3.3 Je suis un travailleur pauvre abonné aux emplois précaires

Cahier spécial : Croissances et inégalités dues à la mondialisation

Dans la France soumise à la mondialisation dérégulée, travailler ne protège plus de la pauvreté. Certes et heureusement, les personnes actives (actifs occupés ou cherchant un emploi) ont un niveau de vie supérieur à celui des inactifs, mais seulement de 10 %.

Par­mi les ménages qui ont un emploi soit

·         57 % sur 26,7 millions de ménages

·         37,4 % sont pauvres monétairement,

·         54,8 % sont pauvres en conditions de vie et

·         35,7 % cumulent ces deux conditions.

L’emploi paupérisant

Si on regarde non pas les ménages mais les personnes, elles sont près de 2 millions de personnes actives occupées vivant au-dessous du seuil de pauvreté. L’extension de ce que l’on appelle « l’emploi paupérisant » est donc devenue, depuis une dizaine d’années, le principal facteur d’aggravation de la pauvreté.

En effet, la dégradation de l’emploi ne se limite pas à la seule explosion du chômage. « L’ensemble du marché du travail paraît déséquilibré, écrit Louis Maurin.

En 2007, 3 millions d’actifs, soit 13 % des salariés, disposaient d’un statut précaire – intérim, CDD ou contrat d’apprentissage. Ceci sans comptabiliser les indépendants, dont toute une partie peu favorisée vit aussi dans des conditions de grande instabilité.

La valeur pour l’actionnaire

Pour comprendre ce phénomène massif, il nous faut revenir sur les mécanismes fon­damentalement pervers liés au modèle de « la valeur pour l’actionnaire ». Ce modèle a servi de moteur à la reprise de la croissance après les crises du début des années 80 et s’est traduit, d’un coté, par la mise en place du « low cost » et, de l’autre, par la mon­dialisation « libertarienne ».

C’est cet ensemble qui, avec son cortège de moins disant social et de moins disant fiscal, triomphe aujourd’hui en toute impunité et porte en lui, pour un pays comme la France, une destruction massive d’emplois industriels et, surtout, une dégradation étendue de la qualité des emplois. Bref, c’est à lui que l’on doit une partie importante de la destruction des bases de la production de richesse en France : un travail convenablement rémunéré par la vente de ses produits.

Cost killers

En effet, dans cette logique de compétitivité élargie et de recherche d’économies, les managers qui font prime sur le marché sont des « cost killers ». Ils s’appuient pour cela sur deux mécanismes centraux.

1.      D’une part, un ajustement continuel des coûts de la main-d’oeuvre, en externalisant de plus en plus d’activités et en réduisant ainsi la part des coûts salariaux fixes pour les emplois restants (emplois à durée indéterminée avec des rémunérations fixes) est mis en place.

2.      D’autre part, il est procédé à une élimination de la main-d’oeuvre jugée non compétitive et des emplois dont la contribution à de la production de valeur est également jugée insuffisante. Il en résulte une disparition des « petits boulots », qui se situaient, autrefois, à la périphérie des processus productifs, accessibles donc à des personnes peu qualifiés, et l’apparition de nouveaux « petits boulots » mais cette fois au coeur des processus productifs.

Ces derniers sont offerts à des travailleurs plus compétents, qui espèrent, à travers eux, accéder à des empois stables et à plein temps, mais dont les espérances se voient singulièrement réduites. En effet, ces nouveaux emplois précaires sont régulièrement maintenus, voire étendus par le management contemporain, au nom de flexibilité et de la mobilité.


Corporate Profits Soaring Thanks to Record Unemployment

 

The global recession increased unemployment in every country, but the American experience is unparalleled. According to a July OECD report, the U.S. accounted for half of all job losses among the 31 richest countries from 2007 to mid-2010.

 

Corporate Profits Soaring Thanks to Record Unemployment

 

The private sector has not only been the chief source of massive dislocation in the labor market, but it is also a beneficiary. Over the past two years, productivity has soared while unit labor costs have plummeted. By imposing layoffs and wage concessions, U.S. companies are supplying their own demand for a tractable labor market.

 

Aside from job fairs, large corporations have been conspicuously absent from the tepid jobs recovery. But they are leading the profit recovery. Part of the reason is the expansion of overseas sales, but the profit recovery is primarily coming off the backs of American workers.

 

Conservative analysts seized on the report as proof of President Obama’s agenda to redistribute wealth from, in their words, those ‘pulling the cart’ to those ‘simply riding in it’.

 

Their accusation withstands the evidence—only it’s corporate executives and wealthy investors enjoying the free ride.

 

Corporate executives have found a simple formula: the less they contribute to the economy, the more they keep for themselves and shareholders.

 

The Fed’s Flow of Funds reveals corporate profits represented a near record 11.2% of national income in the second quarter.

 

Non-financial companies have amassed nearly two-trillion in cash, representing 11% of total assets, a sixty year high. Companies have not deployed the cash on hiring as weak demand and excess capacity plague most industries.

 

Companies invested roughly $262 billion in equipment and software investment in the third quarter. That compares with nearly $80 billion in share buybacks.

 

Source: Corporate Profits Soaring Thanks to Record Unemployment, Février 2011


 

Men are disappearing from the workplace in ways that don't always register on the official unemployment rate

 

Behind the headlines, though, statistics on jobs are far less encouraging. Yes, job growth has picked up somewhat. Yet an equally important reason for the lower jobless rate is that many people, men in particular, have simply given up looking for work and are no longer counted among the unemployed. Some sit at home. Some have become homeless. Rather than paying taxes on labor income, they are drawing government benefits, or relying on family and friends for support.

 

Economists are concerned that the recovery will extend an ominous trend of disengagement for male workers that stretches back six decades.

 

The share of American men aged 16 to 64 who are employed has fallen in a sawtooth pattern, from nearly 85 percent in the early 1950s to less than 65 percent now.

US Decades & Progress

As the chart above shows, the rate falls steeply in recessions and does not get back to its previous high in recoveries. (Women's employment-to-population ratio has trended higher over the years.)

 

The downward ratchet for men could be more severe this time because the slump has been worse. "I'm quite worried," says David Autor, an economist at the Massachusetts Institute of Technology.

 

Absence from the labor market is bad for men, their families, the economy, and government finances, says Autor. "It's really a significant concern for a whole host of reasons," he says.

 

Source: The Hidden Job Crisis for American Men



Table des matières

Pouvoir d'achat et conditions de vie dans la mondialisation

1. UNE CLASSE MOYENNE TIRÉ VERS LE BAS        

1.1 J’ai un pouvoir d’achat qui stagne et même un niveau de vie qui régresse

1.2 J’ai de plus en plus de dépenses contraintes

1.3 Je travaille plus car nous faisons la semaine de… 70 heures !

1.4 Je dépends d’un travail subventionné

1.5 Je suis stressé et dans une situation précaire

1.6 Vivre à crédit sur les générations à venir, est-ce un avenir ?

2. LES PSEUDO-GAGNANTS

2.1 J’ai cru à tort faire partie du « club des winners »

2.2 J’ai gagné comme consommateur… mais tout perdu comme producteur !

2.3 Je suis un cadre en pleine crise de sens            

2.4 Je suis un cadre ou un patron au bord de la crise de nerf

2.5 Je suis un père inquiet pour l’avenir et celui de mes enfants

2.6 Je profite à fond du système… mais jusqu’à quand ?

3. LES VRAIS PERDANTS

3.1 Je suis jeune et je ne peux pas faire de projet d’avenir

3.2 J’ai perdu mon emploi, mes indemnités fondent

3.3 Je suis un travailleur pauvre abonné aux emplois précaires

3.4 Je vis dans une famille nombreuse mais pauvre               

3.5 Je suis seul et je dois élever un ou des enfants

3.6 Pauvre, est-ce notre avenir ?

Le document original des auteurs (PDF) : Pouvoir d’achat et conditions de vie dans la mondialisation

Le document de Québec Droite (PDF) : Croissances et inégalités dues à la mondialisation