Bombardier examine un projet de coentreprise en Chine

La technique facile des Chinois pour acquérir de la technologie étrangère, sans payer un sous.


Extrait de : Bombardier examine un projet de coentreprise en Chine, Sylvain Larocque, La Presse Canadienne, 14 juillet 2011

Le jour où Bombardier (T.BBD.B) construira des jets d'affaires en Chine n'est peut-être pas si loin.

Le journal hongkongais South China Morning Post a fait état plus tôt cette semaine d'un appel de propositions lancé par l'avionneur chinois AVIC pour la mise en place d'une coentreprise spécialisée dans la production d'avions d'affaires.

La Chine en quête de suprématie technologique

 

Leur objectif reste de sortir dès que possible de l’exportation à bas prix, car elles savent que la montée des coûts salariaux mais aussi celle du yuan, pour laquelle les États-Unis militent avec force, diminueront tôt ou tard leur compétitivité extérieure. Mieux vaut vendre des produits à forte valeur ajoutée, des voitures et des trains à grande vitesse, plutôt que des survêtements et des baskets !

 

Comment acquérir en un temps record des technologies que l’on ne maîtrise pas? Pendant des années, les Chinois ont fait l’éponge, apprenant au contact des entreprises internationales auxquelles ils ouvraient progressivement – mais jamais totalement – leurs marchés. «Les Chinois tolèrent les étrangers là où leur technologie est insuffisante, mais avec l’idée de s’en passer dès qu’ils le pourront, remarque Patrick Artus. Nous leur vendons des Airbus mais leur objectif, à terme, est de produire, voire d’exporter leurs propres avions!»

 

L’acquisition de technologies étrangères se notamment fait via des joint venture sino-étrangères et des demandes de formation technico-industrielle à l'occasion de la signature d’un contrat.

 

Source : La Chine en quête de suprématie technologique

 

À la fin juin, la publication spécialisée Corporate Jet Investor évoquait également la démarche entreprise par AVIC, en précisant qu'outre Bombardier, trois autres entreprises y prenaient part: les américains Cessna et Hawker Beechcraft ainsi qu'Israel Aerospace Industries.

Le français Dassault et le brésilien Embraer auraient présenté des propositions, mais les auraient retirées, alors que l'américain Gulfstream n'aurait pas soumissionné.

Il faut dire qu'en avril, Embraer a convenu avec AVIC de convertir leur usine conjointe de Harbin pour y assembler des jets d'affaires Legacy. Jusque-là, l'usine construisait des biréacteurs régionaux ERJ-145 de 50 places, pour laquelle la demande a presque disparu.

Selon Corporate Jet Investor, la nouvelle coentreprise serait détenue à au moins 51 pour cent par AVIC et serait établie à Chengdu, la capitale de la province du Sichuan, dans le centre-ouest de la Chine.

Bien sûr, ils prennent contrôle de la nouvelle usine.

Danielle Boudreau, porte-parole de Bombardier Avions d'affaires, a rappelé jeudi que l'entreprise montréalaise avait des liens étroits avec AVIC, mais n'a pas voulu confirmer que des pourparlers étaient en cours au sujet d'une coentreprise.

Une filiale d'AVIC, Shenyang Aircraft Corporation, fabrique le fuselage central de la nouvelle gamme d'avions commerciaux de 110 à 149 places de Bombardier, la CSeries.

Les gouvernements canadien et québécois ont donné des centaines de millions à Bombardier pour développer la C. Series, les Chinois très brillants, disent aux étrangers si tu veux notre marché, tu vas ouvrir une usine sur notre territoire, mais c'est nous qui en serons les propriétaires, conséquence, ils viennent d'avoir un beau transfert technologique, sans rien payer.

·         Les actionnaires de Bombardier sont bien contents.

·         Le peuple canadien et les Québécois se font arnaquer entre-temps.

L’art de détruire sa propre économie

Les analystes s'attendent à ce que le marché chinois de l'aviation d'affaires explose au cours des prochaines décennies. Les autorités allègent graduellement les restrictions sur l'utilisation de l'espace aérien chinois, ce qui devrait favoriser le développement de l'industrie.

Environ 120 jets d'affaires sont actuellement enregistrés en Chine continentale, alors qu'il n'y en avait aucun il y a à peine une dizaine d'années.

Plus tôt ce mois-ci, la division de location d'avions de la banque chinoise Minsheng a indiqué son intention de commander 50 jets Gulfstream, une affaire de 2,6 milliards $ US. Pour sa part, Bombardier a ouvert un bureau de vente en Chine.

L'action de Bombardier a clôturé à 6,46 $ jeudi, en baisse de 1,2 pour cent, à la Bourse de Toronto.