Aide sociale: la situation des immigrants se détériore à Montréal

Extrait de : Aide sociale: la situation des immigrants se détériore à Montréal, André Dubuc, La Presse, 14 avril 2011


(Montréal) Les personnes nées à l'extérieur du Canada représentent 47% des adultes touchant une aide de dernier recours, selon les statistiques du ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale de janvier 2011. Cette proportion dépasse 56% lorsqu'on regarde l'aide sociale versée aux personnes aptes au travail.

Que les personnes immigrantes soient surreprésentées à l'aide sociale n'est en soi ni surprenant ni nouveau.

Une chronique du journaliste Claude Picher soulignait le phénomène... en juillet 2005. À l'époque, les immigrants constituaient 44,3% des prestataires d'aide de dernier recours; la proportion est montée progressivement à 47% en 2009, et elle se maintient à ce niveau depuis. En janvier 2011, 125 287 adultes touchaient une aide de dernier recours à Montréal, dont 59 228 étaient nées à l'extérieur du pays. La population de l'île de Montréal est composée à 30% de personnes immigrantes, selon le recensement de 2006.

Le gouvernement distingue l'aide de dernier recours en deux catégories:

1.      l'aide sociale, pour les personnes aptes au travail, sans contrainte ou avec contraintes légères, et la solidarité sociale, destinée aux personnes inaptes au travail

2.      avec des contraintes sévères à l'emploi.

Dans la catégorie des personnes aptes au travail, les immigrants représentent 56% des adultes prestataires de l'aide sociale. La proportion était de 53% en 2007.

Assistés sociaux instruits

Une étude confidentielle du ministère de l'Immigration dont La Presse a fait état en 2009 concluait que l'aide sociale est une mesure de transition pour les immigrants de la catégorie dite des travailleurs qualifiés. La moitié s'en affranchissent moins d'un an après y être entrés. Tout de même, 20% des demandeurs d'aide sociale en reçoivent toujours trois ans plus tard. L'étude soulignait en outre que près de 8 immigrants sur 10 à l'aide sociale ont fait des études postsecondaires, tout le contraire du portrait des «natifs» à l'aide sociale, dont les trois quarts n'ont pas dépassé le secondaire.

Toujours selon cette étude, 78% des Algériens, 60% des Marocains et 55% des Roumains passent par l'aide sociale durant leur première année au pays. Les Chinois et les Français sont 5% ou moins à faire pareil.

1 Montréalais sur 10 vit de l'aide sociale

Par ailleurs, les statistiques de janvier dernier indiquent que le nombre de prestataires est en baisse avec la reprise économique, sans toutefois être redescendu au niveau d'avant la crise. On dénombrait 176 256 adultes et enfants prestataires d'aide de dernier recours à Montréal en janvier 2011, comparativement à 178 576, en janvier 2010, et 175 422, en janvier 2009. Au Québec, leur nombre atteignait 488 405 au premier mois de l'année.

Le tiers des assistés sociaux du Québec habitent l'île de Montréal.

Dix pour cent des personnes de moins de 65 ans vivent de l'aide sociale, la plus forte proportion des 17 régions du Québec. Le Nord-du-Québec et Chaudière-Appalaches sont les deux régions les moins dépendantes de l'aide dernier recours


Lectures complémentaires :

25/03/11

Plan d'Immigration: Intégration positive et réduction des volumes d'immigration, intégration positive et réduction des volumes d'immigration, mais accroissement de la proportion francophone, 1 x livre.

27/02/11

Pourquoi l'immigration ne sauvera pas le Québec, il est vrai que les nouveaux arrivants peuvent rajeunir la population puisque leur âge moyen est inférieur à la moyenne. Mais l'effet est marginal, calculent les démographes. Or, penser que les immigrants vont occuper ces postes est simpliste, soulignent les auteurs, 1 x livre + 1 x graphique.