Le sirop d’érable au pays du Soleil levant


Extrait de : Le sirop d’érable au pays du Soleil levant, Simon Lord, Argent, 7 avril 2011

Le sirop d’érable québécois se retrouvera de plus en plus souvent dans les assiettes japonaises. Les exportateurs de la province lancent une offensive au pays du Soleil levant. Ils se préparent en empilant les barils du précieux liquide dans leurs entrepôts.

Le marché américain représente présentement le trois quart des exportations de l’industrie du sirop d’érable, un nombre qui devra diminuer au cours des années à venir.

« Avec la récession et l’appréciation du huard, nous devons trouver de nouveaux marchés », explique Simon Trépanier, porte-parole de la Fédération des producteurs acéricoles du Québec (FPAQ).

Le Japon est donc de plus en plus convoité par les exportateurs de sirop d’érable. « Il s’agit en fait de notre premier marché, outre nos voisins du sud», dit M. Trépanier.

Le pays représente 10% des exportations. L’an dernier, 7,2 millions de livres d’or blond avaient été livrés au Japon, sur un total de 72 millions de livres exportés.

L’engouement japonais pour le sirop est d’ailleurs plus fort que jamais, remarque Simon Trépanier.

Le sucre fait partie de la culture nippone. Et si les japonais ont traditionnellement une relation très étroite avec la nature, ce rapport avec Mère Nature est encore plus présent dans la mouvance environnementale des dernières années, explique le porte-parole.

« Donc quand on leur dit qu’il existe un sirop fait de sucre naturel extrait des arbres, ils ont une réaction presque magique », illustre Simon Trépanier.

Des études de marché ont par ailleurs confirmé le potentiel du pays. « La Grande-Bretagne est aussi un marché intéressant. Comme nous, ils ont une dent sucrée. Mais pour l’instant, le Japon est le marché qui nous semble le plus profitable », estime-t-il.

Garnir les entrepôts

Une partie importante de la stratégie de développement d’un nouveau marché consiste à créer des réserves de sirop d’érable, explique le porte-parole.

Cela permet d’abord aux exportateurs de se prémunir contre les aléas de Mère Nature: la production peut être diminuée de moitié lors d’une mauvaise année. Il s’agit aussi de stabiliser les prix à long terme.

« Un distributeur japonais, par exemple, ne voudrait jamais commercialiser notre sirop s’il est incertain de pouvoir en offrir année après année aux consommateurs. Il est donc essentiel d’offrir une stabilité d’approvisionnement », explique Simon Trépanier.

La réserve a donc été mise en place en 2000. En 2004, elle s’élevait à 60 millions de livres. Une météo exécrable entre 2004 et 2008 a toutefois asséché complètement les stocks.

« Les producteurs travaillent maintenant très fort pour la reconstruire. Elle se situe aujourd’hui à 17 millions de livres », dit Simon Trépanier.

L’entrepôt d’une capacité de 26 millions de livres, appartenant à la FPAQ, se situe sur la rive-sud de Québec dans la petite ville de St-Antoine-de-Tilly. Lorsque la réserve est pleine, l’organisme loue d’autres entrepôts pour emmagasiner l’or blond.

« L’entreposage est très sécuritaire. Nous utilisons des barils neufs et nous pasteurisons le sirop », assure Simon Trépanier.