La réalité économique

Quand j’ai examiné la dette publique du Québec, je suis tombé sur un article de Nathalie Elgrably, qui normalement a un bon jugement sur les différentes facettes de l’économie.

Par contre, pour cet article, je dois exprimer mon désaccord sur ces conclusions, je ferai des commentaires à l’intérieur de son article.


Extrait de : Les illettrés économiques, Nathalie Elgrably-Lévy, IEDM, Le Journal de Montréal, p. 25

Au fil des siècles, les pays traversent des périodes de prospérité et de marasme. De grandes puissances économiques deviennent des brebis galeuses, et vice-versa.

Le cas américain est éloquent. Comment expliquer qu'une économie qui a fait l'envie de toute la planète pendant des décennies connaisse maintenant des difficultés économiques aussi graves que persistantes?

Certes, on peut invoquer la bulle immobilière, l'endettement de Washington, la baisse de la valeur du dollar, etc. Bien que réels, ces phénomènes ne peuvent à eux seuls expliquer la débandade de l'économie américaine. Ils ne sont que l'expression flagrante d'un mal plus profond et largement répandu.

Dans plusieurs pays, mais particulièrement aux États-Unis, la plus grande tragédie n'est ni le chômage ni la récession, mais bien le fait d'être dirigé par un parfait illettré économique!

Barack Obama nous a récemment donné une preuve supplémentaire de son ignorance abyssale des principes économiques les plus élémentaires lors d'une entrevue accordée à la chaîne NBC. Alors que l'animatrice l'interrogeait sur la persistance du chômage en dépit des plans de relance, le président des États-Unis a répondu : « Notre économie connaît des problèmes structurels attribuables au fait que beaucoup d'entreprises ont compris qu'elles peuvent être plus efficaces avec moins de travailleurs. Quand on va à la banque, on utilise le guichet automatique, on ne va pas au comptoir. À l'aéroport, on utilise la billetterie électronique plutôt que de s'enregistrer au comptoir. »

Ainsi, pour M. Obama, le chômage demeure élevé à cause des nouvelles technologies. Le problème, ce serait l'innovation. Vous avez bien lu, l'I-N-N-O-V-A-T-I-O-N! L'efficacité nuirait à l'économie.

Cette affirmation circule depuis longtemps dans les cercles gauchistes, mais il est stupéfiant, déconcertant et carrément terrifiant d'entendre l'occupant de la Maison-Blanche entretenir pareil mythe!

De vouloir repousser totalement l’argument que la technologie a été un facteur sur une réduction main-d’œuvre, est une grossière erreur. À savoir, si c’est la cause principale, difficile à dire, car il y a plusieurs facettes qui influencent la prospérité d’une économie, par contre, on ne peut dénigrer que la technologie a réduis le nombre d’emplois pour faire des tâches similaires, exemple dans le secteur manufacturier.

J’invite Mme Elgrably d’allez visiter une chaîne de montage de Toyota, et elle constatera, qu’il y a plus de robots que d’humains, et la cadence n’a pas cessé d’augmenter.

Stupéfiant

Stupéfiant, parce que ce mythe a maintes fois été déboulonné au cours des deux derniers siècles.
On peut citer les économistes Frédéric Bastiat au XIXe siècle, ou Joseph Schumpeter et Henry Hazlitt au XXe siècle, mais le gros bon sens suffira.

Il est vrai que les innovations technologiques font disparaître certains emplois.
En revanche, n'oublions pas qu'elles ne tombent pas du ciel.
Il faut des ingénieurs pour les concevoir, des usines pour les produire et des travailleurs pour les transporter, les installer et les entretenir. Autant d'emplois qui doivent leur existence à ces mêmes technologies.

Elle a raison, par contre elle oublie un facteur, la technologie et le savoir est mobile, essayer de trouver une usine qui fabrique des circuits imprimés aux États-Unis, je regrette, vous n’en trouverez plus.

Déconcertant

Déconcertant, car le président des États-Unis devrait savoir mieux que quiconque que la
prospérité d'un pays passe obligatoirement par la productivité. Or, rien ne permet d'augmenter la productivité mieux que le progrès technique.

Et c’est là l’erreur majeure de son argument, comment peut-on parler du manque de productivité des États-Unis, quand ceux-ci sont les plus productifs au monde.

Comment peut-on expliquer un déficit commercial de plus de 500 milliards en étant le plus productif au monde, l’explication doit venir d’ailleurs.

Terrifiant

Terrifiant, parce que si Barack Obama est convaincu que les avancées technologiques augmentent le chômage, il devrait logiquement croire que tout recul technologique permet de créer des emplois.
J'ose à peine imaginer le genre de politiques économiques tordues qu'un raisonnement aussi bancal pourrait inspirer!

Il est impossible de maintenir la prospérité avec des politiques qui contredisent les lois fondamentales de l'économie. Or, malheureusement, nous vivons dans une ère où ce sont des illettrés économiques qui prennent les décisions.
Et on se demande pourquoi ça va mal?

M. Obama sait très bien qu’un des facteurs principaux de son déficit commercial est la mondialisation, et la Chine depuis des années fait du dumping industriel en maintenant sa monnaie dévaluée.

S'il ose seulement approcher son discours dans ce sens, il ne pourra jamais être de nouveau président, Wall Street va lui tomber sur la tête et les importants industriels, tels que HP, Apple, Wallmart, Cisco, …  qui profite de la mondialisation, vont supporter financièrement le camp adverse.

Cela fait des années que les groupes de pression syndicaux tentent de faire passer une résolution pour avoir des sanctions tarifaires contre la Chine, mais c'est toujours pareil, le Congrès bloque toute tentative dans ce sens, car les groupes de pression de la mondialisation y veillent.

Entre temps, l’industrie manufacturière américaine décline, même si c’est le pays le plus productif au monde.

Je vous donne un exemple pratique cette semaine :


Extrait de : Cisco supprime 6500 postes, Radio Canada, 18 juillet 2011

La société américaine Cisco Systems met à pied 6500 travailleurs, soit 9 % de sa main-d'oeuvre, dans le cadre d'un vaste plan de réduction de ses dépenses.

Quelque 2100 personnes ont accepté de participer à un programme de retraite anticipée, a annoncé Cisco lundi. L'entreprise va offrir aux autres travailleurs des indemnités de départs et du soutien pour les aider à retrouver du boulot.

D'autres suppressions d'emploi pourraient suivre puisque la compagnie prévoit réduire de 15 % sa main-d'oeuvre totale, des vice-présidents jusqu'aux salariés.

Cisco annoncera précisera au cours de la première semaine d'août les détails des mises à pied au Canada, aux États-Unis et dans d'autres pays.

Cette restructuration majeure permettra à Cisco d'économiser un milliard de dollars par année.

Cisco vend son usine de Juarez

Par ailleurs, la société californienne a annoncé avoir vendu ses installations de Juarez au Mexique à l'entreprise Foxconn. Les 5000 personnes qui travaillent dans cette usine conserveront leur emploi.

Étrange, on vend son usine au plus grand industriel chinois, que va-t-il se passer dans la réalité, ils vont sous contracter la fabrication de leurs produits dans un pays émergent, on vient de délocaliser plus de 5000 emplois bien payer, dans des pays émergents qui sont sous payer, ça c’est la réalité.

Il est grand temps, que les économistes, qui vivent dans un monde utopiste, reviennent dans la réalité économique.

Foxconn:  employs over 800,000 people, more than the combined worldwide head count of Apple, Dell, Microsoft, Hewlett-Packard (HPQ), Intel, and Sony.


Graphique qui démontre la productivité des pays par rapport aux États-Unis. On remarque, seule la Norvège et le Luxembourg dépasse la productivité des États-Unis.

Productivity - OECD

Source: OECD, Productivity Database, June 2011.


Extrait : China beats the US to become world's largest manufacturer, By Sofia Mitra-Thakur, 15 March 2011

China has overtaken the United States to become the world’s largest manufacturer for the first time, according to a study.

Economic research firm HIS Global Insight found that the Asian country accounted for 19.8 per cent of global manufacturing last year worth $1.995 trillion, while the US made up 19.4 per cent for the US at $1.952 trillion.

However the States far outstrips China in worker productivity, with American manufacturing workers generating eight times the value per person than those from China.

“The US has a huge productivity advantage in that it produced only slightly less than China’s manufacturing output in 2010, but with 11.5 million workers compared to the 100 million employed in the same sector in China,” said Mark Killion, IHS’s head of world industry services.

The consultancy also pointed out that US companies’ plants and technologies drive a large part of China’s manufacturing industry.

Japan came in at a distant third with total manufacturing worth $1.027 trillion, while Germany was in fourth place at $618 billion.

China’s production and manufacturing sector has grown at a rapid rate, with a 20.2 per cent increase over 2008 to 2010 compared with just 1.8 per cent growth for the US.

India, in sixth place grew at 7.3 per cent and Japan at 4.25 per cent, while Germany and fifth-ranked South Korea both contracted.

IHS added that China’s manufacturing sector makes up a third of its total economy, the largest portion of output for any country.

The US sector makes up a 13 per cent share, while in other top-ranked countries it is 15-20 per cent.


Extrait de: Opposing view on international trade: 'It's time for action', By Richard Trumka, USA Today, 9/30/2010

We're in a trade war with China, and we're losing. For the first time, a majority of Americans agree that "free trade" hurts the United States. The facts back that opinion up, particularly in regards to China. It's time for action.

OUR VIEW: Is it time to hit China with punitive tariffs?

The Chinese government has been keeping the renminbi undervalued by about 40% as a deliberate and central plank of its export strategy. That's a 40% subsidy for the products they send here and a 40% tax on products we try to send there. Our dollars stimulate another nation's economy while we rack up unsustainable trade deficits at home. And other Asian nations have undervalued their currencies to compete with China.

The result is writ large on the walls of the Great Recession: 57,000 U.S. manufacturing facilities shut down in the last 10 years, costing us five-and-a-half million good-paying jobs, nearly half of those to China alone. The loss of these skilled workers, engineers, designers and scientists has undermined our middle class and dangerously eroded our technical, industrial and innovative capacity.

Le phénomène des écosystèmes, des grappes industrielles au complet se déplacent vers la Chine ou dans les pays émergents, bientôt notre système manufacturier va être une simple coquille vide. Comme Bombardier : usine d’emballage pour un produit fini construit par les pays émergents.

Our trade deficit with the Chinese has soared since we championed their entrance into the World Trade Organization, from $83 billion in 2001 to $227 billion in 2009.

Should we allow that deficit to continue to grow? Conservative and progressive economists agree that a 25% to 40% revaluation in the renminbi would reduce the U.S. trade deficit by $100 billion to $150 billion a year, adding up to 1 million jobs to American payrolls.

The predatory trade practice of Chinese currency manipulation has consistently violated the rules the Chinese government agreed to live by when it joined the WTO. We've looked the other way too many times, like a fear-filled child hoping a schoolyard bully will just go away. It hasn't worked, and it won't work.

The House of Representatives took a big step forward this week in passing a long-overdue bill that will finally level the playing field. And today, 25 million unemployed and underemployed Americans cry out for action by the Senate to make this bill law when it returns after the midterm elections.

Richard Trumka is president of the AFL-CIO, the nation's largest labor federation