Similitude entre le Québec et la Grèce

Voici la suite de l’article que la fondation iFrap a fait sur le Grèce : Grèce : Résumé des mesures d’austérité

Il est un peu long, j’ai utilisé quelques extraits, commentaires à l’intérieur.


Extrait de : La situation économique de la Grèce en 2011,  Fondation iFRAP, Athina Papadopoulou, 29 mars 2011

Suite à notre note sur les mesures d’austérité du FMI en Grèce, voici un point sur la situation économique de la Grèce en 2011.

L’économie grecque a connu un fort développement au cours des trente dernières années, en grande partie fondé sur l’emprunt et la consommation.

Le secteur public s’est étendu, contribuant, entre autres, à alourdir le poids de la dette publique. Un bilan alourdi par des problèmes récurrents de corruption et d’évasion fiscale, et un taux de chômage en augmentation.

La Grèce a connu un fort développement au cours des trente dernières années, en grande partie fondé sur l’emprunt et la consommation.

L’État a d’abord financé la croissance basée sur la consommation et a construit un vaste système de 768.009 fonctionnaires dans le secteur public (7 fonctionnaires pour 100 citoyens [1]), rémunérés en salaires et avantages sociaux bien au-dessus du secteur privé.

La Grèce a une population de 11 327 529, en 2011

Le Québec a une population de 7,974,269, en 2011

Au Québec, il y a 832 100 employés du secteur public

Secteur public : comprend les administrations publiques, fédérales au Québec, provinciale et municipale, les sociétés d’État et autres organismes financés par l’État.

Source : Études économiques Desjardins, Octobre 2010, p. 2 

D’autre part, les Grecs ont été poussés à cette consommation anormalement forte, encouragés par des prêts bancaires accordés trop facilement, sans les analyses préalables de solvabilité que les banques françaises pratiquent.

En parallèle, la production du pays reste assez faible. D’après son dernier bulletin d’information, la Grèce importe trois fois plus qu’elle n’exporte.

Grèce - Balance commerciale

L’Allemagne bénéficie d’une faiblesse de l’euro, certes, car ses exportations se situaient à 1.487 milliards de dollars US en 2008 et les importations à 1.222 milliards de dollars.

Les exportations allemandes vers la Grèce étaient de 9,1 milliards de dollars et l’excédent de l’Allemagne par rapport à la Grèce a été de 6,6 milliards de dollars US. [2]

Vous constatez comment le système est corrompu, gardons les Grecs dans l’Euro, pour maintenir la suprématie allemande.

Il semble que le peuple, ne soit pas tout à fait d'accord à être pogné dans un carcan économique, inexorablement ils vont restructurer leurs dettes, sortir de l'Euro, et redevenir compétitifs, même si ça ne plaît pas aux industriels allemands ou au Chinois.

Les nouvelles générations de Grecs instruits ont compris qu’elles devaient chercher leur avenir dans la fonction publique, puisque celle-ci pouvait leur garantir de bons salaires pour peu de travail, contrairement aux entreprises privées qui exigent plus de travail pour une rémunération moins élevée.

Même phénomène au Québec, à quoi sert à devenir entrepreneur, quand je peux avoir un gros salaire, une sécurité d'emploi, une permanence et un fonds de pension de millionnaire.

L’énorme domaine public, au fil des ans, a constitué un nouveau groupe social qui s’est senti sûr de lui, car en Grèce le fonctionnaire a un emploi garanti à vie, et il consomme des biens et des services qui alimentent le développement.

Ce groupe social est devenu tellement fort qu’aucun gouvernement n’a pu, pratiquement, ni modifier le statut de ces fonctionnaires, ni leurs conditions de travail, leurs votes étant toujours trop précieux au moment des consultations électorales.

Bon Dieu !, on dirait le Québec

La dette (voir tableau ci-dessous) a augmenté rapidement au cours des années 1980 et a continué à croître à un rythme plus lent, pendant les décennies de 1990 et 2000. Cette dette a entraîné une réduction de l’investissement productif ainsi qu’une augmentation de la consommation.

La Grèce est aujourd’hui endettée car ses citoyens ont consommé au-delà de leurs moyens avec le soutien du gouvernement.

Les Québécois vivent au dessus de leurs moyens, chaque année on constate que le solde des prêts personnels et des cartes de crédit grimpe de 5% par an alors que le revenu après impôt des Québécois augmente de seulement 2,5% par année, un consommateur qui gagne 50 000$ par an après impôt a accumulé des dettes de 21 000$ sur ses cartes de crédit et sur ses marges de crédit.

Année 2010 : avec une dette moyenne de 96 100 $, représentant 148 % de leur revenu personnel, 59 % des Canadiens n’ont pas la marge de manœuvre suffisante.

De plus, les dépenses de fonctionnement de l’État n’étaient guère raisonnables.

Selon le Stockholm International Peace Research Institute (SIRPI), la Grèce est restée pendant les années 2005-2009 parmi les pays qui dépensaient le plus au monde par habitant, à la cinquième place, au lieu de la troisième qu’elle occupait pendant la période 2000-2004.

Par ailleurs, selon la Banque mondiale et l’International Finance Corporation, l’évasion fiscale en Grèce est actuellement estimée à 55 milliards d’euros quand le PIB est autour de 230 milliards d’euros.

Et la corruption ? Comme la fraude fiscale, la corruption du secteur public et privé est assez répandue en Grèce, parce qu’on n’a pas mis en place les mesures nécessaires pour s’y opposer.

Selon A. Syggros, responsable du bureau de Transparency International, dans l’enquête sur la corruption en Grèce qui été effectuée en 2010, la corruption oscille entre les 567 et 696 millions d’euros, moins de 155 millions d’euros comparé à l’année 2009, mais qui reste en dessous de la réalité puisqu’il ne prend en compte que les pots-de-vin faits par les particuliers.

Cela entraîne l’adoption de taxes plus élevées pour récupérer l’argent perdu, ce qui décourage la production. En outre, la corruption a contaminé les citoyens et les entreprises, car ceux-ci doivent corrompre les fonctionnaires afin d’obtenir d’eux qu’ils veuillent bien travailler.

Plusieurs scandales qui impliquent des hommes politiques ont fait surface mais personne n’a encore jamais été sanctionné. De nombreux contrats signés entre les autorités grecques et de grandes entreprises privées étrangères ont entraîné une augmentation de la dette.

Il est tout à fait normal que la société se demande si les dettes contractées pour faire aboutir ces contrats sont frappées d’illégitimité, voire d’illégalité.

Enfin, la corruption entraîne une perte de confiance dans le gouvernement et les lois, ce qui a pour résultat que les gens cessent d’obéir et de respecter les lois.

Évidemment, si tu veux que le peuple est confiance au gouvernement, il doit prêcher par l’exemple, transparence et imputabilité rigoureuse sont de mises.

À quand notre enquête sur la construction, ou les financements des partis au Québec ?

Au départ l’État ne crée aucune richesse elle ne fait que la redistribuer, le travail au noir ou l’évasion fiscale est influencé selon 4 principaux facteurs.

1)      Des impôts trop régressifs

2)      Une iniquité de la distribution de la richesse

3)      Une mauvaise gestion des fonds publics

4)      La corruption

L’autorité statistique de la Grèce (EL.STAT) montre une croissance explosive du chômage enregistré. Le pourcentage de chômeurs inscrits a atteint 14,8% en décembre 2010, dépassant les prévisions du gouvernement et du FMI.

Normale, même si tu empêches la Grèce de faire défaut de paiement, les compagnies grecques ne seront pas plus compétitives, vérité de La Palice, mais nos politiciens oligarchiques refusent de voir l’évidence.

Selon le Professeur de l’Université Panteion et directeur scientifique de l’Institut du Travail GSEE/ADEDY Savvas Robolis, au cours de la dernière décennie, 850.000 Grecs ont déjà quitté leur pays.

En effet, comme il le dit : "Plus un employé potentiel est qualifié, plus il lui est possible de choisir de travailler dans un pays étranger plutôt qu’en Grèce" et, bien qu’ils envisagent leur retour, ils le reportent à cause des conditions instables dans leur pays.

Au Québec, depuis 1962, nous avons une migration interprovinciale négative, en moyenne on en perd 10,000 par année. Ce qui veut dire que depuis plus de 49 ans, nous avons plus de Québécois (formés et éduqués) qui sont partis du Québec, que ceux qui sont rentrés.

Remarqué, je peux les comprendre avec la situation financière qui se dessine dans le futur et des impôts actuels du Québec, ils peuvent avoir de sérieuses questions sur l’existence même de rester au Québec.

Un jour ou l'autre, le Québec va être obligé d'équilibrer ces budgets, donc on n'aura pas le choix d'imposer des plans d'austérité, combien de Québécois, vont-ils voter avec leurs pieds ?

Pendant ce temps, les marchés restent prudents et continuent d’exprimer leur défiance quant à la capacité dela Grèce à rembourser sa dette. Mais la Grèce bénéficie de la solidarité de l’Europe. Les pays de la zone euro sont parvenus dans la nuit du vendredi 11 au samedi 12 mars à un accord sur l’adoucissement des conditions du plan d’aide à la Grèce, en acceptant la réduction du taux d’intérêt de ses prêts de 1% (4,2%, au lieu de 5,2% en moyenne) et l’allongement des délais de remboursement (sur 7,5 ans au lieu de 3).

Maintenant, c’est à la Grèce de montrer qu’elle est capable de prendre de vraies décisions politiques, de soutenir le peuple et de mettre en ordre le chaos qui domine afin de créer une économie viable et stable.

La seule façon sortir de l’Euro et redevient compétitif !

Par contre, le Québec a le même problème, nos compagnies sont peu compétitives par rapport aux compagnies avoisinantes (provinces ou États américains, par contre sortir du Canada n’est pas une solution envisageable).