Inflation: les salaires ne suivront pas

Évidemment, la classe moyenne va écoper, additionner toutes augmentations de taxes que les gouvernements ont instaurées dans leurs budgets, vous suivez la tendance des pays industriels, vous allez devenir de plus en plus pauvres.

Belle perspective…


Extrait de : Inflation: les salaires ne suivront pas, Dominique Froment . les affaires.com . 26-07-2011

Les directeurs et vice-présidents ressources humaines du Québec s’attendent à ce que les augmentations de salaire au cours des deux à trois prochaines années soient inférieures à l’inflation.

«Nos membres craignent une diminution du pouvoir d’achat des travailleurs», affirme Florent Francoeur, président-directeur général de l'Ordre des conseillers en ressources humaines agréés, qui a réalisé une enquête auprès de 346 de ces membres à la fin de juin et au début de juillet.

Depuis octobre 2008, l’indice des prix à la consommation n’avait pas dépassé 2,6 % au Canada. Or, voilà qu’il se tient au-dessus de 3 % depuis mars dernier; en juin, il se situait à 3,1 %.

«Nos membres CRHA ne croient pas que les entreprises accepteront d’offrir des augmentations de salaire supérieures à 3 %», explique M. Francoeur.

Seulement 13,1 % des CRHA sondés entrevoient une hausse des salaires supérieure à l’inflation alors que 37,5 % anticipent une hausse inférieure à l’inflation.

Les employeurs sentent que la reprise est fragile. Les informations provenant de la Grèce, de l’Italie, de l’Espagne et même des États-Unis, auxquels on accole parfois le mot «faillite», les inquiètent. De plus, les chiffres encourageants sur la croissance au Canada sont un peu faussés par l’euphorie du secteur des ressources naturelles.

«Dans ce contexte, la grande majorité de nos membres ne voient comment les employeurs pourraient offrir plus de 3 % à leurs employés», ajoute M. Francoeur. Seul Mark J. Carney, gouverneur de la Banque du Canada, pourrait leur venir en aide en augmentant les taux d’intérêt pour ralentir l’inflation… Ce qui par contre pourrait faire augmenter leurs versements hypothécaires !

Par ailleurs, l’embauche devrait se maintenir. En effet, 40 % des CRHA sondés anticipent une augmentation du nombre d’employés au cours des trois prochains mois alors que seulement 3 % prévoient une diminution. Ce qui donne une différence de +37 % (40 – 3); les attentes d’embauche sont beaucoup plus élevées à Montréal (+46 %) qu’à Québec (+21 %).


Cet indicateur donne l’écart entre les augmentations de salaire prévues pour l’année à venir et l’inflation. Ainsi, les répondants expriment dans quelle mesure leur politique de rémunération va évoluer par rapport à la hausse des prix à la consommation observée depuis un an.

En moyenne, l’écart net entre les entreprises prévoyant des hausses salariales plus élevées et plus faibles que l’inflation s’établit à -24,4 %, ce qui indique qu’en moyenne, la rémunération pourrait diminuer en termes réels.

Ce résultat indique bien à quel point les professionnels de la gestion des ressources humaines sont attentifs à l’évolution économique. En effet, depuis la fin de 2010, l’inflation des douze derniers mois a fortement augmenté, passant de 1,1 % au début du premier trimestre 2011 à 2,2 %, puis à 3,2 % au cours des deux trimestres suivants.

Dans un tel contexte de hausse rapide des prix, ces réponses reflètent que, pour l’instant, les attentes de hausses salariales restent stables. À ce sujet, les petites entreprises comptent maintenir le pouvoir d’achat de leurs employés (+1 %), alors que les moyennes (-18 %) et grandes entreprises (-27 %) anticipent une baisse réelle de rémunération. Seul le secteur manufacturier s’attend à ce que les salaires grimpent plus rapidement que l’inflation (+12 %). Côté régional, aucune région n’exprime des attentes de hausses salariales supérieures à l’inflation, Québec et la Montérégie se démarquant par leur pessimisme (-50 % et -48 %, dans l’ordre).