Goldman Sachs changeait «la merde» en or & Prix Pulitzer pour un site en ligne

Article traitant du rapport Wall Street and the Financial Crisis: Anatomy of a Financial Collapse, je n’ai pris que quelques extraits, car il est long.

Après on se demande pourquoi le peuple est écœuré de cette oligarchie débridée.

Par contre, il y a de l’espoir, le net est l’arme redoutable que les politiciens ont en horreur pour dévoiler le copinage entre les politiciens et les groupes d’intérêts.

Félicitations pour le site ProPublica pour le prix Pulitzer à la fin du carnet.

Le prestigieux Prix Pulitzer dans la catégorie Reportage national vient d'être remis pour la première fois à un reportage qui n'existe qu'en ligne, sur le site ProPublica, sans contrepartie sur un support traditionnel comme c'était le cas l'an dernier. Un dixième des 1097 candidatures soumises au Pulitzer 2011 provient de médias qui n'ont d'existence que sur le web.

 


Extrait de : Goldman Sachs changeait «la merde» en or, François Pilet, Le Temps, 27 avril 2011

Il cloue au pilori la plus puissante des banques d’affaires, Goldman Sachs, décrit Deutsche Bank comme son apprenti complice, et sermonne les autorités de surveillance pour leur incompétence. Il assassine moralement les deux grandes agences de notation, Standard & Poor’s et Moody’s, dont l’amateurisme teinté de cupidité a autant servi à bâtir le château de cartes des «subprime» qu’à précipiter son effondrement.

L’enquête de la commission explique surtout, avec luxe de détails et d’extraits d’e-mails, comment Goldman Sachs et Deutsche Bank – les deux cas d’école retenus par la commission – ont vendu pendant des années à leurs clients des produits financiers que leurs employés décrivaient eux-mêmes comme de la «merde» et des «cochonneries».

Le 18 avril dernier, quatre jours après la publication du rapport à Washington, la fondation ProPublica s’est vu remettre le Prix Pulitzer pour une enquête sur les hedge funds qui ont tenté de perfuser la bulle immobilière le plus longtemps possible, pour mieux profiter de son explosion.

Pourquoi Deutsche Bank continuait-elle de vendre d’une main des titres contre lesquels elle pariait en compte propre? Greg Lippmann avait répondu à l’époque: «Ce n’est pas de gaieté de cœur, et on cherche des moyens d’éviter ce risque, mais pour l’instant, nous aimons les commissions et [le prestige]. Et mince, on a un budget à tenir.»

A cette aune-là, Deutsche Bank et Greg Lippmann n’étaient que des enfants de chœur comparés à Goldman Sachs. Outre les profits mirifiques réalisés de 2004 à 2007 par la titrisation et la vente de ces produits qui ont finalement explosé dans les bilans de ses clients, le rapport Levin révèle que la banque d’affaires avait accumulé des paris à hauteur de 13,9 milliards de dollars en prévision de l’éclatement de la bulle. Ceux-ci lui ont permis de réaliser un profit de 3,7 milliards en 2007. Combiné aux autres pertes, l’aventure des «subprime» s’est ainsi soldée sur un bénéfice de 1,2 milliard pour la banque d’affaires new-yorkaise.

Plus vertigineux encore, il apparaît que Goldman Sachs a tenté de manipuler les cours des dérivés de crédit (CDS), utilisés pour miser sur l’éclatement des «subprime». N’en trouvant pas assez sur le marché pour alimenter son immense pari, l’alter ego de Greg Lippmann chez Goldman.


Propublica - 2

 

ProPublica had the immense honor of winning the Pulitzer Prize for National Reporting for its series, “The Wall Street Money Machine.”

Propublica - 1

The lead reporters, Jake Bernstein and Jesse Eisinger, take a moment to explain the series, how it all started and their reaction after reeling in ProPublica’s second Pulitzer, which was also the first ever awarded to a body of work that didn’t appear in print.

Propublica - 3