2. Les pseudo-gagnants

Cahier spécial : Croissances et inégalités dues à la mondialisation

Il y a bien sûr des gagnants ! Ceux qui sont bien placés pour tirer profit de la mondiali­sation dérégulée. L’ouverture généralisée des frontières leur permet, en effet, d’aller cher­cher les meilleures rémunérations possibles pour leurs capitaux sans considération des hommes qui les ont produits, ignorant avec les hommes également les territoires, ou­bliant ainsi leur patrie. Ils tirent ainsi profit d’une concurrence faussée car inique.

La vraie concurrence compare ce qui est comparable ; elle se refuse de mettre en concurrence la rémunération du travail protégé avec le travail sans protection. Elle ne fait pas un choix explicite pour la régression sociale, chez nous, mais aussi dans ces pays émergents !

Dumping social

 

Cette ignorance et surtout la volonté de la cacher dénotent un pourrissement du débat et de l’intelligence, par le fait d’intérêts particuliers souvent liés à l’argent.

 

A l’efficacité économique du marché devrait

répondre la justice sociale de l’État.

 

Avoir oublié cela et avoir permis la neutralisation du contre-pouvoir étatique à la dictature, du marché a abouti à rétablir une tyrannie : Celle de l'argent roi, sans contre pouvoir, écrasant tout ce qui ne permet pas son rendement au maximum, notamment la justice sociale.

 

Il est clair que l'ouvrier des pays modernes est, en situation de concurrence totalement déloyale face à l'ouvrier chinois, dénué de protection sociale et sous-payée, cela est accentué par l'effet multiplicateur du yuan sous-évalué.

Nos élites oligarchiques

La prime à la compétence n’est pas en cause. Elle a toujours existé et elle se justifie : les élites sont indispensables à la prospérité. La compétence doit, cependant, rester au service du bien commun, c’est-à-dire de la production de richesses économiques et sociales pour tous. Moralement, ces élites ne peuvent prétendre s’extraire du reste de la société par une sorte de droit divin qui ferait que l’ensemble de la société devrait leur payer tribut. Le tribut, ce sont ces rémunérations hors normes qu’elles revendiquent et se font attribuer sans autre justification que leur place dans ce jeu de massacre.

Obscene

 

Mr Cable told the Andrew Marr Show he was unhappy at the expected scale of bonuses, despite the government's calls for restraint.

 

"These are extraordinarily large bonuses which most people cannot understand," he said.

 

"The banks are ultimately underwritten by the state, they effectively have a state guarantee. That's what makes the enormous payments so offensive."

 

The comments were echoed by the Archbishop of York, Dr John Sentamu, who described the payments as "obscene" and said the government must show a "bit more guts" in dealing with the banks.

 

"For heaven's sake the government ought to do something more tougher about it," he said.

 

"Somebody has got to have a little bit of conviction that these banks can't simply luxuriate themselves on the backs of the poor and other people while the rest of us are having a tough time."

 

Source: UK Big bank bonus

Les mercernaires

Mais, s’ils peuvent faire fortune, gagnent-ils vraiment à tous les coups, les promoteurs du système actuel et les mercenaires (ex : nos politiciens) qui, à leur service, organisent mondialement la répartition du travail, donnant à fabriquer là où les coûts sont les plus faibles pour re­vendre au plus cher, valorisant au maximum, au passage, leurs propres capitaux ou ceux qui leur sont confiés ? Ne sont-ils pas aussi, ces happy few, des esclaves d’un système ?

Mis à part cette minorité, la plupart d’entre nous ont aussi cru, à un moment ou à un autre, faire partie du club des gagnants de la mondialisation.

a)      Les catégories les moins protégées ont vite compris, cependant, ce qui les attendait.

b)      Puis vinrent les cadres, car la fable, qui consistait à faire croire que ces emplois perdus allaient être remplacés par de nouveaux emplois dans les hautes technologies et la nouvelle société de service et de loi­sir, est en train de finir en tragédie.

Transferts technologiques

 

Par ailleurs, le niveau de scolarité de plus en plus élevé des pays émergents, menace notre supériorité technique, également affaiblie par la perte des activités manufacturières.

 

Or l’on constate que la délocalisation concerne désormais également des emplois qualifiés. C’est ainsi que les activités de recherche-développement des entreprises font désormais également l’objet de délocalisations.

 

En termes clairs, les compagnies  à fortes teneurs technologiques se délocalisent pour réduire les salaires des employés que les pays industriels ne lui permettent pas d’accomplir.

 

On pourrait comprendre leur décision si la compagnie était déficitaire, que la productivité était faible et que la compétition internationale était trop forte. Or, il n’en est rien.

 

La délocalisation vers le Tiers-monde n’a qu’un objectif : Utiliser la faiblesse de la masse salariale.

c)      Enfin, les vrais chefs d’entreprises – singulièrement des PME - ont également subi de plein fouet les conséquences de la concurrence dé­loyale.

Comme les sondages le montrent, ces derniers sont, en effet, une grande majorité à essayer de lutter contre les effets de cette concurrence, refusant de laisser disparaître leurs entreprises, leurs salariés, leurs territoires et leurs histoires communes…

Les constructeurs craignent le libre-échange

 

Les dirigeants de l'industrie canadienne de l'automobile veulent qu'Ottawa mette un frein aux pourparlers de libre-échange avec l'Union européenne et la Corée du Sud.

 

L'industrie serait menacée par la force du dollar et la compétition croissante de pays où les coûts de production sont moindres, comme le Mexique.

 

Source : Les constructeurs craignent le libre-échange

Et pour finir, ces pseudo-gagnants sont inquiets pour l’avenir de leurs enfants ; non seulement ils ne veulent pas leur laisser que des dettes et des petits boulots, mais ils craignent pour eux une panne de l’ascenseur social et même les risque d’un « déclas­sement ». Cette inquiétude est justifiée.


Table des matières

Pouvoir d'achat et conditions de vie dans la mondialisation

1. UNE CLASSE MOYENNE TIRÉ VERS LE BAS        

1.1 J’ai un pouvoir d’achat qui stagne et même un niveau de vie qui régresse

1.2 J’ai de plus en plus de dépenses contraintes

1.3 Je travaille plus car nous faisons la semaine de… 70 heures !

1.4 Je dépends d’un travail subventionné

1.5 Je suis stressé et dans une situation précaire

1.6 Vivre à crédit sur les générations à venir, est-ce un avenir ?

2. LES PSEUDO-GAGNANTS

2.1 J’ai cru à tort faire partie du « club des winners »

2.2 J’ai gagné comme consommateur… mais tout perdu comme producteur !

2.3 Je suis un cadre en pleine crise de sens            

2.4 Je suis un cadre ou un patron au bord de la crise de nerf

2.5 Je suis un père inquiet pour l’avenir et celui de mes enfants

2.6 Je profite à fond du système… mais jusqu’à quand ?

3. LES VRAIS PERDANTS

3.1 Je suis jeune et je ne peux pas faire de projet d’avenir

3.2 J’ai perdu mon emploi, mes indemnités fondent

3.3 Je suis un travailleur pauvre abonné aux emplois précaires

3.4 Je vis dans une famille nombreuse mais pauvre               

3.5 Je suis seul et je dois élever un ou des enfants

3.6 Pauvre, est-ce notre avenir ?

Le document original des auteurs (PDF) : Pouvoir d’achat et conditions de vie dans la mondialisation

Le document de Québec Droite (PDF) : Croissances et inégalités dues à la mondialisation