Démocratie syndicale

J’ai examiné les commentaires des blogueurs dans différents journaux sur la position de l’ADQ :

·         que les syndicats parlent aux noms de leurs syndiqués sans mandat

·         et qu’il faudrait instaurer une plus grande démocratie dans la gestion syndicale.

Il semble avoir une forte majorité de syndiqués sont tout à fait d’accord avec la position de l’ADQ, j’ai révélé le même phénomène dans le Journal de Montréal et rue Frontenac.

Voici, un article du Devoir, lisez les commentaires des blogueurs.


Extrait de : Tirs croisés entre la CSN et l'ADQ, Stéphane Baillargeon, Le Devoir, 16 mai 2011

Claudette Carbonneau profite du congrès de la centrale pour faire son bilan

La CSN et l'ADQ ont profité de leurs congrès respectifs ce week-end pour se tirer dessus à lourds boulets. Samedi, à Trois-Rivières, le chef Gérard Deltell de l'Action démocratique du Québec a reproché aux grandes centrales syndicales de s'écarter de leur raison d'être fondamentale, soit la défense des travailleurs. «Ils parlent de tout et de rien, sans mandat, au nom des Québécoises et des Québécois», a-t-il dit.

Hier, à Montréal, à l'ouverture de son propre congrès, la présidente sortante de la Confédération des syndicats nationaux a lié cette tentative de «bâillon» aux excès des pays totalitaires. «C'est une attaque en règle contre la liberté d'association et d'expression», a dit Claudette Carbonneau. «[...] C'est une attaque en règle contre les syndicats et uniquement eux. Le conseil du patronat et l'Institut économique de Montréal passent leur vie à se prononcer sur toutes sortes de sujets à connotation sociale qui dépassent leur champ de préoccupations immédiates et là on fait la sourde oreille.»

M. Deltell a répliqué en disant que sa formation démocratique n'avait pas à accepter de tels griefs. Sur le ton de l'ironie, il a ensuite souligné la retraite prochaine de Mme Carbonneau en l'invitant à rejoindre son prédécesseur Gérald Larose qui a fait une sortie très critiquée pendant la dernière campagne électorale. Les délégués ont applaudi aux remarques en plus d'avaliser des propositions pour réduire les privilèges et le pouvoir syndical au Québec.

Sous le signe du renouveau

Mme Carbonneau quittera ses hautes fonctions à la fin du congrès, vendredi. L'heure des bilans sonne donc pour la présidente, après trois mandats, alors que la CSN célèbre le 90e anniversaire de sa fondation. Elle ne s'est pas gênée pour en rajouter en jugeant les enjeux syndicaux, mais aussi sociopolitiques auxquels fait face son organisation.

«Ce congrès sous le signe du renouveau s'ouvre dans le contexte d'une montée de la droite, vocale et envahissante», a-t-elle dit aux journalistes, peu avant l'ouverture officielle du congrès. «On a voulu proposer un pacte social, simple à mémoriser, autour de trois grandes thématiques: l'avenir et le renouvellement du syndicalisme, la lutte aux inégalités et la nécessité de se doter d'un nouveau modèle de développement économique durable qui redonne sa place au secteur manufacturier dans nos sociétés.»

Elle-même se dit fière de quelques luttes fondamentales menées sous sa direction. Elle parle du recul du gouvernement Charest, première mouture, arrivé au pouvoir en 2003 avec un plan de «réingénierie» de l'État qui a finalement fait chou blanc. Elle cite les batailles pour syndiquer les garderies, étendre les congés parentaux et favoriser l'équité salariale.

«Tout cela découle de lois, note la présidente. Mais les parlements ne se réveillent pas un jour en se demandant ce qu'ils pourraient faire de plus progressiste que la société civile ne leur a jamais demandé.»

Parmi les échecs et les dossiers pénibles de ses neuf années de présidence, Claudette Carbonneau cite les décrets dans la fonction publique, la crise dans le secteur du papier et le récent conflit au Journal de Montréal terminé après deux ans de lutte sur une perte sèche d'un emploi sur quatre.

«Personne ne peut être heureux du résultat. [...] Sur le Journal de Montréal, c'est malheur de malheur à l'exemple de plein d'autres luttes qui jalonnent le mouvement syndical. À chaque fois que se présente le couple maudit, le résultat est assez malheureux. Ce couple maudit, c'est un employeur retors et un État qui se fait complice d'un rapport de forces complètement débalancé.»

La syndicaliste a rappelé des cas passés, la grève de l'amiante en 1949 ou celle du manoir Richelieu dans les années 1980. Le conflit au Journal de Montréal a notamment perduré parce que le Code du travail autorise le télétravail de remplacement.

La CSN attend 2000 délégués à son 63e congrès régulier de la CSN. Le remplaçant de Mme Carbonneau sera connu jeudi et entrera officiellement en fonction le lendemain. Tout laisse croire qu'il s'agira de Louis Roy, premier vice-président de la Confédération depuis 2002, pour l'instant le seul candidat déclaré. Il s'était déjà présenté à la tête de l'organisation contre Marc Laviolette en 1999. M. Roy a commencé sa carrière dans les services de santé, au CLSC Hochelaga-Maisonneuve.


Les blogueurs :

Jean-Pierre Lusignan, lundi 16 mai 2011 06h55

La CSN et la démocratie

Selon moi, les seules personnes ayant droit de votre à un congrès devraient être les représentants des syndicats élus: eux seuls représentents les membres. Plus il y a de conseillers syndicaux et de représentants des fédérations et conseils centraux présents sur le plancher du congrès et votants, plus on privilégie leurs intérêts.

André Michaud, lundi 16 mai 2011 08h38

Défi de démocratie pour la CSN

Je défi le prochain pape de la CSN (président de centrale) de se faire élire par LES MEMBRES après ENFIN de VRAIS DÉBATS sur quel type de syndicalisme veulent LES MEMBRES..!!! .au lieu de faire comme dans la religion catholique et que ce soit les évêques (présidents de section) qui votent pour le pape (président centrale) SANS CONSULTER LES MEMBRES!

La CSN fonctionne de façon archaique et paternaliste exactement comme le clergé catholique!!! Comment peut-on appeler cela de la démocratie du XXI sciècle? La CSN est ultra passéiste et dépassée..

Le MÉPRIS des membres doit cesser! Cette attitude des boss syndicaux de se considérer comme le berger du troupeau d'inconscients que seraient les membre doit disparaître...LAISSONS DÉCIDER ENFIN LES MEMBRES au lieu de toujours parler à leur place SANS LES CONSULTER!!

Quel politicien aura assez de courage pour forcer les syndicats à enfin respecter leur membres ? Mes 35 ans de syndiqués dont plusieurs comme délégué syndical m'ont profondément dégouté du type de syndicalisme ultra paternaliste qui se pratique au Québec.

 Jacques Saint-Cyr, lundi 16 mai 2011 08h37

L'avant - garde ouvrière

L'ADQ a raison, on ne peut pas dire n'importe quoi, surtout en prétendant le faire au nom de tous ses membres. Aujourd'hui, Mme Carbonneau nous promet un monde totalitaire, il y a trois ou quatre ans, lors du débat sur la Loi 45 (anti-briseurs de grève), elle nous promettait, si la Loi était votée telle quelle, un "Québec à feu et à sang". Cela m'avait scandalisé.

Les mots peuvent tuer la démocratie. À force de créer des "enragés" dans notre société, qui se convainquent qu'ils vivent sous un gouvernement illégitime, que tous les politiciens sont véreux et que les méchants patrons complotent sans cesse contre leur bien-être, on retrouve une population encline à croire le premier mégalomane venu.

Madame Carbonneau joue les apprentis-sorciers.

Lise Moga, lundi 16 mai 2011 08h54

Les travailleurs refilés au second rang dans l'agenda "politique" des centrales syndicales.

"l'Action démocratique du Québec a reproché aux grandes centrales syndicales de s'écarter de leur raison d'être fondamentale, soit la défense des travailleurs. «Ils parlent de tout et de rien, sans mandat, au nom des Québécoises et des Québécois»"

En effet, les centrales syndicales croient parler au nom des québécois dont elles n'ont aucune conscience de leur diversité d'opinion et elles oublient leur responsabilité première qui est de travailler au mieux-être de leurs membres dont elles devraient connaître leurs intérêts. En 1982 et en 1997, elles n'ont pas hésité à réduire leurs membres en commettants, au service de leur idéologie nationaliste. Cette dérive a fait vivre bien des effets négatifs à leurs adhérents... effets qui continuent de se faire sentir en 2011.

Si la montée de la droite est devenue envahissante pour Mme Carbonneau, qu'en est-il pour leurs membres, des diktats de la pensée gauchiste à laquelle ils ont été subordonnés, pendant ces années? Que Mme Carbonneau se consacre maintenant ouvertement à "sa liberté d'association et d'expression" et les travailleurs y gagneront en considération.

Denis Provencher, lundi 16 mai 2011 11h24

CSN et économie

La CSN a tellement fait mal a l'économie des régions au Québec. Ses conseillers syndicaux ont longtemps fantasmé avec le marxisme léninisme. Ils ont voyagé dans les congrès des syndicats du Bloc de l est, a l insu de leurs membres. Shawinigan, entre autres, est une ville morte, merci a Michel Chartrand et ses vaillants successeurs. Pendant ce temps la, la ville jumelle de Hamilton en Ontario est devenue une grande métropole alors que les eux étaient semblables dans les années 50: mêmes usines, mêmes compagnies. Bizarre, n'est-ce pas? La CSN, c est le virus dont le Québec n'a pas et n'a jamais eu besoin. M. Deltell, vous ne serez jamais assez dur envers la CSN.

André Michaud, lundi 16 mai 2011 11h36

@ Michel Simard

Donc selon vous la CSN ne vaut pas plus que le parti Libéral et n'est pas plus démocratique. Soit, mais alors pourquoi les boss syndicaux donnent des leçons de démocratie à M. Charest?

Qui a peur de la volonté des membres dans la CSN?

Pourquoi ne pas laisser les membres décider de quel type de syndicalisme ILS veulent?

Par ce que les boss syndicaux savent que les membres ne choisiraient pas le syndicalisme de lutte de classe à la communiste qu'ils pratiquent.

Il IMPOSENT donc aux membres LEUR idéologie et se prétendent défenseur de la démocratie !!! Et après ils sont surpris que peu de membres vont aux assemblées arrangées à l'avance ou il n'y a jamais de VÉRITABLES débats. Comme délégué et militant j'ai amené plein de membres aux assemblées pour les faire participer. Mais à chaque fois qu'un membre osait penser autrement que les boss syndicaux, et proposer autre chose, il était toujours hors d'ordre, ou on avait discuté de cela dans un congrès 10 ans auparavant etc...aucun débat possible. Mes conversations avec les boss syndicaux laissaient clairement voir leur mépris des membres qu'ils considèrent comme des inconscients , un troupeau ayant besoin de leur bergers syndicaux..

Le syndicalisme comme la religion catholique sont partis de bonnes intentions pour devenir des bureaucraties dirigés par des prétentieux, très très loin de la volonté des membres!

rene lefebvre, lundi 16 mai 2011 16h22

Les intérêts financiers des travailleurs.

D'abord professeur, je suis devenu un "travailleur de l'enseignement" avec l'Alliance des professeurs qui a été poursuivi en recours collectif par des parents d'élèves pour grève illégale et a dû payer de fortes amandes. En même temps, Teachers, en Ontario investissait des millions dans des entreprises rentables plutôt que de faire de la politique marxiste au nom des travailleurs. C'est ça voir au meilleur intérêt de ceux et celles qui paient les cotisations syndicales, voir à leur enrichissement, pas en faisant de la politique. C'est là un mandat que les membres des syndicats québécois ne leur ont jamais donné.

Grâce aux syndicats, les travailleurs québécois ont fait des avancées vraiment profitables. Cependant, on dirait que certains dirigeants syndicaux ont perdu le contact avec les travailleurs de la base et vivent en vase clos, avec compte de dépenses genre bar ouvert. J'aimerais voir ceux et celles qui dirigent les syndicats québécois retourner à l'école et faire les cours d'économie 101, investissement 101, gestion de portefeuilles 101, etc. Les intérêts des travailleurs sont aussi financiers, et il n'y a pas de mal à s'enrichir, au contraire.

Georges Paquet, lundi 16 mai 2011 16h42

Quand la cotisation est obligatoire

Il me semble que dans la mesure ou l'appartenance et la cotisation à une centrale syndicale sont obligatoires, dans une Usine ou dans un Bureau en particulier, cette même centrale syndicale ne peut pas s'arroger le droit de prendre une position politique au nom de ces membres sans les avoir consultés précisément sur cette question.