1.4 Je dépends d’un travail subventionné

Cahier spécial : Croissances et inégalités dues à la mondialisation

Un nombre croissant de Français occupe des emplois aidés, souvent mal payés et pré­caires.

Nous subventionnons massivement ces petits boulots dans le but de minimiser la destruction des emplois industriels et tertiaires associés qui sont le résultat d’une mondialisation dérégulée.

Concurrence déloyale des salaires

The average monthly income:

 

1.      for China workers rose 13% to $256.89 (1,690 yuan),

2.      in Ho Chi Minh City, Vietnam were about $100,

3.      they were $148 in Jakarta, Indonesia,

4.      and $47 in Dhaka, Bangladesh.

 

Source: How is the average salary of a Chinese?

Pourtant, cette mise en concurrence généralisée des travailleurs français avec ceux de pays émergents, en ne tenant compte que des parités monétaires - 80 % de sous-évaluation pour la Chine - et sans tenir compte des énormes disparités salariales et sociales, justifierait, en pure théorie libérale, l’établissement à nos frontières de droits compensatoires.

Libre-échangiste refusé

En refusant d’appliquer, par idéologie libre-échangiste, ces droits de douane qu’une juste concurrence exigerait, nous payons deux fois le manque de vé­rité dans l’échange économique.

Une première fois, nous privons le budget de droits de douane qui se chiffreraient, pour la seule Chine, à 200 milliards pour l’Union et à 25 milliards pour la France, pour respectivement 250 milliards et 32 milliards de biens importés en 2008.

Nous payons, une seconde fois, en intervenant sur le marché de l’emploi pour tenter désespérément de préserver l’emploi des travailleurs dont les entreprises ont été détruites par cette concurrence déloyale. Il s’agit cette fois-ci de 56 milliards de dépenses annuelles, et c’est sans compter sur les 172 milliards d’euros de tous les dispositifs dérogatoires, fiscaux et sociaux, applicables aux entreprises.

Libre-échange équitable

 

À moins de vouloir perdre notre niveau de vie, nous devons agir afin de neutraliser l'effet du déséquilibre salarial, en passant du libre-échange au libre-échange équitable.

 

Le président de Jarislowsky Fraser, Stephen A. Jarislowsky, serait en faveur d'une taxe sur les biens et marchandises, qui permettrait de rééquilibrer les différences salariales entre les pays.

Concrètement, un bien de consommation qui serait fabriqué en Chine ou en Inde - des pays où les salaires sont beaucoup plus bas que dans les pays occidentaux - se verrait taxé lorsque vendu ici, aux États-Unis ou en Europe par exemple. Cette taxe annulerait alors les économies réalisées par les entreprises en payant des salaires plus faibles.

 

« La solution, c'est de réaliser que le travail humain est une ressource comme une autre », a-t-il précisé.

 

Source : Libre-échange équitable, Janvier 2011

Cette façon de faire est bien entendu vouée à l’échec. Ces subventions ne dissuadent nullement nos entreprises de délocaliser leurs productions, et la plupart de ces emplois aidés sont créés dans le secteur tertiaire protégé, notamment dans le domaine des aides à la personne. Il ne s’agit donc pas de rétablir la compétitivité de nos industries mais de palier, amortir ou masquer le coût social de leur disparition progressive. Elles minimi­sent seulement l’envolée du chômage par la création de petits boulots subventionnés.

L’industrie manufacturière est la colonne vertébrale de ton économie

Pour combien de temps encore ? Pas éternellement en tout cas, car faute de matière à taxer en raison des fermetures d’usines… l’État n’aura, in fine, plus les moyens de subventionner des emplois. Faut-il le rappeler, l’industrie est en grande partie à la base des services. Les services complètent l’activité industrielle et sont rendus nécessaires et possibles par elle. C’est une fiction de croire qu’une économie reposant sur les seuls services – en particulier de redistribution - pourra continuer à se payer des biens in­dustriels produits à l’autre bout du monde.

Délocalisation

On ne délocalise plus pour faire simplement du profit, mais pour faire le maximum de profit, on constate que des compagnies qui sont saines financièrement se délocalisent pour maximiser le rendement de leurs actionnaires.

 

Source : Deuxième facteur : le libre-échange

Endettement

Dès à présent, ce déséquilibre de la balance commerciale est d’ailleurs financé par l’endettement :

1.      l’endettement des ménages, comme aux États-Unis pour maintenir artificiellement un niveau de vie mais aussi,

2.      l’endettement public, comme c’est le cas en France.

Concurrence déloyale

En raison de la concurrence déloyale mécaniquement induite par la mon­dialisation dérégulée, la survie d’un nombre croissant de Français tient à des emplois subventionnés en tirant des traites sur les générations à venir. Car ses dettes devront tôt ou tard être remboursées ou diluées dans l’inflation qui vole surtout le petit épar­gnant. Qui peut croire qu’un tel système puisse mener à la prospérité ni même ga­rantir notre niveau de vie ?

En réalité, il assure aujourd’hui les profits indécents d’une petite oligarchie financière mais cause la ruine de tous ceux qui vivaient jadis décem­ment d’emplois réellement productifs.


Table des matières

Pouvoir d'achat et conditions de vie dans la mondialisation

1. UNE CLASSE MOYENNE TIRÉ VERS LE BAS        

1.1 J’ai un pouvoir d’achat qui stagne et même un niveau de vie qui régresse

1.2 J’ai de plus en plus de dépenses contraintes

1.3 Je travaille plus car nous faisons la semaine de… 70 heures !

1.4 Je dépends d’un travail subventionné

1.5 Je suis stressé et dans une situation précaire

1.6 Vivre à crédit sur les générations à venir, est-ce un avenir ?

2. LES PSEUDO-GAGNANTS

2.1 J’ai cru à tort faire partie du « club des winners »

2.2 J’ai gagné comme consommateur… mais tout perdu comme producteur !

2.3 Je suis un cadre en pleine crise de sens            

2.4 Je suis un cadre ou un patron au bord de la crise de nerf

2.5 Je suis un père inquiet pour l’avenir et celui de mes enfants

2.6 Je profite à fond du système… mais jusqu’à quand ?

3. LES VRAIS PERDANTS

3.1 Je suis jeune et je ne peux pas faire de projet d’avenir

3.2 J’ai perdu mon emploi, mes indemnités fondent

3.3 Je suis un travailleur pauvre abonné aux emplois précaires

3.4 Je vis dans une famille nombreuse mais pauvre               

3.5 Je suis seul et je dois élever un ou des enfants

3.6 Pauvre, est-ce notre avenir ?

Le document original des auteurs (PDF) : Pouvoir d’achat et conditions de vie dans la mondialisation

Le document de Québec Droite (PDF) : Croissances et inégalités dues à la mondialisation