Taxe de solidarité intergénérationnelle & injustice du RRQ

Rien de nouveau dans ce texte sur le RRQ, la dernière phrase est par contre très révélatrice.


Extrait de : L’injustice de la Régie des rentes du Québec, Caroline Pailliez, Argent, 16 mai 2011

Le retard de Québec à augmenter les taux de cotisation à la Régie des rentes du Québec (RRQ) aura entraîné une véritable iniquité intergénérationnelle, estime Yves Trudel, professeur à l’Université de Sherbrooke.

« Les citoyens qui ont pris leur retraite dans les années 1970 ont connu un taux de rendement nettement supérieur à celui des citoyens qui prennent leur retraite actuellement », déclare-t-il, lors du congrès de l’Association francophone pour le savoir (ACFAS). Selon le chercheur, ces personnes ont cotisé durant une très courte période de temps et ont bénéficié de prestations très généreuses.

« Les intentions étaient honorables à l’époque. La pauvreté parmi les personnes âgées était bien plus problématique que maintenant. Le gouvernement a souhaité suppléer au manque de revenu en donnant des prestations plus importantes », explique-t-il.

La Régie des rentes du Québec est entrée en fonction en 1966. Le taux de cotisation de l’époque, à partager entre employeur et employé, était de 3,6%. Il n’a commencé à augmenter qu’au début des années 1990, pour culminer à 9,9% en 2003.

«Si nous n’augmentons pas les taux, la Régie sera incapable de payer les prestations en 2039. Les taux vont donc devoir encore se hausser à 10,80% dès 2017. Mais, ces taux seront très souvent recalculés, précise M. Trudel. La performance des investissements de la Régie et le profil démographique dicteront les règles. »

En fait, celui qui dit qu’il suffit d’augmenter les cotisations à 10.80 % pour régler le problème du sous-financement est foncièrement optimiste, il ne faut pas oublier que ces projections sont basées sur des rendements de marché de 7 % à 8 %, dans l’état actuel de l’économique mondiale, il faut être un sérieux devin pour en connaitre l’issue.  

Selon le professeur, la Régie a très tôt suggéré aux politiciens d’augmenter les taux pour pallier le manque de fonds. Parce que cette mesure est très impopulaire, ceux-ci auraient décidé de faire la sourde oreille. « Or, plus les taux de cotisation augmentent tard, plus la réserve se détériore et plus le taux de rendement diminue. »

Investir pour soi-même?

Certains actuaires s’insurgent contre une hausse des taux de cotisation de la Régie des rentes. « Plutôt que d’augmenter les taux, le gouvernement devrait laisser les citoyens investir là ou c’est profitable », réplique Jean-François Robert, actuaire et chargé de cours à l’Université de Sherbrooke.

Selon l’actuaire, cotiser à la Régie des rentes est bien moins avantageux que de placer cet argent dans un CELI, notamment à cause de l’imposition des prestations.

« C’est sûr que la hausse des taux de cotisation présente de nombreux désavantages. Comme la cotisation se partage entre les employeurs et les employés, cela réduit notamment la compétitivité des entreprises », ajoute M. Trudel.

« Nous n’avons, cependant, par le choix que d’en arriver là, conclut le professeur Trudel,

ne serait-ce que pour payer les prestations actuelles. »

Donc, vous ne cotisez pas pour vous, mais pour ceux qui n’ont pas assez payé.


Une solution que je vous suggère :

La taxe de solidarité intergénérationnelle

Une taxe sur les retraites dorées du secteur public ce que certains pays d’Europe ont instaurés.

On estime à plus de 400,000 prestataires qui sont à la retraite sous des régimes du secteur public au sens large (fonction publique, entreprise d’État, ex-employés municipaux).

Si on soutire une moyenne de 1500$ chacun, ce qui rapporterait plus de 600 millions de dollars, ce montant sera transféré directement dans le RRQ, les effets :

1.     Réduiraient ainsi les hausses de cotisations.

2.     Réduirait l’effet négatif de la baisse de compétitivité des entreprises, car l’entreprise paie 50-50 avec l’employé.

3.     Réduirait l’écart d’iniquité de distribution de richesse entre le privé et le secteur public et les futures générations.