Washington paie plus cher que Québec pour emprunter

 


Extrait de : Washington paie plus cher que Québec pour emprunter, Rudy Le Cours, La Presse,  27 juillet La Presse, 27 juillet 2011

(Montréal) Le marché de la dette traverse une période insolite: si Québec avait emprunté hier sur un horizon de 30 ans, il lui en aurait coûté moins cher que Washington.

Une obligation américaine venant à échéance en 2041 donnait un rendement de 4,28% aux prêteurs, hier. Le Trésor doit consentir 91 centièmes de rendement de plus que le Canada dont les finances publiques sont en bien meilleur ordre.

Le Canada et les États-Unis bénéficient tous deux de la meilleure note de crédit (AAA chez Standard & Poor's, Aaa chez Moody's), mais seul le Canada bénéficie d'une perspective stable, reconfirmée hier par l'agence DBRS. Les États-Unis risquent une décote, si le Congrès ne parvient pas à adopter un plan d'austérité budgétaire crédible sur un long horizon, ce qui est loin d'être acquis.

Voilà pourquoi les investisseurs sont prêts à accepter un rendement plus faible sur les obligations canadiennes, ce qui permet à Ottawa de financer son déficit et refinancer sa dette à un taux plus avantageux que Washington. Le poids relatif de la dette canadienne par rapport à la taille de son économie reste moins élevé que l'américaine, même en incluant le poids des dettes provinciales.

Cette bonne performance profite aussi à toutes ses provinces dont le coût de la dette est fixé en fonction d'un écart de taux avec les obligations fédérales.

«La situation fiscale du Québec est à l'opposé de celle des États-Unis, observe Rudy Narvas, économiste principal à la Société Générale à New York. Le gouvernement a déjà pris des décisions difficiles pour contenir la croissance des dépenses, accroître ses recettes et adopter des mesures pour faire face aux changements démographiques. Le Québec s'est aussi engagé à retrouver l'équilibre budgétaire d'ici quelques années.»

Quelle absurdité

·        Nous avons les impôts parmi les plus élevés de l’Amérique du Nord.

·        On a une liberté économique la plus faible de l’Amérique du Nord, qui réduit considérablement notre compétitivité.

·        Nos exportations diminuent.

·        Même avec 8.5 milliards de péréquations, on n’est même pas capable d’équilibrer nos budgets.

·        On estime, juste à cause de la démographie, les Québécois vont être deux fois plus pauvres dans 15 ans.

·         De plus, cet équilibre budgétaire est basé sur une croissance économique, la façon que les pays industriels se comportent, c’est plutôt vers une croissance anémique, que l’on se dirige.

Typique d’un économiste qui ne sait pas de quoi qui parle, une chance que le Québec est sous le giron du Canada, car ça ferait longtemps que l’on serait déjà sur la ligne de tir des agences de notation.

Actuellement, l'écart entre une obligation canadienne de 10 ans et une albertaine s'établit à 57 centièmes, mais à 81 centièmes pour une québécoise, selon la compilation de Jean-François Godin, vice-président, recherches, chez Valeurs mobilières Desjardins

La province des scheiks aux yeux bleus jouit de la même note de crédit que la canadienne, tandis que celle de la société distincte est plus faible (A+ chez S&P et Aa2 chez Moody's). Néanmoins, l'Italie, qui a la même cote que le Québec, doit consentir ces jours-ci un rendement de 122 centièmes de plus que le Québec pour rassurer ses prêteurs, précise M. Narvas.

L'écart entre les obligations québécoises de 30 ans et les canadiennes était de 87 centièmes hier après-midi, selon les calculs de Paul-André Pinsonnault, économiste principal à la Banque Nationale. Cela signifie qu'une obligation québécoise offrait un rendement de 4,24%, soit quatre centièmes de moins que l'américaine de même échéance.

«Ça fait un bon bout de temps que le taux des 30 ans canadiennes est au moins 80 centièmes au-dessous des américaines, note-t-il. Dans les années 90, alors que c'étaient les finances publiques canadiennes qui soulevaient l'inquiétude, les canadiennes avaient un taux plus élevé de 200 centièmes.»

Autres temps, autres taux, veut l'adage financier. Les étrangers sont de plus en plus friands de dette canadienne, un placement jugé sûr. Dans ce sillon, la dette des provinces profite de cette réputation et semble alléchante étant donné le rendement offert plus élevé. «Les investisseurs savent qu'il y a au-dessus un État en bien meilleure situation financière et doté d'un plan de sortie de crise», souligne François Dupuis, vice-président et économiste en chef chez Desjardins.

Le 13 juillet dernier, Québec a vendu une nouvelle tranche d'obligations venant à terme en 2021. Il a consenti un rendement de 3,78%, soit 11 centièmes de moins qu'une émission semblable réalisée le 8 juin.

Néanmoins, le Québec a réalisé jusqu'ici seulement 28% de son programme d'emprunts de 17,3 milliards de dollars pour l'année en cours.

·         Payer le déficit.

·         Payer les projets d’immobilisations.

·         Payer les bonds qui sont échus.

Cela fait longtemps que l’on ne paie plus le capital, juste les intérêts, valable d’ailleurs pour l’ensemble des pays industriels, ce qui démontre à quel point comment nos politiciens ont été irresponsables.

M. les Québécois , on n’est même pas capable d’équilibrer nos budgets, imaginez la situation dans le futur avec le deuxième plus important problème démographique au monde???

Depuis deux semaines, il n'y a presque pas d'activité sur le marché primaire, constate Jean-François Godin. On se demande ce que pourrait être l'impact réel d'une décote de la dette américaine. Dans ce contexte, les investisseurs préfèrent les titres à court terme à taux flottant.

C'est l'option retenue par Financement Québec la semaine dernière pour une tranche de 285 millions à taux ajustable sur une base trimestrielle. Cette entité est responsable du financement groupé des organismes de santé, d'éducation et de services sociaux.

Au ministère des Finances, personne n'a voulu commenter la situation présente, jugée non inquiétante par M. Godin. «Le marché n'est pas paralysé, il est ralenti. C'est l'été. La forte présence des investisseurs étrangers est bien installée.»