La taxe Robin des Bois, la taxe Tobin

Dégonfler la spéculation financière sur les devises

On le sait, dans l'esprit de son inventeur James Tobin, la taxe visait à dégonfler la spéculation financière sur les devises en décourageant les transactions les plus spéculatives.

Celles-ci consistent majoritairement en des paris répétés très souvent portant sur de très petites variations des taux de change (ou des valeurs des actifs financiers), engageant des montants gigantesques.

On estime couramment qu'une taxe de 0,1 % sur l'ensemble des transactions financières réduirait très fortement – de 50 à 80% – le volume de ces transactions, contribuant à stabiliser les marchés financiers.

Malgré cette forte réduction des transactions, celles-ci resteraient suffisamment nombreuses pour que la taxe rapporte plusieurs centaines de milliards de dollars à l'échelle mondiale – dont une bonne partie dans l'Union européenne.

The Banker

Campaign video by Richard Curtis and Bill Nighy, about the Robin Hood Tax, a tiny tax on bank transactions that could raise hundreds of billions for public services and to tackle poverty and climate change at home and around the world. Add your own voice to the campaign at http://www.robinhoodtax.org.uk

 

De nombreux dirigeants de pays de la zone euro – France, Allemagne, Luxembourg, Espagne, Autriche, Belgique, Portugal – se sont positionnés en faveur de la taxe. Seuls les Pays-Bas ont manifesté leur hostilité.

Mais dans un contexte marqué par l'exaspération des opinions publiques contre les spéculateurs et par les attaques récurrentes des marchés financiers contre l'euro, comment croire que ce pays pourrait seul s'opposer à une forte volonté politique de ses partenaires ?

La décision est mûre politiquement, elle l'est également au plan technique, comme l'ont montré de récents rapports d'experts.

Le G20

Au G20 en revanche les opposants sont nombreux et puissants.

1)            Les États-unis, (Wall Street s’y refuse)

2)            l'Australie

3)            et le Canada (nos banques oligopoles)

ont répété maintes fois qu'ils n'en voulaient pas.

 Tous des groupes d’intérêts qui sont très proches des caisses électorales des parties.

Le Japon était favorable mais son premier ministre vient de se déclarer hostile à la taxation des transactions financières. Les grands pays émergents membres du G20 demeurent indifférents : leur système financier n'a pas encore été vraiment ébranlé par la crise.

La Taxe Robin des Bois

 

De plus en plus de politiciens, d’organisations de la société civile, d’économistes et quelques financiers plaident vigoureusement en faveur d’une Taxe mondiale sur les transactions financières (TTF).

 

La TTF est une taxe très faible appliquée aux transactions réalisées sur les marchés financiers : commerce des actions, des obligations, des produits dérivés ou des devises, par exemple.

 

Des leaders politiques, , voient dans la TTF une des meilleures façons de financer des programmes contre la pauvreté dans le monde, de gérer l’atténuation ou les conséquences des changements climatiques et de faire payer aux institutions financières leur juste part de la crise mondiale que leurs pratiques ont largement contribué à provoquer. D’éminents économistes prônent la TTF pour calmer la spéculation excessive sur les marchés financiers et prévenir ainsi la crise économique

 

 

Le besoin urgent d’une TTF

En réaction à la crise financière et économique mondiale, les États ont dépensé des milliers de milliards de dollars pour renflouer les institutions financières et stimuler l’économie.

 

Des banques privées ont engrangé d’énormes profits en empruntant aux banques centrales des sommes énormes sans avoir pratiquement à payer d’intérêts puis en prêtant aux consommateurs à des taux plus élevés.

 

Par ailleurs, les États doivent absorber des manques à gagner gigantesques, qui entraînent des coupures.

 

Taxer les banques qui spéculent sur le cours des principales monnaies pourrait rapporter des centaines  de milliards de dollars par an.

 

La Taxe Robin est une micro-taxe de 0,005 % sur les transactions interbancaires de change. Les associations demandent que l’Union Europénne applique la taxe aux transactions interbancaires de change dont l’une des monnaies concernées est l’euro.

 

Les transactions de change sont déjà soumises à un prélèvement à l’heure actuelle, mais il est encore plus faible que 0,005 %, et sert uniquement à financer les systèmes informatiques par lesquels les grandes banques s’échangent des devises.

 

·    En 2009, le montant total des transactions de change entre banques impliquant l’euro ont été 20 fois supérieures au PIB de l’UE.

 

·    97 % de ces transactions interbancaires correspondent à de la spéculation sur les micro-évolutions de cours entre les différentes monnaies.

 

L’UE a le pouvoir de taxer unilatéralement les transactions impliquant sa propre monnaie, car toutes ces transactions transitent nécessairement par des banques établies dans l’UE.

Préparer une directive européenne

La seule manière pour Nicolas Sarkozy, Angela Merkel et leurs collègues européens de changer la donne est de montrer eux-mêmes l'exemple. La mise en place d'une taxe sur les transactions financières dans la zone euro matérialiserait une réelle volonté de créer des solidarités positives face à la pression des marchés financiers, au lieu de durcir indéfiniment les politiques d'austérité dans l'espoir de "rassurer" ces marchés.

·         Elle permettrait aussi de dégager des ressources très substantielles, ô combien nécessaires dans une période où les déficits budgétaires sont chroniques et les besoins de financement urgents.

·         Il doit immédiatement demander à la Commission et à son président José Manuel Barroso de préparer un projet de directive dans les six mois.

Faute de quoi la crédibilité des dirigeants européens continuera à se désagréger aux yeux des marchés financiers – et, plus important, des citoyens.

L’idéal serait d’avoir une taxe au niveau mondial

Une taxe sur les transactions financières permettrait de lever jusqu’à 100 milliards d’euros par an dans la zone euro. Leur utilisation fait débat, mais un compromis possible serait de reverser un tiers aux pays du Sud, un tiers au budget de l’UE et un tiers aux budgets des États de la zone euro.

L’idéal serait d’avoir une taxe au niveau mondial. Mais, dans la zone euro, elle peut s’appliquer dès maintenant sur trois grands types de marché : les changes, les actions et obligations et les produits dérivés. Le marché des changes en euro serait le plus facile. On peut fixer les règles de notre monnaie.

Toutes les transactions financières en euro dans le monde sont, à un moment donné, tracées dans les comptes des banques commerciales et des banques centrales. Du coup, l’UE peut décider de leur imposer une micro-taxation de 0,05 %.

Pour les deux autres marchés, y a-t-il un risque que les marchés financiers arbitrent au détriment des valeurs européennes ? Oui, mais une micro-taxe réduirait les flux spéculatifs sur les actions et les dettes publiques européennes. C’est bien ce qu’on veut. Le Parlement a demandé à parler très vite avec la Commission. Au lieu d’être force de propositions, c’est l’instance la moins enthousiaste. Donc on discute aussi directement avec la France et l’Allemagne. »


Taxer les transactions financières, une question de justice

Pour Jean-Claude Juncker, "Il faut que les responsables du marasme de ces dernières années passent à la caisse".

Le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker a appelé à la création d'une taxe sur les transactions financières, au niveau européen si cela n'est pas possible au niveau mondial. "Il faut que ce thème reste à l'agenda européen, qu'il soit creusé et qu'on en discute au niveau du G20", a déclaré M. Juncker lors d'une conférence sur l'avenir de l'euro organisée par l'Alliance socialiste et démocrate au Parlement européen.

"Et si cela n'est pas possible (de l'instaurer au niveau mondial) il faut réfléchir à l'introduire au niveau de la zone euro seulement", a-t-il poursuivi, jugeant que "les Européens peuvent se montrer pionniers". Pour M. Juncker cette mesure serait une question de "justice". "Il faut que les responsables du marasme de ces dernières années passent à la caisse", a-t-il déclaré, soulignant que les citoyens européens payaient tous déjà pour la crise au travers des hausses d'impôts et des restrictions budgétaires introduites par les gouvernements de leurs pays respectifs.

"Il n'est pas possible que l'économie financière, elle, continue de se distribuer des bonus comme s'il ne s'était rien passé. Les gens ne l'accepteront pas, tout cela ne peut que mal finir avec une remise en cause du système économique et politique", a ajouté M. Juncker qui n'a cependant pas voulu aborder la question de ses modalités d'introduction.

Début mars, les élus européens s'étaient prononcés à une large majorité pour l'introduction d'une telle taxe, dont les recettes évaluées à 200 milliards d'euros par an dans l'UE permettraient de financer des projets européens.

La Commission européenne est de son côté favorable à une taxe sur les transactions financières au niveau mondial, mais pas jusqu'ici au seul niveau européen, comme voulu par Berlin.


La taxe Tobin et la solidarité entre les nations

C'est assurément le meilleur livre écrit récemment pour défendre une taxation des mouvements de capitaux.

Bruno Jetin en défend l'idée depuis de nombreuses années. De ce fait, il maîtrise parfaitement tous les arguments et les contre-arguments du débat. Il nous les restitue ici de manière claire et pédagogique. Arrivera-t-il à convaincre ceux qui n'y croient guère? On peut en douter. Même si le débat politique autour de cette proposition est présent dans de nombreux pays, on ne voit toujours pas comment créer un rapport de force politique en faveur de cette taxe, en particulier aux Etats-Unis et au Royaume-Uni.

De même, si on décidait de refuser les transactions avec les paradis fiscaux et de taxer tous les échanges internationaux de titres financiers quels qu'ils soient, alors, oui, il serait difficile de contourner la taxe.

Le problème est qu'on ne voit pas comment passer du conditionnel au présent. Reste un ouvrage qui montre qu'il vaut la peine de se mobiliser pour mieux comprendre et agir sur une finance mal contrôlée, source de risques pour l'économie mondiale. C'est déjà un pari gagné.


1)      Taxe Tobin : pourquoi demander au G20 ?, LEMONDE.FR, 14.03.11

2)      Une « taxe Tobin » sur les flux financiers est-elle possible en Europe ?, la Croix.com, 09/03/2011

3)      'Taxer les transactions financières, une question de justice', l’Écho, 18 mars 2011


Table des matières

Impôts et taxes

Les pauvres paient trop d’impôts

La vie serait tellement plus belle si on payait moins d’impôts

1.        Comparatif entre les pays scandinaves et le Québec

L’évasion fiscale, c’est pour les riches

1.        Examinons-le pourquoi du travail au noir

2.        Corruption étatique

3.        Imputabilité

C’est la faute des riches !

1.        La classe moyenne est trop imposée, dit la fiscaliste Brigitte Alepin

2.        Crise fiscale

3.        Les juridictions fiscales ont perdu énormément d'autonomie.

4.        Mobilité profite aux paradis fiscaux.

5.        Notre régime d'imposition est dépassé

Alerte sur l’impôt sur les sociétés

Multinational - legal fiscal loopholes

G.E.’s Strategies Let It Avoid Taxes Altogether

Et si on créait un impôt mondial

Corporate tax cuts show no clear benefit

The wrong time to cut corporate taxes

La taxe Robin des Bois, la taxe Tobin

La taxe Tobin, point de mire

L’Europe se mobilise - Taxe Tobin

Taxe Robin des Bois - Pétition – Canada - Europe


  1. gravatar

    # by louli3 - 7 avril 2011 à 09 h 02

    Un bon résumé simple et relativement concis sur la taxe Tobin, merci beaucoup, cela rend les choses plus claires ! On est encore bien loin cela dit d'une mise en place réelle de cette taxe, mais je pense que ce serait quand même un début de solution pour arriver à plus d'équité financière. On croise les doigts en espérant que les dirigeants se bougent plus qu'à l'accoutumée...