Pourquoi il faut sauver l'euro

J'avoue que cet article me laisse totalement indifférent, je l'ai inséré à cause d'un commentaire d'un blogueur.

La problématique fondamentale de l’euro, c’est d’avoir inséré des pays ayant des différences majeures de compétitivité.

On risque d’avoir des pays de plus en plus pauvres et de plus en plus riches à l’intérieur de l’euro, qui est totalement insoutenable politiquement face à leurs populations respectives.

Une vraie utopie, que les politiciens oligarchiques veulent maintenir.


Extrait de : Pourquoi il faut sauver l'euro, Guillaume Duval, Alternatives économiques, 27 juin 2011

Dans sa chronique sur Radio Nova, Guillaume Duval rappelle, au-delà de la crise actuelle, tout ce que nous a apporté l'euro.

Le Conseil européen qui s'est tenu à la fin de la semaine dernière n'a toujours pas vraiment réussi à résoudre la crise grecque qui dure depuis un an et demi. De plus en plus de gens se demandent du coup si, après tout, il ne vaudrait pas mieux renoncer à l'Euro. Mais ce n'est pas votre avis…

Non, pas du tout. Les difficultés actuelles ne doivent pas faire oublier tout d'abord les avantages que la monnaie unique nous a effectivement apportés. Au-delà de la facilité de n'avoir qu'une seule monnaie, le coût de l'argent a été nettement plus bas depuis douze ans que durant les années 1980 et 1990, favorisant l'activité et l'emploi. Au cours de la crise financière, la puissance de feu incomparable de la Banque centrale européenne a permis d'éviter l'effondrement du système financier, y compris au Royaume-Uni, alors que l'existence de l'euro nous protégeait des crises de change.

La récession de 1993 avait en effet donné lieu à de grosses secousses entre les devises européennes

Oui, et pourtant cette crise était beaucoup plus limitée que celle de 2009. Les difficultés de la zone euro, ne doivent d'ailleurs pas faire oublier que la Hongrie, la Roumanie ou encore le Royaume-Uni se débattent toujours dans des problèmes d'autant plus importants que leur monnaie n'a pas la surface de l'Euro.

Mais enfin quand même cela fait 18 mois maintenant qu'on n'arrive pas à résoudre les crises grecque, irlandaise, portugaise…

Oui, mais cette crise n'est pas le résultat de déséquilibres économiques globaux de la zone : l'endettement des ménages européens est deux fois plus faible que celui des ménages américains, les comptes extérieurs de la zone sont quasiment équilibrés alors que les Américains consomment beaucoup plus qu'ils ne produisent. Et même en ce qui concerne les dettes publiques, problème majeur de la zone actuellement, leur poids global est inférieur de dix points à ce qu'il pèse aux Etats-Unis rapporté au PIB et la dynamique est infiniment plus inquiétante outre-Atlantique qu'en Europe.

Peut-être mais en attendant nous sommes au bord du gouffre…

Oui, à cause de déséquilibres internes à la zone euro, même si l'ensemble tient plutôt la route. Or nous n'avons prévu aucun moyen pour les corriger au nom du principe que chaque Etat doit rester seul responsable de ses dettes. Mais celui-ci s'avère impraticable : surmonter cette crise implique d'accepter une réelle solidarité financière entre membres de la zone. Mais une telle solidarité implique aussi pour le futur un droit de regard accru des autres sur les politiques de chaque Etat… Devoir payer pour les Grecs, les Irlandais et les Portugais tout en devant renoncer également à une partie de sa souveraineté budgétaire, c'est logiquement une pilule difficile à avaler pour les peuples comme pour leurs gouvernements…

Et si on n'y arrive pas ?

L'Europe avance à coup de crises : on ne parvient jamais à se mettre d'accord « à froid ». Il n'est pas exclu cependant qu'on n'arrive pas cette fois à trouver à temps des compromis acceptables. Les dirigeants actuels n'ont manifestement plus en effet l'attachement au projet européen de leurs prédécesseurs qui avaient généralement connu les guerres mondiales. Dans ce cas l'Union monétaire se déferait dans le plus grand désordre. Et pour l'avenir, l'Europe ne pourrait plus espérer compter dans un monde dominé par des géants comme la Chine, les Etats-Unis, l'Inde ou encore le Brésil…


Blogueurs :

Coma81, le 09/07/2011 à 08:00

Le coût de l'argent a été nettement plus bas depuis douze ans que durant les années 1980 et 1990, favorisant l'activité et l'emploi.
La belle affaire ! Demandez aux grecs et aux espagnols ce qu'ils en pensent de l'argent facile !
Le corollaire a été une monnaie surévaluée qui a ravagé les industries des pays du sud dont la France.

l'existence de l'euro nous protégeait des crises de change. On avait les dévaluations compétitives, maintenant on a le dumping salarial et fiscal. Nous n'avons pas avancé d'un pouce sur la coopération en matière sociale.

Vous souhaitez renoncer également à une partie de sa souveraineté budgétaire tout en regrettant que c'est logiquement une pilule difficile à avaler pour les peuples comme pour leurs gouvernements…
L'europe aurait du être la souveraineté retrouvée des nations, mais vous préférer la gouvernance des experts. Les masques tombent : vous méprisez la démocratie et les peuples.
Tout votre discours n'est qu'idéologie. Le peuple ne pourra renouer le dialogue avec les élites de gauche que lorsque celles-ci auront été désintoxiquées de leur social-libéralisme.