Pouvoir d'achat et conditions de vie dans la mondialisation

Cahier spécial : Croissances et inégalités dues à la mondialisation

J’ai décidé de faire un résumé de deux ouvrages de l’Institut Capec, car les enjeux et les effets de la mondialisation sont tous identiques dans tous les pays industriels modernes.

Le premier, consacrée au pouvoir d’achat et aux conditions de vie dans la mondialisation s’attache à faire le bilan économique et social réel de vingt années de dérégulation tous azimuts.

J’ai ajouté des graphiques et différents articles pour avoir une saveur nord-américaine à l’ouvrage, vous pouvez consulter l’œuvre original sur ce lien :  Télécharger le tome 1

Le second tome, intitulée “la rigueur et la relance par une autre consommation“ présente, dans un deuxième temps, les solutions envisageables. Car, contrairement à ce que prétendent les tenants de la mondialisation dérégulée, il y a bien une alternative au système mortifère actuel.

Ces deux tomes constituent donc, conjointement, des oeuvres d’espérance et des appels à l’action. Après la crise, viendra nécessairement le temps de la refondation !


Pouvoir d'achat et conditions de vie dans la mondialisation

De manière plus systémique, que les chocs pétroliers des années 70/80, la crise financière des années 2008/2010 s’est abattue sur les économies du monde. Propageant ses ondes de chocs à partir de son épicentre newyorkais, elle fait trembler sur ses bases un ordre établi dont on vantait les mérites : ceux d’une prospérité prolongée grâce au foisonnement des innovations technologiques, à l’ouverture planétaire des marchés et à l’abondance des ressources financières dans un monde désormais sans frontières. La chute du mur de Berlin et la conversion de la Chine à l’économie de marché nous faisaient penser que “tout est possible“.

Ainsi le monde économique et politique se tenaient la main et se projetaient avec euphorie dans un avenir, certes concurrentiel, où il faudrait se battre pour tenir sa place, mais où la prospérité serait assurée pour un Occident qui avait, lui-même, fixé les règles du nouvel ordre mondial. Grâce à la mondialisation, la société de consommation serait « boostée » par les petits prix des productions délocalisées et la « démocratie mondiale de marché » donnerait, par le pouvoir d’achat, une plus grande liberté. Accroître le pouvoir d’achat des uns tout en donnant du travail aux autres par des avantages comparatifs mondiaux libérés, telle était la base, désormais chancelante, du credo des vingt dernières années.

Dans le premier ouvrage de sa collection « je veux comprendre », le CAPEC avait pointé du doigt toutes les perversions de cet idéal « libertarien » révélées par la crise financière. L’inversion des valeurs la résumait :

Désormais les hommes travaillent pour l’économie
et l’économie travaille pour la finance.

Cette finance aurait pu avoir des scrupules. Mais il n’en a rien été. L’économie, fonctionne désormais sans normes sociales et morales et la soif du gain, improprement appelée « création de valeur », norme le monde. Fort de sa capacité réelle « d’influence » auprès des politiques, le monde planétaire de la finance a su, ainsi, fabriquer, massivement à son profit, un leurre qui a normé la société et qui a admirablement fonctionné jusqu’à ce que le réel fasse son retour fracassant sous la forme de la crise que nous connaissons. Et ce n’est pas fini !

Nous savons maintenant qui a payé l’addition de la crise financière. Il y a, certes, eu des dépréciations d’actifs réels ou financiers, mais il y a surtout eu une mobilisation des finances publiques pour sauver le système. Cette mobilisation creusa les déficits publics pour diminuer la dépression économique causée par la crise financière.

Quant au système financier, il continua et continue encore à prospérer comme jamais en spéculant cette fois sur les dettes des Etats et sur les monnaies mises à mal par la crise tout en laissant, comme d’habitude, le risque final aux Banques Centrales et à la société. La question se pose désormais de savoir comment sortir de cette nouvelle situation porteuse d’une nouvelle crise à venir, ayant fait passer tous les pays du subprime privé au subprime public.

Nos finances publiques se dégradent

Cette interrogation générale se présente avec une acuité particulière pour un pays comme la France. Nos finances publiques se dégradent. Notre déficit public, lié à notre tradition colbertiste mais aussi de solidarité sociale, devient difficilement soutenable.

En effet, la crise a amplifié :

1.      la diminution des recettes résultant,

2.      d’une part, de la délocalisation de nos richesses et,

3.      d’autre part, de la diminution des taux en raison de la concurrence fiscale et sociale européenne.

Les prélèvements sociaux, particulièrement élevés chez nous, conduisent, dans ce monde ouvert, à une dégradation de notre compétitivité sur tous les marchés, marché européen compris. Cycle infernal : cette situation accroît le processus de destruction des richesses.

Dans ce contexte, les marges de manoeuvres des politiques publiques sont d’autant plus réduites que nous avons abandonné aux institutions européennes une grande partie de nos attributs de souveraineté économique et financière : fixation des parités monétaires, politiques industrielles et commerciales, contrôles des changes, etc.

Les décideurs politiques français sont ainsi pris en tenaille entre, d’un côté, notre vieux colbertisme d’Etat accompagné, après-guerre, du paritarisme social et de l’autre, la disparition des instruments de politique économique indissociables de ce modèle. Si l’on ajoute à cela le carcan que constitue l’actuel fonctionnement de « l’économie monde », on réalise qu’ils se retrouvent devant une équation impossible à résoudre sans une rupture avec les paradigmes de la mondialisation libertarienne.

La situation sociale exige cette rupture

En effet, notre pays perd peu à peu son homogénéité et se fragilise. Avec une classe moyenne qui s’appauvrit, des pauvres plus nombreux et des riches de plus en plus riches, il prend la forme d’un sablier. C’est, là aussi, une conséquence de la mondialisation dérégulée. Nous n’arrivons pas à contrôler ou contrecarrer économiquement les effets pervers du dogme libre-échangiste appliqué sans discernement. Bien sûr, le corps social résiste. Il refuse d’abandonner le pacte de solidarité d’après guerre pour s’aligner sur les moins disant sociaux des pays émergents. Mais, faute d’aboutir à une remise en cause des règles du commerce international, cette résistance contribue paradoxalement à nous fragiliser encore davantage face à nos redoutables concurrents.

Cette situation rend difficile les politiques traditionnelles de « relance par le pouvoir d’achat ». En effet, ces politiques amplifieraient nos déficits commerciaux et budgétaires. Même si l’on fermait nos frontières de manière sélective, à l’échelle européenne par exemple, il faudrait du temps pour reconstituer une base industrielle perdue, souvent une génération. Dès lors, que faire ? Et comment organiser la nécessaire transition vers une économie plus juste au niveau international ?

Tout à fait d’accord avec l’auteur, recréer une compétitivité
peut prendre des décennies.

C’est à la présentation de ces analyses et propositions qu’est consacré ce second ouvrage du CAPEC, décliné en deux publications. La première, consacrée au pouvoir d’achat et aux conditions de vie dans la mondialisation s’attache à faire le bilan économique et social réel de vingt années de dérégulation tous azimuts. La seconde publication, intitulée “la rigueur, le pouvoir d’achat et la relance par une autre consommation“ présente, dans un deuxième temps, les solutions envisageables. Car, contrairement à ce que prétendent les tenants de la mondialisation dérégulée, il y a bien une alternative au système mortifère actuel. Ces deux publications constituent donc, conjointement, des oeuvres d’espérance et des appels à l’action. Après la crise, viendra nécessairement le temps de la refondation !


Table des matières

Pouvoir d'achat et conditions de vie dans la mondialisation

1. UNE CLASSE MOYENNE TIRÉ VERS LE BAS        

1.1 J’ai un pouvoir d’achat qui stagne et même un niveau de vie qui régresse

1.2 J’ai de plus en plus de dépenses contraintes

1.3 Je travaille plus car nous faisons la semaine de… 70 heures !

1.4 Je dépends d’un travail subventionné

1.5 Je suis stressé et dans une situation précaire

1.6 Vivre à crédit sur les générations à venir, est-ce un avenir ?

2. LES PSEUDO-GAGNANTS

2.1 J’ai cru à tort faire partie du « club des winners »

2.2 J’ai gagné comme consommateur… mais tout perdu comme producteur !

2.3 Je suis un cadre en pleine crise de sens            

2.4 Je suis un cadre ou un patron au bord de la crise de nerf

2.5 Je suis un père inquiet pour l’avenir et celui de mes enfants

2.6 Je profite à fond du système… mais jusqu’à quand ?

3. LES VRAIS PERDANTS

3.1 Je suis jeune et je ne peux pas faire de projet d’avenir

3.2 J’ai perdu mon emploi, mes indemnités fondent

3.3 Je suis un travailleur pauvre abonné aux emplois précaires

3.4 Je vis dans une famille nombreuse mais pauvre               

3.5 Je suis seul et je dois élever un ou des enfants

3.6 Pauvre, est-ce notre avenir ?

Le document original des auteurs (PDF) : Pouvoir d’achat et conditions de vie dans la mondialisation

Le document de Québec Droite (PDF) : Croissances et inégalités dues à la mondialisation