Une rumeur suscite l'inquiétude sur l'Irlande


Extrait de : Une rumeur suscite l'inquiétude sur l'Irlande, L’Echo, 23 mars 2011

Des rumeurs annoncent que Allied Irish Bnk n'aurait pas payé un coupon.... L'écart entre les taux allemand et irlandais s'accentue...

Les taux des emprunts d'Etat irlandais à 2 ans et 10 ans se sont envolés mardi, touchant de nouveaux records depuis la création de la zone euro, en raison d'une rumeur rapidement démentie selon laquelle la banque Allied Irish Bank n'aurait pas honoré un paiement d'intérêts sur sa dette.

Le taux des emprunts souverains irlandais à deux ans s'est élevé jusqu'à 9,881% en cours de journée, un nouveau sommet depuis la création de la zone euro, avant de redescendre à 9,568% en fin de séance, toujours en nette hausse par rapport à la clôture de lundi où il s'affichait à 8,972%.

Pour vous donner une idée, le Québec emprunte à un taux moyen de 4.5 % à 5 % sur un terme de 10 ans, imaginez les impacts sur l’équilibre d’un budget quand le taux est presque le double, on est en train de mettre l’économie à terre en Irlande, même constat pour la Grèce.

des Le taux des obligations irlandaises à dix ans s'affichait quant à lui à 9,660% en fin d'échanges, contre 9,448% la veille, après avoir grimpé à un sommet historique en séance.

Ce bond a été provoqué, d'après des courtiers, par des rumeurs selon lesquelles un des principaux établissements bancaires irlandais, Allied Irish Banks (AIB), n'aurait pas honoré un paiement d'intérêts envers certains créanciers. Or, comme l'a souligné Kathleen Brooks, analyste chez Forex.com, l'Etat irlandais détenant la majorité du capital d'AIB, un tel défaut de paiement équivaudrait à un défaut de paiement de l'Etat, d'où la tension brutale enregistrée sur le marché des obligations publiques irlandaises.

Une porte-parole de la banque, interrogée par l'AFP, a cependant réfuté catégoriquement ces spéculations, assurant que la banque procèderait mercredi comme prévu à un paiement d'intérêts, et n'avait aucunement l'intention de ne pas honorer de tels versements à l'avenir.

La banque a confirmé ce démenti dans un bref communiqué aux investisseurs publié en fin de séance. "Allied Irish Banks note les spéculations concernant un paiement d'intérêts prévu le 23 mars", et "AIB confirme que ce paiement sera effectué", a-t-elle martelé, sans plus de commentaires.

Cette rumeur est intervenue sur fond de débat épineux sur la question d'un éventuel "partage du fardeau" du sauvetage des banques irlandaises avec les certains de leurs créanciers. L'Etat a en effet dû voler au secours des banques irlandaises, dont Allied Irish, pour leur éviter la faillite, ce qui a fait exploser le déficit public et a forcé Dublin à multiplier les plans d'austérité. Le pays a fini par conclure l'an dernier un plan de sauvetage international de 85 milliards d'euros avec l'Union européenne et le Fonds monétaire international.

L'option d'un "partage du fardeau" a été évoquée par des responsables des deux partis, le Fine Gael (centre) et le Labour (gauche), qui ont remporté les élections législatives du mois dernier en Irlande. Séduisante sur le papier, cette solution est cependant redoutée par les marchés financiers, qui craignent qu'elle ne crée un précédent pour les autres pays en difficulté de la zone euro.

Et je suis tout à fait d'accord avec cette position, ce n'est pas seulement au peuple à supporter l'irresponsabilité des banques. S’ils sont capables de faire des milliards de profits, ils sont aussi capables d’assumer des pertes.