Débat électoral sur l'économie : quatre visions s'affrontent


Extrait de : Débat électoral sur l'économie : quatre visions s'affrontent, Radio-Canada, 22 avril 2011

Dans le cadre de la campagne électorale fédérale, des candidats des quatre principaux partis ont exposé et débattu de leur vision économique à l'émission RDI économie. Les principaux thèmes abordés sont les baisses d'impôts, le développement régional et le déficit budgétaire du gouvernement.

Canada - Débat électoral sur l'économie

Les candidats invités étaient :

1)      Marc Garneau, candidat libéral dans la circonscription de Westmount-Ville-Marie,

2)      Yvon Godin, candidat néodémocrate dans Acadie-Bathurst,

3)      Denis Lebel, candidat conservateur dans Roberval-Lac-Saint-Jean et

4)      Daniel Paillé, candidat bloquiste dans Hochelaga.

Chantiers généraux

·         M. Lebel a rappelé un thème cher aux conservateurs, celui de garder les seuils d'impôts et les taxes bas pour stimuler l'économie et créer des emplois. Selon lui, le taux d'imposition des entreprises au Canada, le plus bas des pays du G7, favorisera la création d'emplois.

·         M. Garneau affirme qu'il faut stimuler l'investissement dans les petites et moyennes entreprises (PME). Son parti propose des crédits d'impôt pour l'innovation et la productivité. Il veut aussi encourager l'embauche de jeunes étudiants en accordant un congé de cotisations à l'assurance emploi aux entreprises qui embauchent des jeunes.

·         M. Paillé affirme qu'il faut imposer davantage les plus nantis et critique la décision du gouvernement de hausser de 5000 $ le plafond de cotisation au compte d'épargne libre d'impôt (CELI), ce qui, selon lui, favorise les plus riches. Son parti propose aussi un programme d'aide au démarrage pour les PME.

·         M. Godin affirme qu'il ne faut pas accorder de baisses d'impôts aux grandes entreprises, comme les pétrolières et les banques. Son parti propose de diminuer le seuil d'imposition de 11 % à 9 % des PME, et de donner 4500 $ aux entreprises pour chaque emploi créé.

Baisses d'impôt

·         M. Lebel soutient que le Canada s'était mieux tiré d'affaire que les autres pays du G7 après la crise économique, ce qu'il attribue en partie aux actions du gouvernement conservateur, et a rappelé le nombre d'emplois regagnés depuis 2009. « Depuis qu'on est au gouvernement, c'est 120 baisses d'impôts et de taxes que la population a reçues ». Par ailleurs, il affirme que la hausse de plafond de cotisation au CELI permettra à l'ensemble de la population d'économiser, avec un outil qui est très populaire.

·         M. Godin soutient qu'il faut accorder des baisses d'impôts aux petits entrepreneurs plutôt qu'aux grandes entreprises. Son parti propose de hausser le taux d'imposition des entreprises à 19,5 % « Electrolux a eu droit à des baisses d'impôts et est parti quand même. On ne dit pas de ne pas baisser les impôts des individus, mais plutôt que de donner aux grandes entreprises, il faut des baisses d'impôts pour les petits entrepreneurs. »

·         Selon M. Paillé, il importe de cibler les secteurs économiques où l'on applique des hausses et des baisses d'impôts, particulièrement les entreprises plus enclines à rester au pays. On doit, affirme-t-il, maintenir les taux d'imposition des entreprises à 18 %. Son parti propose d'imposer les bonis aux dirigeants dans le secteur bancaire. Il propose aussi de hausser les seuils d'imposition pour les plus nantis.

·         M. Garneau rappelle que les libéraux veulent maintenir le taux d'imposition des sociétés à 18 %. Il a aussi soutenu l'importance d'inciter davantage de jeunes à recevoir une éducation postsecondaire. « La prospérité à long terme du Canada passe par l'éducation », souligne-t-il.

Régions et chômage

·         M. Lebel rappelle que son gouvernement a fait plusieurs annonces à caractère économique dans les régions. Il soutient par ailleurs que plusieurs régions dépendent de l'exploitation de ressources naturelles et que la baisse de la demande dans certaines industries était le principal facteur derrière un haut taux de chômage.

·         M. Garneau souligne que malgré les réalisations des conservateurs, le taux de chômage demeure élevé et que de nombreux emplois créés sont à temps partiel. Il soutient que les libéraux accroîtraient l'accès à Internet en région.

·         M. Paillé critique les choix des conservateurs d'aider certaines industries, comme l'industrie automobile, au détriment du secteur forestier, très présent au Québec. Selon lui, les choix du gouvernement ne reflètent pas les priorités du Québec.

·         Finalement, M Godin a accusé les conservateurs de couper l'aide économique dans la région Atlantique. « On lâche un cri du coeur. Le fédéral a une responsabilité, qui n'est pas seulement d'aider le pétrole de l'Ouest ou de donner de l'argent aux banques. C'est le développement économique régional. »

Déficit budgétaire

·         Le candidat du NPD affirme que le programme de son parti est équilibré. « En arrêtant de donner aux grosses pétrolières et aux banques, et en mettant l'argent au bon endroit, on va créer de l'emploi. Les gens avec cet argent vont payer des taxes. »

·         Le candidat bloquiste dit que son parti a présenté au ministre des Finances, Jim Flaherty, un exercice budgétaire complet basé sur cinq ans, visant l'atteinte du déficit zéro légèrement plus rapidement que le plan des conservateurs, ce que le ministre a jugé crédible.

·         Le candidat libéral affirme que son parti a une plateforme responsable. « Nous irons chercher 11 milliards, en dépenserons 8 et garderons 3 milliards en réserve. »

·         Le candidat conservateur répète quant à lui que son parti gardera un budget équilibré sans toucher aux transferts aux provinces et sans hausser les taxes et les impôts des particuliers.


La position économique la plus crédible, selon-moi, étrange soit-il c’est celle du NPD. Au lieu de baisser les impôts des entreprises tous azimuts, et soyez assuré les grandes entreprises, ont toutes l'expertise fiscale nécessaire pour profiter des ‘loopholes' de notre régime fiscal, on n'a pas besoin d'en rajouter.

Il est préférable d'avoir des exemptions fiscales cibler, que de donner une baisse d'impôts généraux, d'autant plus que notre régime fiscal est déjà très avantageux par rapport au G7.

Q.D.