Un panier d'alimentation toujours plus cher...

Histoire du peuple, de plus en plus pauvre …


Extrait de : Un panier d'alimentation toujours plus cher..., Gérald Fillion, Radio-Canada, 21 juin 2011

Le reportage réalisé par Christine Campestre et que j'ai préparé pour le Téléjournal cette semaine a suscité beaucoup de réactions, tant pour sa forme que son contenu, parce que la créativité de Christine a permis de rendre l'explication plus limpide. Les prix des aliments augmentent, et ça vous touche.

L'indice des prix de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) dépasse le niveau qu'il avait atteint lors de la crise des prix alimentaires de 2007-2008. Cette hausse est mondiale et touche quantité de pays pauvres. Mais elle est aussi locale et concerne votre panier de consommation.

Jumelée à l'inflation énergétique, la hausse des aliments vient réduire le revenu disponible. Cette situation est inquiétante compte tenu de l'endettement record des Canadiens et de la hausse à venir des taux d'intérêt. Les craintes provoquées par ces augmentations se reflètent par la tenue d'une première grande rencontre des ministres de l'Agriculture du G20 cette semaine à Paris.

Depuis un an, au Canada, on constate une hausse remarquable des prix. Ainsi, d'avril 2010 à avril 2011...

- lait : +3,8 %
- viande : +5,5 %
- bananes : +6 %
- jambon et bacon : +7,7 %
- pain : +9,2 %
- laitue : +12,3 %
- café : +13,5 %
- pommes de terre : +23,1 %

Cette hausse va se poursuivre. Selon la FAO, les prix du maïs et du blé vont augmenter de plus de 20 % d'ici 2020 et les prix des viandes vont grimper de 30 %.

Dans le reportage que vous pouvez voir
en cliquant ici
, on identifie quatre grandes raisons à la hausse des prix.

1- La météo, on pourrait même dire les changements climatiques.

Les inondations et sécheresses provoquent un ralentissement de la production de certaines denrées et une suspension d'exportations dans certains cas. C'est ce qui s'est passé en 2010, tandis que la Russie a suspendu ses ventes à l'étranger de blé en raison d'une importante canicule. L'interdiction d'exportations a entraîné une forte poussée des prix du blé l'été dernier.

Encore dans les derniers jours : des pluies torrentielles et des inondations meurtrières ont provoqué une forte hausse des prix des aliments en Chine. Ce genre de phénomène se multiplie. Cela vient contrecarrer la production, donc l'offre, alors que la demande, elle, continue d'augmenter.
D'autres émeutes de la faim, comme celles de 2007-2008, sont à craindre.

2- Les choix de culture.

Comme les prix d'un type de denrée augmentent, les agriculteurs des pays occidentaux ont tendance à modifier leur type de culture afin d'augmenter leurs revenus. De plus, quantité de producteurs se sont lancés dans les agrocarburants, fabriqués à partir de denrées qu'on retrouve dans l'alimentation des êtres humains, mais qu'on utilise pour nourrir des automobiles, notamment. Bien qu'on développe de plus en plus des agrocarburants à partir de déchets agricoles, on utilise encore des denrées de base pour fabriquer ces carburants.

3- La baisse du dollar américain.

Les denrées, les ressources et les métaux sont négociés en dollars américains et sont échangés sur les marchés financiers sous forme de contrats. Si le dollar américain perd de la valeur, il en coûte moins cher pour les investisseurs d'acheter ces contrats ou matières. Si la valeur du dollar américain baisse, elle fait grimper la demande...

Et qui dit hausse de la demande, dit hausse du prix.
Selon l'ONU, les variations des prix alimentaires provoqués par les négociations sur les marchés et les hauts et les bas du dollar américain peuvent être considérées comme étant de la « spéculation excessive ».

4- La hausse des prix de l'énergie.

Si le prix du pétrole augmente, les coûts de transports augmentent. Et ces coûts se retrouvent nécessairement dans les prix des produits que vous achetez au marché.

La grande question, c'est de savoir s'il faut produire plus ou produire mieux. Le niveau de gaspillage est exceptionnel, les processus de récolte, transport et consommation manquent d'efficacité. Nous surconsommons alors que des milliards d'êtres humains meurent de faim. Que faire? Produire plus pour exporter plus? Ou produire localement pour assurer une certaine indépendance alimentaire de nos concitoyens?