Les coffres de Montréal sont à sec

Pauvre Montréal, comme j'ai déjà mentionné la ville, est en déficit structurel, tant aussi longtemps que l'on n'attaque pas les problèmes à la source, c'est un problème qui va se perpétuer.

Il faut réduire la masse salariale et les avantages sociaux des employés de la ville et aussi réduire les prestations de retraite des employés municipaux.

Il est anormal que les avantages sociaux et les charges sociales soient presque de 50%, quand la moyenne dans les autres villes est de 25 %.

Comment ont-ils réussi à avoir un tel avantage, par simple copinage entre le pouvoir politique et syndical à savoir si c'était économiquement viable, oubliez cela, nos politiciens étaient plus préoccupés de rester au pouvoir que de gérer les fonds publics en bon père de famille.

Donc, on se retrouve avec chauffeur d'autobus qui fait autant qu'un ingénieur ou un policier qui nous coûte 80,000$ de salaire, mais dans les faits nous coûte 120,000$$ avec les bénéfices marginaux.

Combinés avec des retraites pyramidales et insolvables sur le dos du peuple, nous avons une parfaire combinaison pour être en déficit structurel.

Aux États-Unis quand les syndicats ont la tête dure et ne veulent pas comprendre, les gouverneurs et les maires les imposent unilatéralement.

L'élément qui manque c'est le courage politique, certaines décisions doivent provenir du ministère des Affaires municipales, malheureusement le ministre Charest et tellement enrobé de corruption étatique, qu'il n'osera confronter les syndicats.

Donc, l’avenir de Montréal : une ville qui décline graduellement, de plus en plus de taxe et moins en moins de service et de moins en moins compétitive.

Bienvenue au Québec, ou ce sont les syndicats qui ont mainmise sur le pouvoir politique.


Extrait de : Les coffres de Montréal sont à sec, Jean-Louis Fortin, Le Journal de Montréal, 8 juillet 2011

Même si elle a augmenté les taxes municipales des Montréalais de presque 10 % en deux ans, l'administration Tremblay cherche encore des solutions pour éviter un déficit en 2011 et présenter un budget 2012 équilibré

Le président du Comité exécutif et responsable des finances, Michael Applebaum, a reçu hier Le Journal de Montréal dans son bureau de l'hôtel de ville pour faire le point sur une situation qui s'annonce délicate.

Il manque encore 12,5 millions pour que Montréal boucle 2011 sans être dans le rouge, et il faudra trouver 170 millions supplémentaires en prévision de l'exercice financier 2012, a-t-il exposé.

Le bras droit du maire Gérald Tremblay avait un message sans équivoque à passer : des compressions sévères sont à prévoir, et elles n'épargneront aucun service municipal, pas même le transport en commun, les policiers et les pompiers.

C'est la seule option, dit-il, pour que les taxes foncières n'augmentent pas davantage que le taux d'inflation l'année prochaine, c'est-à-dire d'environ 2,5 %.

«Comme une entreprise»

Pour les contribuables, cela pourrait aussi représenter une autre hausse de la taxe sur l'essence ou l'immatriculation, car la Ville n'exclut pas de demander au gouvernement provincial de les majorer.

Solution la plus facile augmenter les taxes

«Je ne suis pas ici pour dire qu'on est en crise. Mais on est rendus dans une période où on doit se questionner sur les services qu'on donne», a affirmé Michael Applebaum.

«Il faut regarder comment on peut être plus efficaces. La Ville va agir comme une entreprise», a-t-il illustré.

Même le service de police et les pompiers, qui avaient évité de devoir se serrer la ceinture l'année dernière, seront mis à contribution.

«On n'est pas intéressés à couper le nombre de policiers dans la rue. Mais est-ce qu'ils peuvent faire des achats en commun avec les autres services de la Ville pour économiser ? Est-ce qu'ils peuvent entreposer les vêtements avec notre service d'approvisionnement ?», se demande Michael Applebaum.

Budgets gelés

Les 19 arrondissements de Montréal, qui dispensent les services de proximité comme le déneigement et le ramassage des ordures, reçoivent une mauvaise nouvelle. Pour la sixième année consécutive, la Ville n'augmentera pas la somme qu'elle leur verse.

Cette année, les arrondissements devront aussi absorber le manque à gagner pour le déneigement, estimé à 12,7 millions.

La Ville va aussi économiser 2 millions en réduisant l'aide financière qu'elle accorde aux organismes à but non lucratif (OBNL) locataires d'immeubles non résidentiels. Elle épongera désormais 12 % de leur loyer, jusqu'à concurrence de 7 500 $, contre 17 % et 10 000 $ auparavant. Montréal reste tout de même la seule municipalité à offrir ce service, selon M. Applebaum.

Retraite

La cure minceur dans l'appareil municipal est déjà entreprise depuis plusieurs mois. Il y a deux semaines, le maire Trembay en a annoncé un bon morceau, c'est-à-dire une refonte complète des régimes de retraite des employés de la Ville.

En diminuant ses contributions et en demandant aux employés de repousser l'âge de la retraite, la Ville économisera 50 millions par année.

Ce ne sont que des peanuts, un jour ou l'autre il faudra convertir les régimes à prestations déterminées en cotisations déterminées. On devra faire comme dans plusieurs pays qui sont plus sérieux économiquement, leurs retraites en fonction de la moyenne de leur salaire, non en fonction des trois dernières années, au moins, ça serait un début, enfin, on peut toujours rêver.


Extrait de : Le climat politique de Montréal commence à peser sur l'économie, Hélène Baril, La Presse, le 22 juin 2011

(Montréal) Le climat politique empoisonné de Montréal commence à déteindre sur les gens d'affaires, qui sont de moins en moins optimistes quant à la situation économique.

L'indice de confiance mesuré par la chambre de commerce de Montréal a subi en juin sa plus forte dégringolade depuis le début de la récession de 2008, a fait savoir hier son président, Michel Leblanc.

«C'est la contagion de ce qui se passe au niveau politique», a expliqué M. Leblanc, invité hier par la Banque de Montréal à discuter de la conjoncture économique.

L'administration municipale de Montréal, qui vogue de crise en crise, n'aide en rien les entreprises à envisager l'avenir sereinement. En outre, les travaux routiers mal planifiés ajoutent à leur inquiétude. «À cause de la congestion routière, les entreprises commencent à craindre des problèmes pour l'embauche de personnel.»

La morosité locale est aggravée par les soubresauts de la reprise économique mondiale. «Ce que les entreprises constatent, c'est que l'économie est difficile à lire», résume le président de la chambre de commerce. Selon lui, la demande américaine, qui reste anémique, et l'évolution du taux de change demeurent au centre des préoccupations des PME.

Le pessimisme des gens d'affaires montréalais ne se justifie pourtant dans les faits.

L'économie du Québec, et celle de Montréal, se portent plutôt bien, grâce en partie au secteur immobilier.

«La croissance du secteur immobilier à Montréal est la troisième plus forte en Amérique du Nord, après Toronto et Houston», a illustré Victor Pellegrino, vice-président, Services aux entreprises, de la Banque de Montréal.

Il a oublié de dire comme d'habitude que les investissements majeurs sont des projets immobiliers du gouvernement du Québec, CHUM, Turcôt…, qui sont générés par endettement, juste cette année le gouvernement du Québec s'est endetté de plus de 9.1 milliards.

Et on ne parle même pas du niveau de surendettement des particuliers, le vrai investissement, c’est celui qui génère de la richesse, tel que l’implantation des entreprises privées.

Le taux de chômage du Québec, à 7,4%, est le deuxième plus bas au Canada, après celui de la région des Prairies, a-t-il fait valoir.

«Ça indique que les entreprises du Québec et de Montréal ont trouvé le moyen de se réinventer un peu», estime le vice-président de la BMO.

Le président de la chambre de commerce a lui-même constaté que, depuis un an et demi, Montréal est la métropole qui se porte le mieux parmi les 25 villes nord-américaines dont il côtoie les représentants. «Mais c'est un peu par défaut, parce que ça va mal ailleurs», convient-il.

Trop jeune pour mourir

Malgré les risques accrus de dérapage au niveau mondial et le marasme américain, Maurice Marchon, professeur à HEC Montréal, estime que la reprise économique se poursuivra. «Le cycle actuel est trop jeune pour mourir», a-t-il dit.

Du côté américain, tant que le secteur immobilier continuera de se détériorer, la reprise se fera attendre. «Le consommateur ne peut pas avoir confiance tant et aussi longtemps que son actif principal perd de la valeur», a-t-il expliqué.

Même au ralenti, les États-Unis continuent de faire mieux que la Canada dans les gains de productivité. C'est ce qui détermine la croissance à long terme, souligne-t-il.

Au Canada, le consommateur est essoufflé et il est normal que les prévisions de croissance soient revues à la baisse, selon lui. «Une croissance de 3% est irréaliste. À 2%, on serait content», estime le professeur.