Réformables, les garderies à 7 $?

Un bon texte bien écrit, plein de bon sens.

Mais, ça ne change pas grand-chose, comme j’ai déjà mentionné un chroniqueur économique peut très bien vivre qu’en faisant du simple copie-collé à 70 %.

Comme on ne prend jamais de décision, à cause du système étatique québécois, les mêmes questions se posent et les mêmes réponses ont toujours lieu.

Un texte pour nous faire rappeler que notre système de garderie coûte cher et inefficace, tout cela pour maintenir l’immobilisme québécois par des politiciens subissant la corruption étatique.


Extrait de : Réformables, les garderies à 7 $?, David Descôteaux, Argent, 24/03/2011

On a tous déjà entendu quelqu’un, ou l’amie de quelqu’un, raconter que son enfant poireaute sur une liste d’attente en garderie. Dans plusieurs CPE, le délai dépasse maintenant trois ans. Quand vous recevez l’appel, votre enfant est déjà à la maternelle!

Il manquerait environ 50 000 places dans la province, selon les estimations de l’Association québécoise des CPE. Dans son dernier budget, le gouvernement promet de créer 15 000 places subventionnées d’ici 2016. Aucune cette année, mais de 3000 à 4500 places chaque année suivante.

Le gouvernement peut difficilement faire mieux. Il est contraint, par manque d’argent, à limiter les places. Car ça coûte cher. Ces 15 000 nouvelles places coûteront 560 millions $, selon lui. L’Association québécoise des CPE parle plutôt de 219 millions $ par année. En incluant le coût des récentes ententes syndicales, cela portera le coût total du programme de garderies à plus de 2,5 milliards $ par année.

Je n’ai jamais compris pourquoi l’État s’improvise gardienne de nos enfants. Qu’on me comprenne : je suis tout à fait d’accord avec les buts de ce programme — hausse de la participation des femmes sur le marché du travail, conciliation travail-famille, etc. Ce que je trouve discutable, ce sont les moyens que nous avons choisis pour y arriver.

Faire autrement

En ce moment, nous avons un système mur-à-mur. Les riches, comme les pauvres, payent seulement 7 dollars par jour. L’État décide du nombre de places à créer, et verse l’argent au système — dominé par la bureaucratie et les syndicats —, au lieu de le verser aux parents. Sans surprise, la facture gonfle chaque année. Depuis sa création, le coût du programme de garderies a augmenté plus de six fois, alors que le nombre de places n’a même pas triplé.

Mais si on veut aider les familles moins aisées, pourquoi ne pas leur envoyer un chèque? Et les laisser choisir une garderie sur le marché? Il en coûte à l’État environ 45 $ par jour, par enfant, pour financer une place à 7 $. Pourquoi ne pas envoyer cette somme directement aux parents? Ce serait trop simple? On atteindrait pourtant les mêmes buts. La mère se trouverait une garderie, et pourrait retourner au travail. Ce serait aussi plus flexible. Les pères et mères qui veulent élever leurs enfants à la maison un jour ou deux par semaine seraient compensés.

Quant aux riches et à tous ceux qui ont les moyens de payer, ils ne recevraient aucun chèque. L’État économiserait. Et celui-ci n’aurait pas à gratter ses fonds de tiroir pour créer des places, car le marché s’en chargerait. À 45 $ par jour par enfant, il ne manquera pas de Québécois et Québécoises pour offrir des services de garde! Les files d’attente diminueraient, et tout le monde serait content.

Vous vous inquiétez de la qualité des éducatrices? L’État peut continuer d’encadrer le secteur, et s’assurer que les garderies respectent des standards élevés. Mais il n’a pas à offrir lui-même le service. Et si on juge que des enfants issus de certains milieux défavorisés n’ont pas accès à d’aussi bonnes garderies, on peut implanter le concept des CPE dans ces milieux, spécifiquement.

Soyons réalistes : ce programme est insoutenable dans sa forme actuelle. Soit on le réforme, soit on fait payer les parents 10-15 $ au lieu de 7 $.

Mais une réforme, c’est rêver en couleur. Tout le système est bureaucratisé et syndiqué mur-à-mur. Si vous osez proposer des changements, les syndicats débarqueront dans la rue. Et les parents, otages, devront s’absenter du boulot.

C’est dommage. Je suis convaincu qu’on peut atteindre les mêmes buts sociaux, à moindre coût, en faisant les choses autrement.