nouvelles turbulences sur le marché des changes, possible dès le deuxième trimestre 2011.


 

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