Le bêtisier de Marois

Disons que Stéphane Gendron n’y va pas avec le dos de la cuillère.


Extrait de : Le bêtisier de Marois, Stéphane Gendron, 19/04/2011

Pauline Marois a bénéficié en fin de semaine de l'appui de 93 % des délégués réunis lors du 16e Congrès national du Parti québécois. Cet appui vient-il légitimer Pauline Marois en tant que future première ministre ? Absolument pas. Au contraire, cet appui inconditionnel des zélotes nationalistes ne viendra qu'antagoniser davantage la relation opposant Marois avec le peuple québécois. Une relation où l'électricité ne passe pas.

Pauline Marois n'a jamais attiré la sympathie. Les gens - en général - ne l'aiment pas. Tous les postes ministériels occupés par Marois l'ont été d'une façon ordinaire, sans laisser de trace ni provoquer de changements majeurs.

Un peu à l'image de François Legault qui est du même acabit, Marois n'inspire rien. Insipide et sans saveur, Marois a pourtant tenté de se poser en tribun de l'espoir et de la liberté durant toute la fin de semaine. Un exercice qu'elle a amèrement échoué en nous ressassant invariablement la loi 101, les garderies à 5 $, la protection du territoire agricole, l'environnement et même l'enquête dans l'industrie de la construction. Bref, un véritable ramassis d'antiquités trouvées dans une brocante de vieille fille afin de nous fignoler un discours où les applaudissements décalaient d'au moins 3 secondes à tous les punchs prévus du discours.

Au-delà de cette attitude désolante et triste, Marois a quand même tenté d'utiliser le modèle de la chanson Imagine de John Lennon pour faire rêver une foule acquise à cette soif inéluctable de liberté qui devrait nécessairement nous guider vers la souveraineté.

À entendre Marois, le Québec a trop longtemps vécu sous le joug oppresseur du fédéral. Avant longtemps, le peuple donnera le mandat au PQ de nous libérer et d'enfin connaître ce pour quoi tant d'êtres humains ont donné leur vie : la L-I-B-E-R-T-É.

Mais cette folie passagère dans le discours n'a pas été le seul événement de la fin de semaine. Il y a eu aussi tout le cafouillage ridicule autour de la question de la langue d'affichage afin de prohiber l'usage de l'anglais, cette langue dangereuse et cancérigène. Imaginez que Marois contrôle tellement son parti qu'un groupuscule a réussi à lui jouer dans le dos et à faire inclure au programme l'exclusion de l'anglais dans l'affichage au Québec. Gaffe monumentale, Marois a dû demander aux membres de reprendre le vote. Et hop ! La démocratie a dû s'accommoder et virer à 180 degrés sur un dix cennes. L'anglais aura finalement droit de cité dans l'affichage grâce à la manipulation ouverte des délégués du Parti québécois. Une autre preuve que le Parti québécois sous Pauline Marois est bel et bien devenu une véritable farce monumentale.

Pas un mot sur la dette ou l'accumulation des déficits. Évidemment, Pauline aura tout le loisir de blâmer Charest et le fédéral.

À entendre les sottises prononcées par Marois, il est fort à parier qu'advenant la souveraineté du Québec, les nids-de-poule auront finalement disparu, que le loup couchera avec l'agneau - comme dans la Bible - et que nous ferons aussi des surplus budgétaires à répétition. D'ailleurs, c'est ce que François Legault - un autre insipide - nous avait dit lors de son dépôt du budget de l'an 1 d'un Québec souverain. Des profits et de la richesse... Voilà un discours d'une génération dépassée qui sent le lait caillé. Peut-on passer à autre chose de plus intéressant ?