Services de garde: l'attente s'éternise

Le PQ en créant les garderies de mur-à-mur a donné sur un plateau d'argent un service qui pouvait être syndiqué aussi mur à mur, conséquence désastreuse sur le plan financier et de vos impôts, bien sûr.

C’est pourquoi toutes provinces ou États non pas lancer de programmes de garderie universels, il est préférable de cibler les enfants « à risque » de familles à faible revenu ou monoparentales, car on risquait de mettre en otage enfants et parents par les syndicats : croissance illimitée des coûts, diminution des services.

Le rapport Marchons avant de courir : Une mise en garde à propos des services de garderie, de C.D.Howe avait raison (À la fin du carnet).

Mais vous connaissez le P.Q., il fallait acheter des votes.

Quand le PQ a instauré les garderies universelles, il venait de gagner sur deux tableaux.

1.      Ils achetaient des votes de la population pour gagner des élections, même si c’était un cadeau empoisonné financièrement.

2.      Il venait de gagner l’appui syndical, car on donnait sur un plateau d’argent des dizaines de milliers de futurs syndiqués.

Si la solution est si merveilleuse, pourquoi dans tout le reste de l'Amérique du Nord, on n'a pas utilisé cette mesure, peut-être que l'on savait que c'était un gouffre financier !

Juste pour vous donner une idée, le Québec a graduellement mis en place la politique familiale la plus généreuse au Canada. En 2005-2006, les subventions annuelles versées par place de garde s’établissaient à 4 600 $ au Québec, à 2 300 $ en Ontario, imaginé en 2010.

Aujourd’hui, il nous coûte plus de deux milliards, sept fois son coût initial, en seulement 13 ans.


Extrait de : Services de garde: l'attente s'éternise, Mélissa Guillemette, Le Devoir,  4 mars 2011 

620 bambins sont inscrits sur la liste de chaque CPE, 340 dans chaque garderie

Entre 2007 et 2009, le nombre moyen d'enfants inscrits sur la liste d'attente de chaque Centre de la petite enfance (CPE) est passé de 435 à 620.

Les listes d'attente s'allongent dans les services de garde à 7 $ du Québec. Et les 15 000 places supplémentaires promises par Québec aux dernières élections tardent à se concrétiser.

Entre 2007 et 2009, le nombre moyen d'enfants inscrits sur la liste d'attente de chaque Centre de la petite enfance (CPE) est passé de 435 à 620, selon le dernier rapport annuel Situation des centres de la petite enfance, des garderies et de la garde en milieu familial du ministère de la Famille et des Aînés. Même histoire dans les garderies, où les noms de bambins en attente sont passés de 250 à 340 par établissement. Et la situation continue de se dégrader, selon les associations de service de garde consultées.

L'Association québécoise des CPE reçoit même des appels d'entreprises paniquées de voir des employés ne pas arriver à rentrer au travail à la date prévue après un congé parental, faute de garderie. «Ils nous demandent: "Est-ce qu'on peut faire des pressions pour créer des places?"», raconte le directeur général de l'association, Jean Robitaille.

S'il est difficile de connaître le nombre exact de places manquantes puisque beaucoup d'enfants sont inscrits à plusieurs listes d'attente, l'Association québécoise des CPE estime qu'il faut créer environ 50 000 nouvelles places pour répondre à la demande. «Un pas de géant a été fait depuis 15 ans: on répond aujourd'hui aux besoins de 75-80 % des familles, alors qu'à l'époque on répondait à 25 %, reconnaît M. Robitaille. Néanmoins, pour les familles dont les besoins ne sont pas comblés, c'est catastrophique.» Avec le «minibaby-boom» qui se poursuit — on apprenait mardi de l'Institut de la statistique du Québec que 88 300 bébés sont nés en 2010 alors qu'avant 2006, le nombre de naissances se tenait loin sous la barre de 80 000 —, la pression sur le réseau est plus grande.

Donc pour faire 8000 enfants de plus, ça vient de nous coûter 250,000 $ par enfant,
ce que l’on ne fait pas pour gagner des votes.

À l'Association des garderies privées du Québec, qui regroupe surtout des établissements subventionnés, on indique que des parents sont si découragés qu'ils n'inscrivent plus leurs enfants sur les listes des services à 7 $. «Quand un parent appelle et qu'il y a trois ans d'attente pour un service de garde à 7 $, il se tourne parfois directement vers le privé non subventionné», raconte le directeur général, Jean-François Belleau. Les dernières données du ministère révèlent d'ailleurs que le nombre de places en garderies non subventionnées a littéralement bondi, passant de 4750 places à 16 500 ces trois dernières années. Les listes d'attente y sont moins longues, mais le coût à la journée y est beaucoup plus important. Un crédit d'impôt remboursable rétablit toutefois en bonne partie les coûts au bout du mois ou de l'année.

Engagements de Québec

Il y a présentement 214 000 places à contribution réduite dans la province. En août 2008, la ministre de la Famille de l'époque, Michelle Courchesne, avait annoncé la création de 18 000 nouvelles places pour septembre 2010, engagement qui n'est pas encore réalisé. Trois mois plus tard, le premier ministre Jean Charest promettait 15 000 places de plus si un gouvernement libéral était élu, un engagement qui n'a pas encore eu de suite. «On les attend toujours, laisse tomber Jean-François Belleau. Si le gouvernement veut être capable de les livrer avant les prochaines élections, il doit les annoncer dans son prochain budget», à venir bientôt.

Au bureau de la ministre Yolande James, on assure que la promesse de 2008 n'est pas oubliée. Les parents devront toutefois être patients. «Les 15 000 places supplémentaires, c'est un engagement que l'on compte tenir, car on est conscients de la pression pour les développer, explique l'attachée de presse de la ministre, Geneviève Hinse. Il nous reste encore du temps pour le faire», soit d'ici la fin du présent mandat du gouvernement libéral. Ces 33 000 places prévues au total, «ce n'est quand même pas rien. Ça représente des sommes et des efforts importants».

D’autant plus que les 15 000 éducatrices en milieu familial privé viennent d’obtenir le droit de se syndiquer, un autre 500 millions dans section dépense.

Il ne faut pas oublier que l’État (nous le peuple) a subventionné la quasi-totalité des contributions requises de la part des employeurs afin d’assurer la viabilité financière du régime de leur retraite, ajouté un autre 298 millions.

L'augmentation des places dans les garderies non subventionnées sont à considérer dans la balance, surtout avec les dernières bonifications du crédit d'impôt pour frais de garde d'enfants, ajoute Mme Hinse. «On voit ça d'un oeil très positif, car se sont des places régies, de qualité.»

Jean Robitaille y voit plutôt un «pis aller», «en attendant».

La porte-parole de l'opposition officielle en matière de famille et députée d'Hochelaga-Maisonneuve, Carole Poirier, croit que c'est maintenant qu'il faut agir. «Le régime [québécois d'assurance parentale instauré en 2006] a donné aux Québécois le goût de faire plus de bébés, mais les libéraux n'ont pas livré la marchandise du côté des services de garde.

Les autres provinces s’en tirent aussi bien, sans être obligé de dépenser 2 milliards.

 Est-ce qu'on va nous repasser cette promesse de 15 000 places lors de la prochaine campagne électorale?»


Marchons avant de courir : Une mise en garde à propos des services de garderie

Marchons avant de courirLes résultats de cette étude (C.D. Howe) soulèvent des doutes sérieux à savoir si les bénéfices d’un programme national de garderie pour les familles biparentales l’emportent véritablement sur les coûts, tant financiers que psychologiques, qu’il comporte.

Les auteurs de la présente étude déconseillent à Ottawa d’user de son pouvoir de dépenser pour inciter les provinces à lancer des programmes de garderie universels. Ils recommandent plutôt aux provinces de veiller à ce que les catégories ciblées de familles susceptibles d’être désavantagées pour préparer les enfants aux études, du jardin d’enfants à la 12e année, aient accès à des programmes de garderie de qualité raisonnable.

·         Première recommandation

Les provinces devraient veiller à ce que les catégories ciblées de familles susceptibles d’être désavantagées pour préparer les enfants aux études, du jardin d’enfants à la 12e année, aient accès à des programmes de garderie de qualité raisonnable.

·         Deuxième recommandation

Les services de garderie devraient être situés dans des quartiers comportant un taux élevé de familles « à risque », celles dont les enfants sont les plus susceptibles d’en profiter. Plutôt que des frais universels fixes par enfant, les frais devraient varier en fonction du revenu. Il est difficile de bien cibler. Une des façons d’y parvenir est de choisir l’emplacement des services.

·         Troisième recommandation

Les familles admissibles aux allocations de garde d’enfants devraient avoir le choix entre les centres subventionnés par l’État, les garderies accréditées exploitées par des organismes de bienfaisance, religieux ou sans but lucratif, et les sociétés à but lucratif autorisées.

Pour que les garderies produisent des résultats positifs, une réglementation régissant la qualité s’impose. De plus, le choix est une caractéristique souhaitable, à condition que les garderies soient conformes aux règlements. Cette disposition du choix parental repose sur plusieurs raisons. Les familles qui ont des liens étroits avec les communautés locales, ethniques ou d’immigrants seront plus susceptibles de faire confiance à une garderie qui adopte un cadre culturel familier pour leurs enfants.

Certaines garderies offrent des services qui répondent davantage aux exigences des familles dont les horaires de travail sont atypiques ou de celles qui sont établies dans des emplacements géographiques éloignés.

Les frais de ces garderies pourraient être partagés avec le secteur privé grâce à des dons de bienfaisance.

Finalement, en offrant des choix, on favorise une concurrence saine et on réduit au minimum le risque d’une perturbation déstabilisante à l’échelle du système tout entier, comme celle à laquelle les parents québécois ont été confrontés en 2005.

Source : Marchons avant de courir : Une mise en garde à propos des services de garderie, John Richards,Matthew Brzozowski, C.D.Howe, a o û t 2 0 0 6