Italie: le plan d'austérité définitivement adopté

Ce qui se passe en Italie, un jour ou l’autre le Québec devra y faire face.

On ne peut continuellement s’endetter de 9.1 milliards par année avec une dette publique de 228 milliards avec seulement 35 %  de la population qui paie des impôts et travaille dans le secteur privé avec le deuxième plus important problème démographique au monde.

Plus on attend, plus le calibre de la tronçonneuse va être élevé.


Extrait de : Italie: le plan d'austérité définitivement adopté, RSR.CH,  juillet 2011

La Chambre des députés italiens a donné vendredi le feu vert définitif à un plan d'austérité renforcé de près de 48 milliards d'euros afin d'éviter une contagion de la crise de la dette à l'Italie et mettre le pays à l'abri de l'attaque des marchés.

Après les sénateurs jeudi, les députés ont adopté au cours d'un vote de confiance ce plan qui doit permettre à l'Italie, dont l'énorme dette publique inquiète les marchés, de parvenir à un quasi-équilibre budgétaire en 2014, avec 316 voix pour, 284 contre et deux abstentions.

L'Italie, attaquée par les marchés depuis une semaine, se devait d'accélérer l'adoption de ce plan car une propagation de la crise de la dette au pays pourrait mettre à genoux toute la zone euro dont la Péninsule est la troisième économie.

Un plan contre les "pauvres"

Le plan d'austérité a cependant soulevé une tempête de protestations à l'intérieur du pays. "Ce plan est l'énième cochonnerie, il frappe les gens pauvres", a dénoncé vendredi dans une interview au Corriere della Sera Antonio Martino, ancien ministre de la Défense de Silvio Berlusconi. La présidente de l'organisation patronale Confindustria, Emma Marcegaglia, a pour sa part dénoncé un plan "fondé en substance sur une hausse des impôts".

L'Italie est prise pour cible par les marchés en raison de son énorme dette publique de 1900 milliards d'euros, représentant environ 120% du PIB, ce qui fait dangereusement grimper le coût de l'emprunt pour ce pays.

Parmi les mesures destinées à réduire le déficit figurent le lancement d'un plan de privatisations en 2013, l'introduction d'un ticket modérateur, le gel des salaires et des embauches des fonctionnaires, une sévère réduction des dotations des collectivités locales et des conditions plus sévères pour les retraites.

Nouveau sommet de la zone euro

La Banque d'Italie, qui a relevé légèrement ses prévisions de croissance pour 2011, de 0,9% à 1%, a estimé qu'une poursuite de la crise de la dette aurait un "coût considérable". "La très grosse dette publique reste le point le plus vulnérable de l'économie italienne, particulièrement dans ce climat de forte incertitude et de crainte des marchés", a souligné dans une interview à La Repubblica le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn.

Evoquant la possibilité d'un sommet extraordinaire des pays de la zone euro dans les prochains jours, Olli Rehn a assuré que "d'intenses négociations étaient en cours sur les mesures à prendre en faveur de la Grèce et pour éviter la contagion".

L'Allemagne s'est déclarée opposée vendredi à l'organisation à tout prix d'un sommet européen dans les prochains jours, Berlin jugeant que la réunion ne "fait sens" que si un programme d'aide concret pour la Grèce y est adopté.


Détails des mesures d'austérité

 

Fiscalité, administration, santé, retraites, train de vie des élus, privatisations: voici les principales mesures du plan d'austérité italien

FISCALITÉ:
- Réduction des déductions fiscales pour un montant de 20 milliards d'euros, ce qui représente près de la moitié du plan.

- Augmentation de la taxe sur les comptes titres (comptes bancaires sur lesquels sont placés actions et obligations) de plus de 50'000 euros.

- Augmentation de la taxation des bonus et des stock-options et de la taxe professionnelle pour les banques et les assurances.

ADMINISTRATION:
- Poursuite du gel des salaires et des embauches de fonctionnaires.

- Réduction des frais de fonctionnement des administrations après un passage en revue des dépenses afin de déterminer un niveau de dépenses "standard".

- Forte baisse des dotations des collectivités locales.

(Équivalent à réduire les transferts les transferts fédéraux aux provinces)

SANTÉ:
- Ticket modérateur sur les consultations de spécialistes et les analyses médicales.

RETRAITES:
- Entrée en vigueur en 2013, et non en 2015, d'une réforme déjà adoptée qui relève l'âge de départ en retraite en fonction de l'augmentation de l'espérance de vie.

- Augmentation progressive de l'âge de départ en retraite des femmes dans le privé de 60 à 65 ans à partir de 2020.

- Fin de l'indexation des retraites dont le montant est au moins cinq fois supérieur au niveau minimum.

- Contribution de solidarité prélevée sur les retraites supérieures à 90'000 euros (près de 104'000 francs) bruts par an.

( C’est une taxe sur la solidarité, on taxe les retraites dorées elle a déjà été implanté, ici on augmenta la taxe sur les retraites de plus de 90,000 euros.)

 
COÛT DE LA POLITIQUE:
- Limitation de la puissance des voitures de fonction et du recours aux avions d'Etat par les ministres.

- Réduction des rémunérations des élus au niveau moyen européen mais seulement à partir des prochaines élections.

PRIVATISATIONS:
- Définition d'un plan de privatisations en 2013.