Similitude entre le Québec et le Portugal


Extrait de : Québec vit au-dessus de ses moyens, Jean-François Cloutier, Argent, 16 mars 2011

Même s’il offre une performance respectable en matière de contrôle de la croissance de ses dépenses, le gouvernement du Québec est encore un des États les plus obèses en Amérique du Nord.

C’est ce qu’affirme la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), qui presse le gouvernement de réduire peu à peu son emprise sur l’économie pour libérer le potentiel créatif des petits entrepreneurs.

Dans un communiqué diffusé aujourd’hui, la représentante pour le Québec de la FCEI, Martine Hébert, soutient que la situation financière du gouvernement du Québec est critique. Tout retard dans le retour à l’équilibre budgétaire pourrait entraîner une spirale d’endettement hors de contrôle.

«Nous sommes la province où les dépenses du gouvernement sont encore les plus élevées par rapport à la taille de l’économie», dit Mme Hébert.

Elle souligne que même s’il compte cinq millions moins d’habitants que l’Ontario, le Québec a à peu près le même nombre de fonctionnaires que son voisin. «On en compte 85 000, alors que l’Ontario en a tout juste 90 000», dit-elle.

Selon Mme Hébert, le Québec devrait réapprendre à vivre selon ses moyens en réduisant les coûts de programmes sociaux, qui sont parmi les plus généreux en Amérique du Nord. Elle donne l’exemple de l’assurance parentale comme un luxe que les Québécois ne peuvent plus se permettre.

«On devra sacrifier des programmes. On devra réduire des postes qui nous coûtent cher», signale-t-elle.

Le Québec et le Portugal

L’économiste à la Banque Laurentienne Carlos Leitao donne raison à la FCEI et soutient que le Québec doit absolument garder le cap dans son effort de rééquilibrage des comptes, faute de quoi il pourrait connaître le même sort que le Portugal. Ce pays du sud-ouest de l’Europe n’est plus capable d’emprunter sur les marchés financiers à des taux raisonnables, explique M. Leitao.

«On nous reproche souvent, à nous les économistes, d’être alarmistes, mais le cas portugais nous montre ce qui arrive quand on attend trop pour réduire son déficit», mentionne-t-il.

M. Leitao dit trouver des ressemblances frappantes entre la situation du Québec et celle du Portugal, qui ont tous deux laissé l’État s’endetter peu à peu au fil du temps.

Une autre similarité que j’avais mentionnée dans un carnet antérieur,
sa faible compétitivité

Le Portugal s'inflige une cure d'austérité à risques

 

Surtout, ce budget ne résout pas le problème structurel de l'économie portugaise: un manque de compétitivité, qui mine la croissance (0,7% par an en moyenne) et creuse la dette publique depuis dix ans. «Le pays était en crise avant la crise», résume Carlos Gaspar, directeur de l'Ipri.

 

C’est exactement le même problème avec le Québec, nos compagnies exportatrices ont de plus en plus de la difficulté de rester compétitif, d’autant plus qu’un dollars canadien fort rend nos exportations moins compétitives et freine notre croissance.

 

Pendant une décennie, le pays a vécu à crédit, consommant plus de richesses qu'il n'en produisait.

 

On peut se consoler, nous ne sommes pas les seuls !

 

Les ménages et les entreprises se sont massivement endettés et le secteur public n'a cessé de gonfler. «De nombreux secteurs, comme l'énergie, les télécoms ou les banques, pratiquent des prix biens supérieurs aux standards internationaux, explique Nicolau Santos, le directeur adjoint d'Expresso.

 

L'ajustement pour restaurer la compétitivité ne pourra se faire que sur les salaires.»

 

«Si on ne fait rien, les Québécois pourraient se retrouver dans la même situation que les Portugais dans dix ans», affirme-t-il.

Foncièrement optimiste le M. économiste, je ne lui accorde même pas 10 ans, au rythme que ça vas (compétitivité, irresponsabilité politique, protectionniste, guerres des monnaies, démographie, déficit structurel), il faut dire que les économistes en général ne sont pas très bons en synthèse.


Extrait de : Dégradé par Moody's, le Portugal paie plus cher le financement de son déficit, J.B, La Tribune.fr, 16/03/2011

Le pays a dû concéder un taux de 4,33% pour placer 1 milliard d'euros de dette à douze mois au lendemain de la dégradation de sa notation financière par l'agence Moody's.

Au lendemain de la dégradation de sa notation financière par l'agence Moody's, le Portugal a vu ses coûts de financement nettement rebondir ce mercredi. Lisbonne a en effet placé un milliard d'euros de dette à 12 mois à un taux de 4,33%, un taux supérieur à celui de 4,05% concédé le 2 mars, lors de la dernière opération à un an. Le Trésor portugais, qui prévoyait d'émettre entre 750 millions et un milliard d'euros, a vu la demande atteindre 2,2 fois l'offre, contre 3,1 fois lors de la précédente adjudication.

Moody's dégrade la notation portugaise de deux crans

Cette opération intervient alors que Moody's a abaissé mardi soir la notation du Portugal de deux crans, à "A3". L'agence de notation a précisé qu'elle pourrait l'abaisser une fois de plus en raison de l'impact de la hausse des coûts de financement et des difficultés de Lisbonne à atteindre ses objectifs budgétaires.

La semaine dernière, la dégradation de la notation de la Grèce en territoire "hautement spéculatif" et la tenue vendredi du premier des deux sommets destinés à apporter une solution "globale" à la crise des finances publiques européennes avaient mis les titres portugais sous pression. Alors que Lisbonne avait dû payer mercredi dernier un taux de près de 6% pour émettre de la dette à 2 ans, son taux à 10 ans avait atteint en matinée un niveau record depuis l'entrée du pays dans la zone euro de 7,70 %.

Les taux portugais repartent à la hausse

Les annonces à l'issue du premier sommet, qui doivent être actées fin mars et concernent notamment l'augmentation à 440 milliards d'euros de la capacité de prêt effective du FESF et l'élargissement de ses attributions opérationnelles, n'ont que temporairement soutenu la dette portugaise.

Dans un contexte de marché troublé par les évènements dramatiques survenus au Japon, qui ont fait bondir les obligations d'Etat des pays jugés les plus sûrs, le taux à 10 ans portugais rebondissait ce mercredi de 4 points de base, à 7,45%, après avoir baissé lundi et mardi de 16 et 2,9 points