Tourisme médical en Inde par les Québécois

Le Journal de Montréal a écrit huit articles sur le tourisme médical en Inde.

Pourquoi les Québécois vont en Inde, des patients désabusés par notre système de santé publique et excédés par les listes d'attente.

Le Québec un jour ou l’autre devra affronter le problème de l’efficacité du ministère de la Santé, la capacité financière du Québec se réduit chaque année et les coûts augmentent chaque année.

Notre système étatique, qui est un monopole d’État géré par un monopole syndical, est totalement inefficace, dans le monde entier ce système qui ressemble plus à une doctrine communisme est totalement révolu.

Ce qui est aberrant, avec les impôts que les Québécois paie, on n’est même pas capable d’avoir un temps d’attente, décents.

Je félicite de nouveau le Journal de Montréal de donner des exemples de bonnes pratiques au niveau de la santé et de l’éducation à l’extérieur du Québec.

Si les politiciens n’ont pas assez de courage politique pour faire des modifications majeures sur la gouvernance de l’État, car ils ont trop de liens incestueux avec les groupes d’intérêts, donnons-nous la peine d’éduquer les Québécois pour démontrer qu’il existe dans le monde des solutions pratiques de bonnes gouvernances et d’efficacité.

Québec Droite entame sa troisième année, il a été créé vers ce même objectif, éduquer les Québécois pour sortir le Québec de son immobilisme maintenu par les groupes d’intérêts.

Voici donc, les huit articles en rafale du Journal de Montréal.


Extrait de : Choc culturel à Mumbai, Jean-Luc Lavallée, le Journal de Montréal, 05/03/2011

Des patients québécois, désabusés par notre système de santé public et excédés par les listes d'attente, ont choisi de payer plusieurs milliers de dollars et de parcourir en avion la moitié du globe pour se faire opérer en Inde. Le Journal de Québec a accompagné un groupe de Québécois à Mumbai afin de comprendre leurs motivations et de partager avec eux cette aventure hors du commun. Bienvenue dans le monde du tourisme médical, un phénomène grandissant à l'échelle planétaire!

MUMBAI | Il a fallu 16 heures d'avion. Plus de 30 heures en calculant les transferts aéroportuaires avant d'arriver à destination. Un voyage interminable pour ces trois patients québécois qui souffrent de problèmes au dos. Mais ils étaient prêts à tout, croyant au miracle et à une nouvelle vie sans douleur... moyennant quelques milliers de dollars.

Fraîchement débarqués dans la capitale commerciale de l'Inde, Mumbai (autrefois Bombay), ils découvrent un pays de contrastes saisissants où pauvreté extrême côtoie richesse indécente. Les bidonvilles se cachent derrière les gratte-ciel d'industriels fortunés où résident des hommes d'affaires et des célébrités du cinéma indien (Bollywood).

Le coût de la vie, malgré les apparences trompeuses, est démesuré.

Hôpitaux privés

Près de leur hôpital privé, les rues animées sont malpropres et malodorantes. Lépreux, mendiants et vendeurs itinérants vous harcèlent, en quête de quelques roupies. Des rats bien dodus se paient un festin dans les ordures à proximité des milliers de passants indifférents. Une marée humaine déferle. Dans cette ville surpeuplée (plus de 20 millions d'habitants), les chauffeurs de taxi jouent du coude et réinventent à chaque coin de rue la symphonie du klaxon, évitant de justesse les collisions.

À l'intérieur du Saiffee Hospital, un établissement privé, c'est une tout autre histoire. Un autre monde. Aseptisé. Loin du chaos urbain. On y foule des planchers de marbre. Les chambres privées, sans être luxueuses, sont plus que convenables. Le septième étage est nickel. Ici, on ne lésine pas avec la propreté. Au bloc opératoire, les chirurgiens (pour la plupart formés à l'étranger) utilisent du matériel à la fine pointe, n'ayant rien à envier au Québec. La compétence du personnel anglophone est reconnue mondialement. Les spécialistes jouissent d'une bonne réputation.

Le Dr Arvind G. Kulkarni, qui doit opérer nos trois patients, a complété un postdoctorat en chirurgie spinale à Toronto. En Inde, il travaille six jours par semaine. Il opère pratiquement chaque jour. Tout un contraste avec le Québec, où nos orthopédistes opèrent en moyenne une journée par semaine, selon le président de leur association. À 37 ans seulement, le Dr Kulkarni a déjà plus de 3 000 chirurgies à son actif. Un CV bien garni. En prime, il est joignable sur son téléphone portable. Autre pays, autres moeurs.

La main-d'oeuvre ne coûte rien. Les employés de l'hôpital -infirmières, médecins, anesthésistes, thérapeutes, responsable des plaintes, concierges, livreurs de thé, d'eau ou de nourriture -investissent la chambre à un rythme effarant. Un feu roulant. «C'est presque trop», nous diront tous les patients qui peinent à dormir. « Au niveau service, je n'ai pas un mot à dire, c'est très professionnel. Il y en a plus que pas assez. On ne voit pas ça au Québec », dira Guy Vincent, impressionné par le personnel aux petits soins.


Extrait de : Traités aux petits oignons, Jean-Luc Lavallée, le Journal de Montréal, 05/03/2011 

"On est qualifiés au Québec, mais on est désorganisés. Là bas, en Inde, c'est le traitement royal." C'est ainsi que Sylvain Juteau résume son séjour à Mumbai où on l'a guéri d'une hernie discale dite "paralysante", il y a un an.

L'homme de Trois-Rivières, qui fait figure de pionnier québécois en Inde, a troqué son étiquette de malade pour celle de consultant médical dans l'année suivant sa propre opération au dos. Une deuxième vocation pour le gars de "télécom" qui a trouvé une solution à son problème médical "en fouillant sur Internet".

"J'étais pris avec un mal de dos énorme, vraiment paralysant, avec des grosses doses de morphine que mon médecin de famille me donnait et je me faisais même chicaner pour ça. On me disait que j'en prenais trop et que c'était dangereux pour mon coeur. Mais je ne voyais même pas la date où j'aurais un rendez-vous avec le neurochirurgien qui m'avait été assigné à Trois-Rivières. Alors, j'ai commencé à faire des recherches sur Internet", explique-t-il.

Un "nouvel homme"!

"Aux États-Unis, ça commençait à 60 000$...Ce n'était pas dans mes moyens. Mais grâce à des sites Web, j'ai abouti en Inde. J'ai parlé directement au chirurgien et j'ai décidé d'y aller. Dans mon cas, ça a été un succès total! Avant, j'avais besoin d'une canne pour marcher, mon mollet ne répondait plus, je ne sentais plus mon pied ni mes orteils. À mon réveil, je n'avais plus mal. En me réveillant, c'était parti et 90% de la douleur avait disparu. Trois semaines après ma chirurgie, je travaillais, j'avais trois fois plus d'énergie. Je me sens comme un nouvel homme!"

"Il y en a qui me disent que j'ai été courageux parce que je suis allé seul en Inde. Je ne suis pas courageux, j'étais désespéré. Je ne recommande ça à personne. Allez-y toujours avec un proche." Sylvain Juteau a partagé son expérience sur son blog (http://chirurgieinde. elvire.ca/).Depuis, il a adressé huit autres patients à son chirurgien en Inde et continue de jouer le rôle de "facilitateur ", de guide ou même d'interprète.

Le Trifluvien, qui a payé plus de 10 000 $ de sa poche, n'est pas tendre envers le système public au Québec. "C'est clair qu'on n'en a pas pour notre argent ici. Si je le pouvais, je m'auto-assurerais et je me désengagerais du système de santé québécois. J'ai l'impression de me faire avoir en tant que client qui paie pour des services, je n'en ai pas pour mon argent."


Extrait de : Le miraculé de Sainte-Séraphine, Jean-Luc Lavallée, le Journal de Montréal, 05/03/2011

Guy Vincent a fait le voyage en Inde parce qu'il n'en pouvait plus de souffrir. Il était pratiquement plié en deux quand Le Journal de Québec l'a rencontré à la fin janvier.

L'agriculteur de Sainte-Séraphine, dans les Bois-Francs, a d'abord été victime d'une hernie discale. Ses ennuis de santé se sont ensuite aggravés. La douleur avait migré dans sa jambe gauche en raison de la compression d'un nerf. La chirurgie était devenue inévitable.

"Le chirurgien qui était supposé m'opérer (au Québec) ne m'a même pas encore rencontré comme patient. Alors, je n'étais même pas encore sur la liste d'attente. Je n'ai aucune idée si j'aurais encore attendu six mois et un an ou plus. L'hôpital d'Arthabaska m'a appelé 14 mois après que mon nom eut été donné alors qu'au privé, ça n'a même pas pris une semaine que je passais déjà mon IRM (imagerie par résonance magnétique)", a-t-il dit, insatisfait de notre système de santé public, universel et gratuit.

Une chirurgie à 16 000$

Après avoir entendu parler de l'histoire de Sylvain Juteau au FM 93, il a décidé d'entrer en contact avec lui pour ses précieux conseils. Juteau, qui a lui-même été opéré en Inde en février février 2010 pour des problèmes de dos (voir texte ci-dessous), l'a mis en contact avec son chirurgien et une firme de consultants médicaux. Coût de la chirurgie et du voyage : environ 16 000 $ US. "Moi, ça fait plusieurs années que j'ai mal. Oui, j'ai investi de l'argent, mais je pense que je l'ai investi à la bonne place."

Son opération à Mumbai a duré près de quatre heures. On lui a fusionné deux vertèbres, installé des plaques de métal et des vis. La douleur était vive à son réveil. Une sensation de brûlure intense. On lui avait promis une chirurgie peu invasive. Finalement, on a dû lui faire une incision de 4 pouces. Le scénario initial a changé en cours de route.

Aucun regret

Mais le jeu en valait la chandelle. De retour au Québec, l'homme de 50 ans poursuit sa convalescence, sourire aux lèvres. Comblé. "Le moral est bon. C'est une renaissance pour moi! Je n'ai aucune douleur dans le haut de mon dos et ma jambe reprend vie. Ça s'améliore tous les jours. Je suis très satisfait de mon opération malgré le surplus que j'ai dû débourser (environ 4 000 $) et je ne regrette pas d'être allé en Inde."

Le tourisme médical en chiffres

·         150 000 touristes médicaux en Inde en 2005

·         Plus de 500 000 selon les estimations de 2010

·         Plus de 2 G$ selon l'évaluation de l'industrie en 2012

·         De 4 à 5 fois moins cher est le coût moyen d'une opération en Inde par rapport aux États-Unis


Extrait de : Opérée et comblée, Jean-Luc Lavallée, le Journal de Montréal, 06/03/2011

Marie Pelletier a subi une opération majeure en Inde le 12 janvier dernier. Sept semaines plus tard, elle n'a que de bons mots pour le pays de Gandhi. L'ex-éclopée donne même une note de «10 sur 10» au spécialiste de la colonne vertébrale qui a mis fin à ses souffrances en lui offrant un nouveau dos.

Au Québec, on se contentait de lui suggérer des injections de cortisone ou d'augmenter ses doses de pilules. Un copier- coller du cauchemar de Jean-Noël Deschênes (voir autre texte). Elle a souffert pendant deux ans. Deux longues années avant de mettre la main dans sa poche pour se payer une chirurgie qu'on refusait de lui accorder ici. Un investissement de 12 900 $. Plus les billets d'avion à 2 800 $ pour elle et son conjoint.

«Sachant que mon état était dégénératif, moi, j'ai pris la décision assez rapidement. Si j'arrête de travailler, mon salaire ne rentre plus. J'étais mieux de payer le 16 000 $ tout de suite que de me priver de 25 000 $ ou 30 000 $ par la suite pour les années à venir.» Un calcul mathématique simple. Presque trop rationnel. Au-delà des chiffres, la santé n'avait pas de prix pour cette femme hyperactive, chargée de projet pour une compagnie de peinture dans la région de Québec.

Zéro qualité de vie

«Je souffrais énormément parce que je n'étais plus capable de rien faire. Tout était devenu une montagne pour moi. Aussitôt que je bougeais un peu, il fallait que je me couche une heure parce que je n'avais plus d'énergie. J'avais zéro qualité de vie. Mon nerf sciatique aussi était coincé, donc j'avais des crampes aux jambes. Je n'étais plus capable de rien soulever, de me tourner dans mon lit la nuit, je ne faisais plus rien.»

Cette résidante de Loretteville a elle aussi été interpellée par l'histoire d'un autre patient québécois, Sylvain Juteau, qu'elle a entendu à la radio (au FM93) l'automne dernier. «J'ai décidé de l'appeler. On a regardé ce qui se faisait en Inde et il nous a dirigés vers un hôpital privé.»

Marie voyait enfin la lumière au bout du tunnel. Une alternative inusitée au système de santé québécois. Mumbai ? Et pourquoi pas ! «J'ai tout arrêté à Québec et je suis partie là-bas quand on m'a donné une date. Ici, c'est trop long, l'attente... »

«Moi, j'avais une vertèbre qui était sortie de son axe, donc il (le chirurgien) a repoussé ça, il a fait une fusion (de deux vertèbres), a mis une plaque de titane et quatre vis (voir photo). Ça a duré quatre heures et ça a été une réussite totale. Je n'ai eu aucune mauvaise surprise. Dix sur dix !» se réjouit-elle.

De l'énergie à revendre

Même si sa convalescence n'est pas terminée, elle ne tient plus en place. «Là, je ne prends plus rien du tout parce que je n'ai plus aucune douleur. Sauf si je me penche... J'ai même lavé mes planchers cette semaine ! C'est sûr que ça m'a pris une journée pour les faire, mais, au moins, j'ai réussi à les faire. Là, j'ai de l'énergie !» Incroyable revirement pour cette femme à qui l'on disait, il y a quelques mois au Québec, qu'on n'opère pas «pour des affaires de même»...

* * *

MARKETING AGRESSIF

Phénomène en pleine expansion depuis le milieu des années 2000, le tourisme médical mondial ne cesse de gagner du terrain. La firme Deloitte a notamment évalué les retombées planétaires de cette industrie à 100 milliards $ en 2010. Certains observateurs consultés par le Journal estiment toutefois que ces chiffres sont gonflés. Quoi qu'il en soit, de nombreux pays (dont l'Inde) essaient de profiter de cette manne et ont développé des politiques agressives pour attirer la clientèle. Remplacement de deux genoux pour le prix d'un, forfaits tout-inclus, rabais alléchants, les hôpitaux rivalisent de créativité sur internet. L'Inde a même organisé une foire à Toronto, en 2009, pour faire la promotion de soins médicaux «abordables» et rapides. Au Canada, une quinzaine d'agences sont spécialisées dans le tourisme médical.

UN AMÉRICAIN SATISFAIT

Jim Wilson, 74 ans, est un autre client satisfait ! Croisé au septième étage du Saiffee Hospital, à Mumbai, l'Américain dit avoir économisé au moins 25 000 $. «Ils ont réussi à décoincer mon nerf sciatique en nettoyant mon disque enflammé au laser. Je vais même quitter l'hôpital plus tôt. Je suis extrêmement satisfait. Ça m'a coûté environ 15 000 $ US. Ça m'aurait coûté plus de 40 000 $ aux États-Unis. J'ai eu un service extraordinaire, il y a toujours quelqu'un, un médecin ou une infirmière après nous. J'en avais parlé à mon docteur avant de venir et il m'a confirmé que l'Inde avait une bonne réputation au niveau de la médecine, alors il m'a encouragé à le faire.»

OPÉRATIONS EN DEMANDE

Les soins les plus en demande en Inde sont les remplacements de la hanche et du genou, les chirurgies spinales ou cardiaques, les greffes de moelle osseuse, les soins dentaires et les chirurgies esthétiques.

DESTINATIONS POPULAIRES

L'Inde est l'une des destinations prisées par les patients étrangers, attirés par des chirurgies à bas prix. Le deuxième pays le plus peuplé de la planète (qui devrait déclasser la Chine en 2030, selon divers estimés) est parfois décrit comme la «capitale mondiale du tourisme médical», un titre que d'autres pays revendiquent aussi, comme la Thaïlande ou la Corée. La compétition est féroce avec les États-Unis, le Panama, le Brésil, la Malaisie, le Costa Rica, Cuba,le Mexique ou encore les Philippines, pour ne nommer que ceux-là.


Extrait de : Guéri en inde pour 10 000 $, Jean-Luc Lavallée, le Journal de Montréal, 06/03/2011

Au Québec, les médecins refusaient de l'opérer au dos et lui prédisaient un avenir sombre. Jean-Noël Deschênes était condamné à avaler des quantités astronomiques de médicaments jusqu'à la fin de ses jours. À Mumbai, on l'a guéri pour 10 000 $.

Le Rimouskois de 65 ans n'a jamais accepté le verdict de son médecin traitant au Québec. On lui répétait que personne ne voudrait l'opérer dans la Belle Province parce qu'il développait de la fibrose. Le retraité de l'enseignement devait ingurgiter chaque jour une quantité phénoménale de morphine pour calmer la douleur.

«Mon corps était habitué, ça faisait cinq ans que j'en prenais. J'étais rendu à 60 mg, plus les interdoses, plus les antidépresseurs, donc c'était une trithérapie qui écrasait les neurotransmetteurs. C'était des doses de cheval», illustre-t-il en entrevue au Journal.

«Mon médecin m'a proposé de la morphine directement dans le rachis, avec une machine qui est à l'intérieur de la peau. Il m'a dit que mon corps allait finir par s'habituer, qu'on allait toujours devoir augmenter les doses et que je serais pogné (sic) avec ça pour la vie. À un moment donné, tu n'as plus de qualité de vie, plus de qualité de couple, t'as plus rien...»

Loin de se laisser abattre, Jean-Noël Deschênes a misé sur l'Inde après avoir entendu parler de l'histoire d'un Trifluvien dont l'opération avait été un succès. Il a joué «le tout pour le tout», admet-il. Un pari qu'il a remporté. «À Mumbai, l'opération a duré deux heures. Tout a bien fonctionné. On m'a fait une laminectomie, on a enlevé un petit morceau d'os qui sert à stabiliser la colonne et le chirurgien a nettoyé les fibroses au laser.» Quatre mois plus tard, M. Deschênes est un nouvel homme.

Fini les pilules !

Bien que le retour au bercail ait été pénible après l'opération -en raison des turbulences dans l'avion entre Mumbai et Paris- son état s'est amélioré à un point tel qu'il a cessé toute consommation de médicaments. «Il me reste à peu près 10 à 15 % de douleur. Quand je suis revenu au Québec, j'ai arrêté de prendre de la morphine et, depuis ce temps-là, je marche trois ou quatre kilomètres par mois !»

Deux points de suture

En prime, il a bénéficié d'une technologie de pointe, difficilement accessible chez nous. La «micro-endoscopie», technique peu invasive, ne lui aura laissé qu'une minuscule cicatrice. À son réveil, il n'avait que deux points de suture et un diachylon.

* * *

LA RAMQ REMBOURSE PEU

L'opération de Jean-Noël Deschênes aura coûté 10 000 $, une fraction du prix demandé chez nos voisins du Sud. «Je pense qu'aux États-Unis, ça m'aurait coûté 45 000 $ juste pour la chirurgie.» En comptabilisant tous les frais de voyage, l'aventure en Inde lui aura coûté 17 000 $. «Je ne suis pas un homme riche, j'ai sorti des REER pour me payer ça.»

Même si M. Deschênes fera réaliser des économies récurrentes au gouvernement du Québec dans les prochaines années en stoppant sa médication, la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ) ne lui remboursera qu'une infime partie de son investissement.

«Moi, je coûtais 6 000 $ par année à l'État en médicaments et, aujourd'hui, je ne prends plus rien du tout. Mais on m'a dit qu'on me rembourserait seulement le temps du médecin. Ce type de chirurgie-là ne se fait pas au Québec. Ils ne la remboursent pas parce qu'ils n'ont pas d'équivalent au Québec.»

Questionnée par le Journal, la RAMQ était incapable de chiffrer le nombre de demandes de remboursement liées au tourisme médical. «C'est un phénomène assez récent au Québec. Il n'y a pas un très grand nombre de cas. Ce sont les gens qui décident eux-mêmes d'aller à l'étranger. Si c'est un service reconnu et assuré au Québec, on va payer.

Si c'est un traitement expérimental, on ne paie jamais ça», a précisé le porte-parole de la RAMQ, Marc Lortie.

Mais payer dans quelles conditions, si le temps d’attente est trop long ? peut-on aller à l’extérieur de la province, évidemment pas !

Je vous conseille de suivre la nouvelle réforme du Royaume-Uni sur la santé, si le temps d'attente est trop long, le concitoyen a le droit de se faire opérer ailleurs, de plus, ça incite au système de santé anglais à être plus efficace.

UK Health care reform

 

All NHS patients will have the right to seek treatment abroad and send the bill home under an EU law to which Britain signed up yesterday.


They will be allowed to demand to escape queues or care from a private hospital in any other EU country.

 

The new law was hailed by campaigners as a ‘milestone for cross-border healthcare’.

 

Patients will effectively be able to shop around for medical care across all 27 EU member states.

 

Source: Une sérieuse réforme de la santé au Royaume-Uni


Extrait de: Amère déception, Jean-Luc Lavallée, le Journal de Montréal, 07/03/2011

MUMBAI - Il n'y a pas que des histoires heureuses et des clients satisfaits en Inde. Richard Gagnon est amèrement déçu de son périple à Mumbai. Son aventure s'est transformée en mésaventure coûteuse.

Au point où l'ex-pressier du journal La Presse a le sentiment d'avoir été «arnaqué». L'homme de 60 ans, qui réside à Saint-Albert dans les Bois-Francs, a perdu environ 10 000 $ en Inde.

Il a fait le voyage, a perdu sa valise pendant quelques jours (comme tout le groupe d'ailleurs) et a subi une batterie de tests parce que les médecins n'arrivaient pas à mettre le doigt sur le bobo, gonflant ainsi sa facture. Il a été hospitalisé pendant six jours et a finalement refusé la nouvelle chirurgie qu'on lui proposait. Rien ne s'est déroulé comme prévu. Frustré de tous les changements survenus, il s'est même engueulé avec son accompagnateur, Sylvain Juteau. Malaise...

Mauvais diagnostic

Il entretenait pourtant de grands espoirs avec ce voyage, lui qui souffre de maux de dos depuis 22 ans. Il avait envoyé en Inde ses IRM (imagerie par résonance magnétique) avant son départ et on lui avait promis une chirurgie peu invasive pour fusionner deux vertèbres.

Or les spécialistes indiens ont diagnostiqué un autre problème de santé encore plus grave, au terme de l'examen clinique à Mumbai. Verdict : il a besoin d'une hanche artificielle. Et vlan. Richard n'avait pas anticipé un tel scénario. Au Québec, on ne lui a jamais parlé de cette possibilité. Il a choisi de tout arrêter et va tenter sa chance dans le système public québécois. Il est revenu dans le même état qu'avant.

«La donne a changé en cours de route et c'est ça que je n'ai pas aimé. On m'avait dit qu'il y avait entre 5 % et 10 % que la chirurgie change. On est trois et on est à 100 % de changement!», s'emporte-t-il. Ses deux compagnons qui ont été opérés ont effectivement eu droit eux aussi à des surprises de taille. Mais avec recul, aucun des deux n'a de regrets.

Daniel Grenier, de Val-d'Or, avait le trémolo dans la voix quand on lui a appris qu'on ne pouvait rien faire pour son dos, une fois rendu en Inde. On l'a quand même opéré pour guérir sa cuisse atrophiée. «Je suis vraiment très déçu pour mon dos, mais je ne regrette pas parce que j'aurais pu perdre ma jambe au complet. Mon nerf était coincé à trois niveaux à cause de mon hernie.» Ça lui aura coûté 15 000 $ pour une demi-satisfaction. Morale de l'histoire : il faut se méfier des diagnostics à distance.

«Pas l'idée du siècle»

«Il ne faut pas en arriver à être obligé de venir ici. Ce n'est pas l'idée du siècle de venir ici. Idéalement, c'est de se faire traiter au Québec. On a de très bons médecins, un très bon personnel soignant, mais le problème vient plutôt du personnel administratif... C'est le système qui est engorgé», résume Daniel.


Extrait de : Superbactérie indienne, Jean-Luc Lavallée, Journal de Montréal, 07/03/2011

MUMBAI - Voyager n'est pas sans risques pour les touristes médicaux. Des Canadiens opérés en Inde ou au Pakistan sont revenus au bercail avec une «superbactérie» multi-résistante aux antibiotiques.

Deux seuls antibiotiques peuvent toujours la vaincre. Encore faut-il la diagnostiquer. À ce jour, 16 cas de présence de l'enzyme NDM-1 (New Delhi métallo-bêta-lactamase 1) ont été signalés au pays depuis 2009 selon l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC). Des données probablement sous-estimées puisque les autorités provinciales n'ont pas l'obligation de déclarer les cas à l'Agence.

Au moins deux porteurs de la bactérie sont morts, dont un Québécois. Impossible toutefois d'établir un lien de causalité puisqu'ils avaient d'autres problèmes de santé. «Le nombre de cas n'est pas préoccupant à l'heure actuelle, mais il renforce le caractère nécessaire d'une vigilance et d'une surveillance continues», explique la porte-parole de l'Agence canadienne, Sylwia Gomes.

Un cas à l'Enfant-Jésus

Au Québec, difficile d'avoir l'heure juste. On signale deux cas, dont un à l'hôpital de l'Enfant-Jésus à Québec. «Il y a un cas qui a été rapporté dans le système québécois de surveillance et qui originait de notre hôpital, c'est vrai et c'est d'intérêt public. Par contre, je ne peux pas vous en dire davantage», répond le Dr Vilayvong Loungnarath, microbiologiste-infectiologue au CHA. «Il est venu en clinique externe et il est reparti. On n'a pas le détail du cas», précise Geneviève Dupuis, la porte-parole de l'établissement.

Plus risqué en Inde ou au Québec?

Les «opérés de Mumbai» sont revenus de l'Inde en ignorant tout de cette superbactérie. Surpris, certains ont manifesté des craintes un peu tardives. D'autres, comme Marie Pelletier, de Québec, remettent les choses en perspective. «Peut-être que je ne serais pas allée. Mais nous, on s'est fait dire que, là-bas, il y avait moins d'un demi de 1 % de chance d'avoir une infection alors qu'au Québec, c'est 10 %; alors, mon choix était clair!»

Un chiffre confirmé par le ministère de la Santé et des Services sociaux sur son propre site web. «Dans les établissements de santé québécois, on évalue qu'entre 80 000 et 90 000 personnes sont atteintes d'une infection nosocomiale, ce qui correspond à 10 % des admissions», peut-on lire. Bref, le risque de contracter une infection est-il vraiment plus élevé en Inde qu'au Québec? Aucun expert consulté par Le Journal n'a osé se commettre.

«Partout où l'on a des soins médicaux, il y aura toujours des risques associés à la médecine. Ce n'est jamais 100% garanti, y compris au Québec. Mais la plupart du temps, la médecine fait plus de bien que de mal», illustre la directrice scientifique du Laboratoire de santé publique du Québec, Anne-Marie Bourgault.

Mesure de base

«Le meilleur moyen pour prévenir la transmission, c'est le lavage des mains, on revient toujours à ça, mais c'est la même chose peu importe la bactérie. C'est important que les touristes se lavent les mains régulièrement, avant de manger, après la salle de bains, c'est la mesure de base», rappelle l'infirmière Valérie Dancause, qui coordonne le programme de prévention et contrôle des infections au CHA.


Extrait de : Pénurie de «salles d'op» au Québec?, Jean-Luc Lavallée, le Journal de Montréal, 07/03/2011

Les 300 orthopédistes québécois comprennent et partagent les mêmes frustrations que certains de leurs patients qui choisissent d'aller se faire soigner en Inde. Les listes d'attente ont «des kilomètres de long» admettent-ils. Le problème? Ils n'opèrent en moyenne qu'une journée par semaine au Québec, faute d'accès aux installations.

C'est du moins le discours du président de leur Association, qui évoque non pas une pénurie d'effectifs, mais une pénurie de salles d'opération. «C'est la triste réalité... On est des chirurgiens, on devrait gagner notre vie en faisant des chirurgies. Pourquoi les orthopédistes opèrent une journée par semaine? Si on passait à deux journées par semaine, il n'y aurait plus de listes d'attente au Québec», martèle le Dr Louis Bellemare.

La plupart des spécialistes québécois mettent toutefois en garde leurs patients qui s'imaginent qu'une opération peu coûteuse au privé, à l'étranger, est une panacée. «Le problème, c'est que ce n'est pas tout le monde qui est honnête. Ils font du marketing. J'ai déjà recommandé à un patient de ne se pas se faire opérer en Inde. Finalement, il a été très bien opéré. Ceux qui vont bien, tant mieux pour eux autres. Mais si vous tombez sur quelqu'un qui n'a pas trop de conscience...»

Ce qui est remarquable, nous avons formé des orthopédistes et ils n’opèrent qu'une journée par semaine, pourquoi parce que le système est totalement inefficace.

Étant plus efficace, on va pouvoir augmenter le nombre d’opérations, sans être obligé d’accroître le budget du ministère de la Santé.

Conversion des institutions publiques en entreprise publique

Entreprise publique :  est une institution publique (ex. : hôpital, école) gérée comme une entreprise privée, mais avec des fonds publics.

Si on veut que l’entreprise publique soit efficace, il faut que le gestionnaire de l’établissement est le plein contrôle sur les coûts d’opérations :  aussi bien sur la rémunération et l'organisation du travail, finies les négociations provinciales sur l'organisation de travail où la rémunération des employés, c'est le gestionnaire de l'hôpital qui décident.

Donc, si le gestionnaire de l'entreprise publique (ex. : hôpital) décide que les infirmières travailleront sur des horaires de douze heures, c'est lui qui décide, non le gouvernement.

Ø  Pour une lecture supplémentaire : Santé - Décentralisation - Le modèle scandinave.


Lecture complémentaire : Canadians buy U.S. health care as weak economy pushes down prices

Les articles en rafale du Journal de Montréal :

1.      Les écoles de l'Iowa : 9 gars sur 10 y obtiennent un diplôme du High School

2.      Ces syndicats qui nous gouvernent

3.      Titan contre Goliath : SAAQ contre Etiah

Article en rafale de La Presse :

1.      Retraite à la suédoise: une recette qui fait le tour du monde