Fréquentation record au privé


Extrait de : Fréquentation record au privé, Sébastien Ménard, Journal de Montréal, 18/04/2011

Alors que Québec prévoyait une baisse de popularité des écoles privées cette année, on assiste plutôt à une fréquentation record de ce réseau. Selon certains observateurs, cette situation constitue une véritable « catastrophe » pour les écoles publiques.

Des données obtenues par le Journal révèlent que le réseau privé compte 126 172 élèves en 2010-2011. Il s'agit d'un gain d'environ 300 écoliers par rapport à la situation qui prévalait un an plus tôt.

Pendant ce temps, les écoles publiques continuent de se vider. Elles ont perdu près de 10 000 élèves entre 2009 et 2010. Cette chute correspond à la baisse démographique que traverse le réseau scolaire québécois depuis plusieurs années, un phénomène qui a conduit à la fermeture de nombreux établissements.

Le réseau privé était lui aussi censé goûter à ce choc démographique pour la première fois cette année, mais c'est plutôt le contraire qui s'est produit. Les écoles privées, subventionnées ou non, sont plus populaires que jamais, indiquent les données du Ministère.

«Une très mauvaise nouvelle»

Selon Robert Cadotte, un expert de l'éducation dans les milieux défavorisés, cette situation est une «catastrophe» pour les écoles publiques.

«C'est une très mauvaise nouvelle pour le Québec, dit-il. On est en train de créer un apartheid en éducation, où l'on se retrouve avec un réseau pour les riches et un réseau pour les pauvres.»

À son avis, le réseau privé est trop financé par rapport aux besoins de ses élèves, qui sont généralement plus «forts» que ceux dont hérite le réseau public.

La Fédération des commissions scolaires abonde dans le même sens. Sa présidente, Josée Bouchard, croit qu'il faut «valoriser le système public d'éducation» et milite pour l'abolition des subventions aux écoles privées.

Au Québec, celles-ci sont financées à 60 % par les contribuables. «En Ontario, il y a la moitié moins d'inscriptions au privé parce que c'est 0 %, la subvention», lance-t-elle.

Une question de perception

La popularité des écoles privées est surtout une affaire de perception, croit le professeur Gérald Boutin, de l'UQAM.

«Qu'on le veuille au non, les écoles privées ont la cote auprès de certains parents qui se méfient de l'école publique, dit-il. Les parents ont de plus en plus cette idée que les élèves ont de meilleurs services dans le réseau privé.»

Et les parents, vous avez raison, pourquoi ?

Parce qu'ils sont imputables, si l'école privée ne performe pas, elle va être obligée de fermer ses portes. Elle doit s'assurer que la qualité et l'environnement de l'enseignement sont le plus optimales, la qualité des professeurs, niveaux des classes, … elle doit satisfaire ses clients, c'est-à-dire les parents.

Toutes les réformes de l'éducation actuellement dans le monde se dirigent dans le même sens, transférer le plein pouvoir aux gestionnaires et aux professeurs de l'école locale, c'est -à dire l'organisation du travail et la rémunération individuelle, en contrepartie, ils deviennent imputables, comme une école privée, en fait l’établissement public devient une entreprise publique.

Ce qui tue l’école publique actuellement, c’est l’école publique. Tant aussi longtemps que vous allez refuser de devenir imputable, le peuple aura toujours plus confiance à l'école privée, car sa survie dépend du service qu'elle donne.

Arrêtez de me sortir l’argument simpliste, c’est parce qu’ils choisissent les meilleures élèves, les dizaines de milliers ‘Charters Schools’ aux États-Unis prouvent le contraire, une bonne partie de ces écoles travaillent dans les milieux les plus défavorisés des États-Unis, et haut la main, il  dépasse les rendements des écoles publiques, par contre, il contrôle à 100 % la gestion de leurs écoles, en contrepartie, ils sont imputables.

Et dîtes-vous bien, peu importe la pression des groupes d'intérêts, un jour ou l'autre on va être obligé de transférer l'organisation du travail et de la rémunération localement, ayant de moins en moins d'argent, on devra compenser par l'efficacité.

La Fédération des établissements d'enseignement privé, qui représente la majorité des écoles de ce réseau, indique que sa clientèle est «stable» cette année.

L'organisme laisse entendre que la hausse pourrait toucher davantage les écoles privées «des communautés culturelles» ou celles qui offrent de l'enseignement en anglais.

* * *

Combien ça coûte ?

En 2011-2012 :

Écoles privées : 472,6 millions $

Commissions scolaires : 7 milliards $


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