Repousser l'âge de la retraite: les employeurs sont-ils d'accord?

Dans son article, elle mentionne souvent «régimes de retraite avantageux» pour le secteur public, qui est dans la plupart des cas des régimes de prestations déterminées

Les régimes de prestations déterminées accordés aux employés du secteur public sont un gouffre sans fonds, c’est un modèle purement Ponzi, c’est pour cette raison que les déficits actuariels augmentent chaque année.

C'est un non-sens, on garantit des déboursés, mais le rendement
n'est pas garanti pour subvenir à ces déboursés.

Un contrat suppose un engagement réciproque de deux parties, qui suppose que chacune des parties tiendra sa parole par ses propres moyens.

Mais si un des contractants s'engage à pratiquer l'extorsion de fonds sur des tiers qui n'y sont pour rien pour tenir sa promesse, alors le contrat est frauduleux, c'est une coercition,

Les syndicats n'admettront jamais publiquement cette iniquité de distribution de richesse entre le privé et le public.

Le peuple québécois devra considérer ce privilège illégitime, car ils n'ont jamais consenti à s'endetter pour un système de retraite pyramidal, pour satisfaire 10 % de la population, un simple copinage entre le pouvoir politique et syndical.

Tous les régimes à prestations déterminées de la fonction publique devront être convertis en cotisation déterminée, ce que d'autres pays ont fait. (Donc, l’état (nous les contribuables) ne serait plus responsable du rendement, donc c’est fini de dire que l’on garantit 70 % de votre salaire), au moins, on réduit le gouffre financier.

(Note : Si le Québec ne devient pas plus sérieux sur sa gestion financière, ce sont les financiers extérieurs qui vont nous obliger à faire de telles modifications.


Extrait de : Repousser l'âge de la retraite: les employeurs sont-ils d'accord?, Hélène Baril, La Presse, 09 avril 2011

Le gouvernement du Québec veut qu'on travaille plus longtemps. C'est la raison pour laquelle le dernier budget a réduit la rente qu'il est possible d'encaisser avant 65 ans et a bonifié celle qui sera versée à ceux qui travaillent après 65 ans. L'idée a été bien accueillie par les Québécois, si on se fie aux résultats d'un sondage Crop réalisé tout de suite après le dépôt du budget: un travailleur sur trois envisagerait maintenant de retarder sa retraite. Mais qu'en pensent les entreprises? Sont-elles prêtes à garder davantage de travailleurs expérimentés, qui commandent généralement des salaires plus élevés? Pas si sûr.

De tous les pays industrialisés, c'est au Canada que la retraite anticipée est la plus répandue. En comptant les travailleurs qui sont poussés vers la sortie et ceux qui choisissent de partir, ça ne laisse qu'une proportion de 22% de la main-d'oeuvre qui attend jusqu'à 65 ans pour prendre sa retraite, selon un sondage réalisé en 2010 par Axa Canada. Et c'est au Québec que les travailleurs se retirent le plus tôt au Canada.

L'âge moyen des départs à la retraite est de 62 ans au Québec et de 64 ans au Canada, selon la Régie des rentes du Québec. Il y a plusieurs explications au phénomène, dont le poids relativement plus élevé de la fonction publique, qui bénéficie de régimes de retraite avantageux.

Il y a aussi une plus forte proportion de syndiqués, qui jouissent de régimes de retraite d'entreprises plus généreux, ce qui facilite les départs hâtifs à la retraite. Le côté latin des Québécois y est peut-être aussi pour quelque chose: le travail, c'est bien, mais pas trop.

Le problème pour le secteur public, ça se fait sur le dos du peuple.

La grande majorité des préretraités ont pris eux-mêmes la décision de partir. Mais une partie d'entre eux, 12%, selon la RRQ, ont dû accepter une pré-retraite pour des raisons indépendantes de leur volonté. À l'avenir, ceux-là subiront quand même les pénalités imposées par le gouvernement à ceux qui partent avant l'âge de 65 ans.

En théorie, il n'y a pas de problème pour ceux qui veulent continuer de travailler après 65 ans. Selon le Conseil du patronat, qui sonde régulièrement ses membres sur les enjeux reliés à la main-d'oeuvre, plus de 60% d'entre eux disent souhaiter garder les travailleurs expérimentés, comme on préfère désigner «les vieux».

Mais en réalité, ça dépend des entreprises, estime Norma Kozhaya, économiste du CPQ. Là où les salaires sont élevés et les régimes de retraite avantageux, on recourt plus souvent aux mises à la retraite anticipée pour réduire les coûts de main-d'oeuvre, explique-t-elle.

Dans le privé, comme l’argent ne pousse pas dans les arbres, contrairement aux gouvernements, on est obligé des licenciés, car il coûte trop cher.

«Chaque entreprise gère sa main-d'oeuvre en fonction de ses besoins, explique pour sa part Simon Prévost, porte-parole des Manufacturiers exportateurs du Québec (MEQ). «C'est clair que celles qui offrent des indemnités de départ ne vivent pas de pénurie de main-d'oeuvre.»

Il donne l'exemple du secteur des pâtes et papiers, qui a eu recours aux mises à la retraite anticipée pour se sortir du trou. «Quand elles sont sous pression, certaines entreprises ont encore le réflexe de pousser vers la sortie leurs travailleurs les plus expérimentés.»

L'industrie de la forêt, en crise depuis cinq ans, a utilisé massivement les mises à la retraite anticipées, avec la bénédiction des syndicats et du gouvernement. Entre 2007 et 2011, la section québécoise du Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier (SCEP-FTQ) a perdu 10 000 membres, selon Renaud Gagné, son vice-président. La moitié de ces 10 000 travailleurs ont pris leur retraite avant le temps, précise-t-il. «On a voulu sauver les emplois des plus jeunes et les plus vieux souhaitaient partir», explique-t-il.

Résultats immédiats

À court terme, les résultats sont immédiats, reconnaît Simon Prévost. Remplacer un travailleur dont le salaire est de 60 000$ par un autre qui gagne 30 000$ génère des économies rapides pour une entreprise. Mais à moyen et long terme, les entreprises peuvent y perdre beaucoup, estime le porte-parole des MEQ.

L'expérience, la connaissance de l'entreprise et de son marché sont des atouts qui peuvent valoir amplement le salaire plus élevé des travailleurs plus âgés, explique-t-il. De même, les employés sans expérience ont besoin de formation, ce qui est un coût pour l'entreprise. «Disons que ça reste une assez bonne stratégie, d'essayer de garder ses travailleurs les plus anciens», croit Simon Prévost.

Les programmes de retraite anticipée sont encore largement utilisés par les entreprises, mais beaucoup moins que dans les années 90, note Diane-Gabrielle Tremblay, professeur à l'Université du Québec à Montréal et spécialiste de l'organisation du travail. Il y a 20 ans, toutes les grandes entreprises, de Bell au CN en passant par les gouvernements, y ont eu amplement recours, rappelle-t-elle.

Dans notre système, aucun travailleur n'est obligé de partir à la retraite avant 65 ans. Mais dans les faits, il arrive que les entreprises se servent de ce moyen pour régler leurs problèmes financiers et que les employés se sentent obligés d'accepter l'offre qui est sur la table. Les changements technologiques précipitent aussi les départs à la retraite.

De façon générale, résume la spécialiste, plus les salaires et les régimes de retraite sont intéressants, et plus les retraites par anticipation sont populaires.

Évidemment !

Privé c. public

Simon Prévost, lui, pose l'hypothèse que les travailleurs du secteur privé sont moins nombreux à prendre leur retraite avant le temps que ceux du secteur public, justement parce que ces derniers ont un régime de retraite plus généreux. Les chiffres lui donnent raison.

L'âge moyen de la retraite est de 61,1 ans dans le secteur privé, et de 57,9 ans dans le secteur public.

Eh oui, M. le peuple, les politiciens et les syndicats se sont concocté de belles retraites dorées, oups ! petit problème, il n’y a pas assez d’argent.

Le gouvernement du Québec est bien placé pour le savoir. Quand il a offert un programme de retraite à ses employés, en 1997, il prévoyait que 15 000 d'entre eux partiraient. Deux fois plus, soit 37 000 personnes, ont choisi de quitter la barque. Plus de la moitié des partants travaillaient dans le secteur de la santé, qui ne s'en est pas encore remis.

Si les entreprises ont moins recours aux mises à la retraite anticipée, c'est parce qu'elles commencent peut-être à réaliser la valeur de l'expérience, croit Diane-Gabrielle Tremblay. «Dans l'économie du savoir, on n'a pas la même attitude qu'avant. On s'aperçoit qu'il y a de gros pans d'informations qui disparaissent avec les retraités. On s'en est rendu compte dans les écoles et les hôpitaux».

La chercheuse s'étonne tout de même que les universités, qui devraient connaître mieux que d'autres entreprises la valeur de l'expérience, soient encore nombreuses à encourager les retraites anticipées à cause de leurs budgets serrés.

Oui, en faisant cela, il déplace le problème, au lieu que l’individu soit une dépense de l’université, il devient une dépense d’État, d’autant plus il ne génère plus de richesse,
il ne fait que consommer la richesse, ça devient un beau gouffre financier
tout en réduisant le PIB.

Si on part plus volontiers quand on a un régime de retraite généreux, la décision de prendre sa retraite n'est pas motivée seulement par l'argent, a aussi constaté la chercheuse. «Avec l'âge, les gens veulent travailler moins et avoir des horaires flexibles, mais les entreprises ne sont pas très ouvertes à ça. Alors, ils partent.»

Selon elle, la semaine de quatre jours, le compagnonnage, le mentorat sont autant de choix que les entreprises devront offrir à leurs travailleurs d'expérience si elles veulent vraiment les garder et profiter de leurs atouts.

Mais c'est plus compliqué à gérer et les entreprises ne sont pas encore très ouvertes à cette nouvelle réalité, affirment les trois spécialistes consultés.