1. Une classe moyenne tiré vers le bas

Cahier spécial : Croissances et inégalités dues à la mondialisation

Classe moyenne

On sait tout le flou qui entoure cette notion de « français moyen » ou des « classes moyennes ». Il n’en demeure pas moins que ce groupe social intermédiaire – ni riche, ni pauvre - a constitué et constitue encore le modèle social de la croissance écono­mique. Il est donc important de le préserver car il est la base de la prospérité. C’est la majorité qui tire la consommation et non les oligarchies.

La concurrence totale

Un modèle de croissance qui s’appuierait d’abord sur l’exportation pour rechercher des excédents comme le font l’Allemagne et la Chine n’est pas durable. Les excédents d’un pays vont, en effet, avec les déficits des autres. C’est la croissance basée d’abord sur la consommation in­terne de la classe moyenne majoritaire ainsi que sur «l’État providence» qui a produit les richesses des “trente glorieuses“. Le libertarisme économique a cassé ce capita­lisme rhénan de progrès pour tous sur un territoire donné et a promu la concurrence totale du capital, désormais déconnecté du travail et de l’entreprise, pour chercher la meilleure rémunération possible. La prospérité par l’ouverture totale mondiale des marchés est alors devenue la lutte de tous contre tous, du travail contre le travail, du travail contre le capital, enfin du capital contre le travail qui l’a pourtant généré.

Endettement

La crise financière qui a éclaté aux États-Unis est l’aboutissement de cette logique où la finance l’a emporté sur l’économie et où la classe moyenne n’a maintenu son niveau de vie que par l’endettement. La politique, de l’offre pour les riches et du moins d’im­pôts pour les milliardaires, initiée par monsieur Reagan, a surtout conduit aux bulles financières. Ce ne sont pas les investissements dans l’entreprise qui ont porté l’emploi mais des bulles spéculatives avec une économie financière absorbant les plus-values du travail.

Le pouvoir d’achat

Cette mise en concurrence générale fut aussi masquée par le recours croissant à des politiques publiques de redistribution sociale. Mais la rupture insidieuse dans les mécanismes de prospérité s’est bien produite. Le pouvoir d’achat s’est mis à stagner et même à régresser pour une partie croissante de la po­pulation. La raison de ce mouvement est liée à une limitation des revenus, principa­lement salariés, dans la répartition de la valeur ajoutée et, surtout à des dépenses de plus en plus contraintes, parmi lesquelles figurent, en bonne place, celles de logement et de transport.

Une baisse réelle de la qualité de vie

Pour contrebalancer ces évolutions, les ménages ont travaillé plus avec l’entrée sur le marché du travail des femmes et, pour les couples, le passage à des semaines de 70 heures contre les 45 heures du père de famille de la génération précédente. Les 45 heures permettaient pourtant de “vivre“…

Notre pays dispose d’une épargne globale élevée, mais les ménages actifs de la classe moyenne sont, eux, de plus en plus endettés. Par ailleurs, face aux nouvelles pratiques de gestion des entreprises découlant d’une concurrence accrue, du modèle du « low cost/low price », et de la « création de valeur pour l’actionnaire », ils sont confrontés à la précarisation de leurs emplois. La sécurité est remise en cause, sans même avoir, en contrepartie, la flexibilité de pouvoir d’aller d’un emploi à un autre. La multiplica­tion des situations de stress en a résulté et, donc, une baisse réelle de la qualité de vie.

Ainsi en va-t-il de la nouvelle croissance pour nombre de ménages français appartenant à cette « classe moyenne », qui tend à se déliter et à se précariser.

Elle vit à crédit sur les générations futures, elle pense à ses enfants qui seront pris dans cette nouvelle jungle.


Table des matières

Pouvoir d'achat et conditions de vie dans la mondialisation

1. UNE CLASSE MOYENNE TIRÉ VERS LE BAS       

1.1 J’ai un pouvoir d’achat qui stagne et même un niveau de vie qui régresse

1.2 J’ai de plus en plus de dépenses contraintes

1.3 Je travaille plus car nous faisons la semaine de… 70 heures !

1.4 Je dépends d’un travail subventionné

1.5 Je suis stressé et dans une situation précaire

1.6 Vivre à crédit sur les générations à venir, est-ce un avenir ?

2. LES PSEUDO-GAGNANTS

2.1 J’ai cru à tort faire partie du « club des winners »

2.2 J’ai gagné comme consommateur… mais tout perdu comme producteur !

2.3 Je suis un cadre en pleine crise de sens            

2.4 Je suis un cadre ou un patron au bord de la crise de nerf

2.5 Je suis un père inquiet pour l’avenir et celui de mes enfants

2.6 Je profite à fond du système… mais jusqu’à quand ?

3. LES VRAIS PERDANTS

3.1 Je suis jeune et je ne peux pas faire de projet d’avenir

3.2 J’ai perdu mon emploi, mes indemnités fondent

3.3 Je suis un travailleur pauvre abonné aux emplois précaires

3.4 Je vis dans une famille nombreuse mais pauvre               

3.5 Je suis seul et je dois élever un ou des enfants

3.6 Pauvre, est-ce notre avenir ?

Le document original des auteurs (PDF) : Pouvoir d’achat et conditions de vie dans la mondialisation

Le document de Québec Droite (PDF) : Croissances et inégalités dues à la mondialisation