Le Québec marchand à l’assaut du monde


Extrait de : Le Québec marchand à l’assaut du monde, Caroline Pailliez, Argent, 6 juin 2011

Les entreprises québécoises se lancent à la conquête des marchés planétaires, mais pour réussir, elles doivent trouver leur créneau.

«Les commerces qui souhaitent s’implanter à l’étranger doivent avant tout comprendre les besoins de la clientèle locale et apporter quelque chose de nouveau. Cela passe par un analyse approfondie du marché», déclare Richard Blain, directeur associé chez Secor et spécialiste du commerce de détail.

Dans un jardin, lui, a trouvé ses niches : les produits de soins pour bébés et une gamme de spa. «Il faut trouver quatre ou cinq marchés porteurs mondialement avant de se lancer, explique Eric Arminjon, vice-président marketing de Dans un jardin. Cela nous a pris quatre ans.»

Le plus gros joueur de produits de beauté au Québec compte 60 magasins dans la province et près de 350 points de vente. Mais, ce n’est pas par cette formule qu’il compte s’exporter.

«À l’extérieur du Québec, nous entendons seulement multiplier les points de ventes. Nos recherches ont démontré que les clients achetaient bien plus facilement les produits de soin lorsqu’ils étaient dans des pharmacies que lorsqu’ils devaient se déplacer en magasin», explique M. Arminjon.

«Nous économisons ainsi beaucoup d’argent. C’est plus facile de rentabiliser une gamme qu’un magasin», continue-t-il.

Dans un jardin n’est pour l’instant installé qu’au Canada. Mais d’ici quelques semaines, l’entreprise investie les marchés européens, américains ou encore asiatiques. «Nous développons tous ces marchés en même temps», précise-t-il.

M. Arminjon ne doute pas de son succès. «Les Européens, notamment, seront très sensibles à notre gamme de produits pour bébés. Nous sommes pratiquement les seuls sur le marché».

Être fidèle à soi-même

Pour réussir, le Groupe Dynamite, qui possède notamment la marque Le Garage, suit fidèlement sa ligne de conduite. «Nous ne nous distinguons pas par des marchés de niche mais par notre localisation», affirme Laurence Fostein, directrice du développement des affaires du Groupe Dynamite.

«Avant de nous implanter dans un pays, nous analysons soigneusement le marché. Nous repérons le centre commercial le plus performant et l’espace le plus avantageux», explique-t-elle.

La bannière québécoise a ouvert près 15 magasins Le Garage aux États-Unis, deux aux Émirats Arabes Unis et un au Qatar, depuis 2007.

«On nous a proposé d’ouvrir bien plus de magasins mais les offres ne correspondaient pas à nos critères de localisation», continue Mme Fostein.

Aujourd’hui, la cible, c’est le Moyen-Orient. «Nos franchises au Moyen-Orient connaissent un franc succès, précise Mme Fostein. Nous allons bientôt ouvrir en Arabie Saoudite.»

Le boom du Moyen-Orient

Garage n’est pas la seule marque québécoise à s’exporter au Moyen-Orient. La vie en rose, le magasin de lingerie québécois possèdent 25 de ses 54 points de vente internationaux en Arabie saoudite. La bannière a ouvert en janvier dernier une boutique au Kazakhstan et vise maintenant l’Algérie, la Russie et l’Amérique du Sud.

«Le marché au Moyen-Orient est en plein boom, explique Mme Fostein de Dynamite. La Burqa n’est pas obligatoire dans tous les pays arabes. Mais même où c’est le cas, la demande est très importante.»

«En public, les femmes sont souvent habillées de noir, mais en privé, elles souhaitent suivre la mode. Or, les jeunes femmes de 16 ans écoutent la même musique et regardent les mêmes films que les occidentales grâce à Internet. Elles aspirent donc au même code vestimentaire», continue-t-elle.

La dirigeante de Dynamite déclare admirer l’expansion d’Aldo. Le vendeur de chaussures, champion de l’internationalisation, est implanté dans 66 pays et il compte bien continuer sur sa lancée avec sa nouvelle enseigne, locale.