Papiers White Birch: les employés préfèrent la fermeture

Évidemment, l’acheteur potentiel ne veut pas devenir responsable d’un système de retraite insolvable, et dîtes-vous, ça ne sera pas le premier.

Par contre, si on avait eu des politiciens responsables et matures au Québec, ils auraient pris des décisions comme dans certains pays, de créer un compte épargne-retraite qui est lié au travailleur et non à la compagnie, le compte est complètement indépendant et transportable, exemple, si l’individu change d’employeur.

Malheureusement, il est trop tard, et les conséquences sont déplorables.


Extrait de : Des travailleurs et des retraités de l’usine F.F. Soucy ont rencontré la presse, Hugues Albert, infodimanche.com, 22 avril 2011

Rivière-du-Loup – Un groupe de travailleurs et de retraités de l’usine Papiers White Birch de Rivière-du-Loup, membres du Syndicat canadien des communications, de l’énergie et du papier (SCEP-FTQ), rencontraient la presse vendredi après-midi afin de faire le point sur les demandes de l’acquéreur potentiel Black Diamond Capital Management (BDCM), demandes qu’ils jugent tout à fait inacceptables. Le conseiller George Verreault était présent afin de faire la lumière dans ce dossier.

BDCM désire mettre un terme au régime de retraite des 1 100 travailleurs des trois usines de Papiers White Birch au Québec situées à Rivière-du-Loup, Québec et Gatineau. L’usine de Rivière-du-Loup (F.F. Soucy) emploie plus de 180 travailleurs syndiqués.

Les travailleurs des trois usines se disent prêts à aller jusqu’à la fermeture si BDCM maintient sa position dans le dossier d’acquisition de Papiers White Birch. BDCM menace même de retirer son offre si les conditions qu’elle a déposées ne sont pas acceptées par les travailleurs concernés. Or, on sait que si BDCM met à exécution cette menace, Papiers White Birch sera en faillite légale.

BDCM exige d’importantes concessions de la part des travailleurs des trois usines. En plus d’exiger une baisse de salaire de l’ordre de 10 %, elle veut mettre un terme à leur régime de retraite. Les rentes des employés seraient par conséquent amputées d’environ 30 %. Cet impact varie selon les groupes d’âge et est supérieur de beaucoup pour les travailleurs de 50 à 55 ans. M. Verreault indique que dans le cas de travailleurs de 55 ans et moins, ces pertes pourraient atteindre jusqu’à 70 %. « Les gouvernements devraient légiférer pour protéger les plans de retraite des travailleurs », indiquait-il, propos pleinement endossés par les travailleurs de l’usine présents. 

À la suite du refus des travailleurs de sacrifier leur régime de retraite, Papiers White Birch et BDCM ont annulé trois rencontres qui étaient prévues cette semaine avec  le syndicat. Une impasse se dessine selon le syndicat et celui-ci déplore que les deux parties s’objectent à négocier une entente similaire à celle d’AbitibiBowater.
On y voit en fait une manœuvre qui permettrait de laver le déficit du régime de retraite des employés  qui est
de 180 M $.

Pour les employés d’État, la technique est facile, on augmente la dette brute du Québec, pour le privé comme l’argent ne pousse pas dans les arbres, la décision est drôlement plus corsée.

Le gouvernement du Québec et le SCEP-FTQ avaient négocié avec AbitibiBowater afin d’en arriver à une entente qui protégeait les retraités, sauvegardait les emplois et évitait la banqueroute. Des allègements avaient été appliqués pour rembourser la dette et renflouer le déficit de son régime de retraite sur une plus longue période, 10 ans au lieu de cinq.

On verra dans dix ans, s’ils vont respecter leurs engagements,
la partie est juste remise.

Le ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale du Québec a eu deux rencontres avec Papiers White Birch en septembre et novembre 2010 mais rien de concret en est résulté. Aucune autre rencontre ne figure à l’agenda.

De son côté, BDCM, principal créancier de Papiers White Birch, se donne jusqu’au 29 avril pour s’entendre avec les travailleurs des trois usines. Avec des usines performantes, Papiers White Birch est le deuxième plus important fabricant de papier journal en Amérique du Nord. Qui plus est, l’usine de Rivière-du-Loup se qualifie parmi les trois plus performantes au monde dans ce secteur d’activité industrielle.

Avant de rencontrer la presse, le même groupe a rencontré le député Jean D’Amour qui a ressorti les effets dévastateurs que la perte du fonds de retraite pourrait avoir chez les travailleurs et dans la communauté. Lundi, ce sera au tour du candidat conservateur Bernard Généreux de rencontrer les gens de Papiers White Birch de Rivière-du-Loup. Mais que peuvent les politiciens dans pareil dossier si ce n’est de démontrer leur solidarité envers ces travailleurs.


Lectures complémentaires :

15/09/10

Le système privé de pension chilien sort indemne de la crise, ils créèrent ainsi un modèle de pension basé sur des comptes individuels de capitalisation, la rentabilité moyenne du fonds principal est de 9,19% par an, plus de deux fois supérieure au rendement minimum.

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Historique du modèle Chilien, il n’est pas surprenant que le système de retraite par capitalisation au Chili se soit démontré si populaire et a aidé à promouvoir la stabilité sociale et économique, plus de 30 pays l’ont adopté.