Zone euro : un tournant atteint dans la gestion de la crise ? Pas sûr...,


Extrait de : Zone euro : un tournant atteint dans la gestion de la crise ? Pas sûr..., Imen Hazgui, EasyBourse, 14 Mars 2011

Les chefs d'Etat et de gouvernement de la zone réunis à Bruxelles ce week-end ont avancé dans leur réponse à la crise. Selon certains observateurs extérieurs, si les avancées sont à saluer, pour autant nous ne sommes pas vraiment encore dans un processus d'accélération de l'intégration européenne.

Les 17 membres de la zone euro sont tombés d’accord ce week-end sur les grandes lignes d’un pacte pour l’euro afin de mettre en place une gouvernance économique qui fait aujourd’hui défaut. Des amendes ont été proposées pour asseoir la discipline budgétaire : 0,2 % du Produit intérieur brut pour les pays qui dépensent trop et laissent dériver leur dette, 0,1 % pour ceux qui ne font pas assez d'efforts pour renforcer leur compétitivité. Rien de concret n’a cependant été décidé. La base du volontariat a pour le moment été retenue pour le respect des engagements posés dans ce pacte.

Il a également été question de renforcer la capacité de prêt du Fonds de stabilité financière (FESF) qui passe de 250 à 440 milliards d’euros. Les missions sont étendues à la protection des Etats contre les attaques des marchés. Ce fonds pourra lui-même acheter sur le marché primaire (et non sur le marché secondaire) de la dette d’Etat sans intermédiaire pour permettre d'échapper à une envolée des taux obligataires sur les marchés

Le Mécanisme permanent de stabilité (MES) qui prendra le relai de ce fonds de secours en 2013 aura une capacité d’intervention encore plus forte avec 500 milliards d’euros.

La zone euro se dote ainsi d’un prêteur en dernier ressort.

Les conditions du plan d'aide à la Grèce ont été par ailleurs adoucies par une réduction des taux d'intérêt de 5,2 % à 4,2 % et à par un allongement des délais de remboursement (sur sept ans et demi, au lieu de trois) des prêts octroyés. La facture va diminuer de "plus de six milliards d'euros", a affirmé samedi le Premier ministre grec, Georges Papandréou.

Selon certains observateurs extérieurs, si ces avancées sont à saluer, pour autant nous ne sommes pas encore vraiment dans un processus d’accélération de l’intégration européenne. Le dispositif mis en place ne touche pas les politiques économiques. Nous sommes sur des mécanismes de financement qui contribuent à un transfert de la Banque centrale européenne, qui par exception, contrainte par la violence de la crise, jouait le rôle de financier de dernier recours au Fonds de stabilité.

Pour ces observateurs, nous sommes encore dans le colmatage technique. Nous sommes dans un dispositif qui vise à gérer les crises, et non à les empêcher. Les travaux de fond ne sont pas encore engagés.

Pour les plus pessimistes, l’instauration du Mécanisme permanent de stabilité à partir de 2013 a pour conséquence d’anticiper indéfiniment des futures crises économiques et des Etats en faillite.