Banques européennes : nous sommes passés du déni au mensonge

Les commentaires des blogueurs sont intéressants.


Extrait de : Les stress tests des banques européennes constituent un faux, George Ugeux, Le monde.fr,16 juillet 2011

On croit rêver.

Ainsi, il ne manque que 2,5 milliards d’euros répartis entre neuf banques européennes pour leur permettre de faire face à une situation économique plus grave. Bref, pas de quoi fouetter un chat. Ce sont des montants de pacotilles.

Ainsi, seulement quelques « petites » banques grecques (2), espagnoles (5), autrichienne (1) et allemande (1)  ont des manques de fonds propres et les autres se portent bien alors qu’aujourd'hui plusieurs d’entre elles ne sont plus capables d’emprunter sur les marchés des capitaux à des taux concurrentiels. Les banques portugaises qui viennent de perdre trois niveaux de notation vont très bien, merci. Il en va de même des banques irlandaises.

Ainsi, l’Europe a autorisé la Hessische Landesbank à ne pas faire connaître ses chiffres –qui ne peuvent être que très mauvais- parce que le Land de Hesse n’aime pas de se voir déculotter en public pour mauvaise gestion ou pire. Helaba est la seule banque allemande dans le lot des banques en déficit de fonds propres.

Et on espère sincèrement que nous allons gober cela ?

L’Europe vient de franchir un pas dangereux pour sa crédibilité : si au cours des premiers stress tests il y a deux ans elle avait refusé de voir la situation en face, l’Autorité Bancaire Européenne annonçait des tests plus sévères. Aujourd’hui, alors que la situation est infiniment plus grave elle a accepté de camoufler une situation infiniment dangereuse pour  une partie de son système bancaire.

Les chiffres ? Il ne s'agit évidemment pas de 2,5 milliards d’euros : l’encours de la dette sur les trois pays les plus menacés –Portugal, Grèce et Irlande- représentent environ 100 milliards d’euro pour les seules banques européennes, et au moins le même montant pour la Banque Centrale Européenne. L’amortissement à la valeur réelle de ces encours représenterait une charge de 50 à 70 milliards d’euros qu’on se refuse même à tester. Le lobby bancaire est passé par là.

Ce faisant, l’Europe vient de franchir un pas décisif dans la crise. Pour tenter désespérément de camoufler le coût de son indécision, elle vient de commettre un faux :

les stress tests ne tiennent même pas compte des pertes de valeur actuelles, moins encore, d’une détérioration probable de la situation.

Alors que l’Italie et l’Espagne entrent dans une phase critique qui pourrait en entraîner d’autres,  on ne tient même pas compte des 300 milliards d’euros détenus par les banques européennes sur ces deux pays.

Pour camoufler leur incompétence et leur manque de courage, les instances européennes viennent de commettre un faux. Si l’une des banques qui se porte bien venait à faire faillite, l’Europe risque d’être poursuivie pour faux en écritures.

C’est une génération entière de complicités de dirigeants européens qui vient de passer au mensonge pour tenter désespérément de camoufler les conséquences catastrophiques de leur inaction.

Les agences de notation en perdent la raison, mais la culpabilité se situe à la Commission Européenne et auprès des Chefs d’Etat, de gouvernement et des Gouverneurs de Banques Centrales de l’Eurozone.

Les pays qui ont récemment rejoint l’Union sont, à juste titre, outrés de voir que ceux qui leur ont fait la vie dure pour les accepter en leur sein se sont comportés comme des gestionnaires irresponsables. La même critique dépasse largement les frontières de l’Europe où se situent des  créanciers importants.

Les commentaires ne se sont pas fait attendre : ce résultat, selon le Financial Times, jette un doute sur une « exercice qui n’est pas assez dur pour restaurer la confiance des investisseurs dans le système financier de l’Eurozone ». Et de conclure que « l’Union Européenne a failli à ses propres tests ».

Il aurait mieux valu ne rien faire que de se livrer à des stress tests qui jettent encore plus le discrédit sur les dirigeants européens. Ce faisant ils jouent avec le feu alors que la contagion a commencé à montrer le bout de l’oreille. Les investisseurs ne s’y sont pas trompés. Les actions des banques européennes sont en baisse et lundi matin, réveillés de cet exercice de malhonnêteté caractérisée, ils devraient massivement vendre des titres souverains et des actions et obligations de banques européennes.

L’ ABE ne se rend même pas compte du ridicule de son affirmation qui justifie ces tests non-stressés comme un « moyen de pression sur vingt banques à effectuer des augmentations de fonds propres ».  Cette affirmation accuse l’ABE de prolonger le déni des tests d’il y a deux ans. Pas de référence à l’impact global de la crise de l’Eurozone. Nous savons pourtant que le « rééchelonnement » de la dette grecque a elle seule imposera des charges aux banques européennes. Cette quasi-certitude ne fait même pas partie des scenarios inclus dans les tests.

Nous sommes passés du déni au mensonge


Rédigé par : Georges Ugeux | le 17 juillet 2011

Les mesures d’austérité peuvent être modérer: par exemple sortez toutes vos économies des banques, achetez des pièces d’or et d’argent. J’ai acheté une pièce d’or il y a trois ans, je viens de la revendre a trois fois le prix! Bien sur l’or na pas augmenter mais c’est nos billets de banque qui ont déprécier…

C’est ca l’inflation.

Rédigé par : george | le 16 juillet 2011

Très bonne analyse mais il ne faut pas effrayer les gens, plutôt leur expliquer comment s’extirper de ce marecage? recuperer vos économies acheter des pièces d’or des pièces d’argent, des marchandises, planter des fruits et legumes dans son jardin etc…préparer un plan de survie. Plus utile, plus pratique?

Rédigé par : Oomu | le 16 juillet 2011

la dimenssion morale? quelle moralite es-ce de faire payer 15 a 25 fois le pret? mais non il sagit d’immoralite.

Les banques sucent le sang de leurs victimes (les citoyens). C;est peut etre legal mais c’est absolument immoral, la bible interdit l’USURE (droit canon) a ses fideles pour de bonne raison. En fait le vatican n’a rendu licite l’usure qu’en 1917, de depuis les pauvres gens perdent leurs economies, leurs maisons… Alors vous voyez cela n’a rien avoir avec les populations (greques ou italiens etc…) qui ne travaillent pas etc.. la vraie etiologie c’est l’abrogation des loi divines et biblique et rendre licite (ce qui est illicite) le pret a interet ou l’usure.

Rédigé par : Paul lo Pofre | le 16 juillet 2011

A titre d’exemple, Paul, les banques portugaises ont des encours sur la dette portugaise equivalant leurs fonds propres: en d’autres termes, si opn avait vraiment teste la baisse des obligations souveraines, elles seraient en faillite. On a simplement decide de ne pas tester ce risque.

Rédigé par : Nicolas | le 16 juillet 2011

ce que je veux dire, c’est qu’aujourd’hui le capitalisme ne profite plus exactement aux mêmes bénéficiaires, par une sorte de retournement ( http://calebirri.unblog.fr/2010/06/27/le-retournement-du-capitalisme/ ) qui inverse le jeu financier : les pays « émergents » deviennent des pays « émergés » fortement compétitifs qui acquièrent petit à petit des droits sociaux, tandis que les pays « développés » devenus moins compétitifs sont en train de rogner sur leurs « acquis sociaux » pour redevenir compétitifs. Cet état de fait a été camouflé pendant longtemps par des chiffres « arrangeants », mais les mensonges ne tiennent plus face à la réalité objective : les « grandes puissances » de toujours sont en train de perdre leur pouvoir de domination sur les autres, et n’ont d’autres solutions que de se séparer du capitalisme pour le conserver. Maintenant, à savoir si ce sera par la guerre ou par la diplomatie, par la ruse ou par la force… je n’en sais rien. Mais tout porte à croire que les choses ne pourront rester ainsi.

Et c’est bien là que doivent intervenir les peuples : s’ils veulent une « troisième voie », ils leur faudra tout réinventer : http://calebirri.unblog.fr/2011/02/23/les-solutions-existent-elles-passent-par-la-creation-dune-assemblee-constituante/

Rédigé par : Caleb Irri | le 16 juillet 2011

J’ai lu votre commentaire en dessous mais, pour je ne sais quelle raison, il n’y a pas le bouton « répondre » alors je réponds au dessus.

Je vois ce que vous voulez dire. Permettez-moi cependant de nuancer certains de vos propos : vous évoquez la perte d’acquis sociaux dans les pays développés. Vous parlez des 35h ? (je pense qu’il y a là matière à débat) Vous parlez de la baisse du nombre de fonctionnaires ? (n’avait-il pas augmenté de manière déraisonnable sous la gauche ?) Vous parlez alors sûrement de l’allongement de la retraite et de l’augmentation du coût de la santé ? Mais n’est-ce pas logique du fait de l’allongement de l’espérance de vie ? (un phénomène mondial). Dans les ajustements réalisés en France, je ne vois que du bon sens (sauf qd le gouvernement continue à accuser les 35h de tous les maux alors qu’il est au pouvoir depuis 4 ans) et les principaux acquis sociaux : 5 semaines de congé payé, congé parental, sécurité sociale, existence de forces de l’ordre, droit du travail, sont toujours là. D’autres acquis font même leur apparition comme l’allongement du congé paternité ou l’union officielle désormais autorisé entre homosexuels. Certains vont même, selon moi, trop loin comme par exemple le fait qu’on exige désormais des entreprises qu’elles puissent garantir l’absence de stress chez leurs salariés (je ne vois pas comment c’est possible).

            Vous passez rapidement sur l’acquisition de droits sociaux dans les pays émergents/émergés. Mais cette acquisition est pour l’heure fortement freinée en Chine où les gens sont avant tout considérés comme des robots propres à seulement travailler et dormir. Le gouvernement et son armée surveillent ça de près.

            Vous qui – je crois le comprendre – chérissez la démocratie devriez vous inquiéter du fait que la Chine signe des accords économiques renforcés avec des pays comme l’Iran.

            La tension éclatera à mon avis à ce niveau : dans le fait que le gouvernement chinois pense pouvoir tout gagner en ne misant que sur l’argent et en faisant fi de l’éthique (contrevenant ainsi à la grande histoire de la Chine).

            Quant au « pouvoir de domination » que les Occidentaux souhaiteraient conserver, je crois que vous exagérez. Si vous regardez bien, les gouvernements ne cherchent pour l’essentiel qu’à donner du travail à leurs administrés. Ils seraient – je pense – ravis s’ils pouvaient le faire tout en constatant que le plein emploi se propage à l’ensemble de la planète.

            PS : votre idée de questionnaire est assez sympa, je la garde en mémoire (sans ironie)


Extrait de: Ten banks may fail today’s stress tests,FT,  By Patrick Jenkins and Brooke Masters in London, July 14, 2011

The publication of European banks’ stress test results today could lead to a wave of distressed debt deals, according to investment bankers and restructuring experts.

The results of the stress tests – due at 5pm UK time – are expected to see about 10 of the 91 banks tested fall short of having the required 5 per cent core tier one capital, including a clutch of four smaller Spanish savings banks and as many as three Greek banks. Germany’s Helaba withdrew from the process on Wednesday following a dispute about its quality of capital, and is expected to publish its own results separately.

There will also be intense focus on the disclosure of banks’ sovereign debt holdings, particularly their eurozone exposure. Both elements could potentially prove market-moving for the banks involved.

But bankers believe that an additional disclosure requirement, relating to previously unpublished details of banks’ credit exposures – to other financial institutions, corporate borrowers and mortgage borrowers, all on a country-by-country basis – could trigger approaches for credit portfolios from specialist buyers.

“This is potentially game-changing,” said one person involved in the test exercise.

“If you are an investment bank trying to restructure other people’s legacy assets, this kind of information is hugely valuable.”

Graham Martin, corporate finance partner at KPMG, said there would be a particular “strategic opportunity” in the geographic disclosures. “Our challenge is to match investors with opportunities,” he said.

A financial services banker at a global bank said the new disclosures would be particularly welcome in relation to banks that are not listed and therefore do not normally have to make as much information public.

One of the big surprises of the financial crisis has been the dearth of portfolio acquisitions by distressed debt specialists, but dealmakers say this is partly due to insufficient data and a persistent mismatch of price expectations between buyers and sellers.

Some banks fear the credit exposure disclosures could be incendiary. On Monday, Germany’s Central Credit Committee, or ZKA – an umbrella trade body of the country’s banks – warned that the test’s disclosure requirements could prompt “targeted speculation” against certain banks.

Analysts dismiss such complaints. “Transparency is the whole purpose of this exercise,” said one London-based analyst. “How are you going to restore confidence in European banks without transparency?”

The German banks’ fears were “preposterous”, one banker said, adding that the additional information might help stabilise the markets for some hard-to-value assets.

Some banks and countries may yet withhold some of the information required as part of the stress test disclosures.

The board of supervisors of the European Banking Authority, which is conducting the test, held an all-day meeting on Thursday to discuss the results. According to people involved with the discussions, one of the issues for possible consideration was the extent to which the EBA should endorse results if banks in certain countries and their national supervisors had not fully accepted its proposed methodology.

Issues are thought to have arisen in about five countries, including Germany and Spain