Banques canadiennes–politiciens - beau copinage !

Bon article, de la part de Michel Girard sur la SCHL.

Vous pensez que les politiques oligarchiques n’existent pas au Canada.

En voici, un des plus beaux exemples, comment nos politiciens fédéraux couchent avec les banques.

Plus de 500 milliards des prêts  immobiliers sont assurés par la SCHL, et qui est responsable de la SCHL, c’est vous le peuple.

Alors, MM. les politiciens, expliquez-moi une chose ?

Si c’est nous qui prenons le risque, pourquoi ne pas prendre le profit au complet.

Une banque privée par sa nature doit prendre des risques, si elle décide d’accorder un prêt, elle prend un risque qui devienne insolvable.

Ici, on est dans une situation qui est totalement risible, c'est le peuple qui prend le risque de l'insolvabilité, mais ce sont les banques qui font les profits, WOW !

Beau copinage !

M. les banquiers, combien de politiciens, vous avez achetés pour maintenir ce privilège et maintenir cet oligopole ?

Entre temps, ils font 20 milliards de profits dans une année sans considérer l’évasion fiscale tandis que le fédéral fait plus de 40 milliards de déficits dans cette même année, cherchez l’erreur !

Un autre modèle d’affaire :

Alors, je vous suggère un autre modèle d’affaire.

Si vous considérez que le prêt est à risque, et vous refusez de le prendre.

On a juste à transférer le client potentiel à la SCHL, si elle considère que le client est suffisamment solvable, elle fera le prêt dans son intégrité, en contre partie, on vous donnera une ristourne  ‘finders fees'.

Au moins :

Puisque c'est le peuple qui prend le risque,
ayant au moins la décence d'en retirer le maximum de profit.

D’autant plus, qu’elle pourra emprunter l’argent de la banque centrale à 0 %, puisque nous en sommes les propriétaires, donc faire encore plus de profits.

Crise immobilière :

Une autre fumisterie qui circule, il y a peu de chance d’avoir une crise immobilière, car les taux d’intérêt sont bas.

Quelles conneries, ce ne sont pas les taux d’intérêt qui ont créé les crises immobilières, mais la confiance des consommateurs et le surendettement.

Prenez l’exemple des États-Unis, les taux d’intérêt sont bas depuis des années, ils ont une crise immobilière qui perdure, pourquoi ?, car les gens n’ont pas confiance à l’avenir.

Pensez-vous que l’individu va prendre un risque d’emprunter 300,000 $ pour une maison, quand il n’est même pas sûr d’avoir un travail l’année prochaine.

Les gens ont la mémoire courte, il y a moins de 13 ans, je pouvais acheter une maison à moitié prix à Outremont, car les gens n’avaient pas confiance à l’économie.

La seule raison que les maisons ont augmenté plus de 120 % dans moins de dix ans est due à la baisse des taux d’intérêt, vous pouviez faire de plus gros paiements, en contre partie les maisons ont augmenté dans la même proportion, c’est la même maison qu’il y a dix ans, même nombre de briques et de fenêtres.

Sauf, votre hypothèque pour la même maison est 120 % plus élevé et votre salaire n’a augmenté que de 30 % en tenant compte de l’inflation, vous n’avez pas gagner grand-chose en pouvoir d’achat.

Donc, si ça va mal un jour, et soyez assuré, ça va l’être, car un État ne peut constamment augmenter sa limite de sa carte de crédit à chaque année et d’en payer que les intérêts, un jour ça va éclater, et la confiance des consommateurs va se volatiliser.

Avec, un taux d’endettement de 150 % à 180 %, vous avez une belle crise immobilière sur les bras.

Personne avisé, en vaut deux !


Extrait de : Les hypothéqués à risques, Michel Girard, La Presse, 30 juillet 2011

Si les taux n'ont pas encore sérieusement bougé à la hausse, c'est notamment en raison de la difficile reprise économique aux États-Unis et de la force du huard canadien par rapport au dollar américain. Tant que la Réserve fédérale américaine (FED) maintiendra son taux directeur au plancher, cela empêchera la Banque du Canada de grimper le sien. Simple question d'éviter que le huard poursuive sa chevauchée à la hausse. Comme on sait, plus le dollar canadien est fort, plus cela nuit à nos entreprises exportatrices.

Depuis le début de la reprise canadienne, la Banque du Canada a relevé son taux cible de financement à un jour à trois reprises, celui-ci passant de 0,25% à 1,00%. Pendant ce temps-là, la FED a laissé le sien à son niveau plancher, à 0,25%.

Comme les taux hypothécaires sont demeurés à des niveaux historiquement bas, le marché immobilier résidentiel a poursuivi sa chevauchée à la hausse dès la fin de la récession de 2008-2009. Les propriétés coûtent de plus en plus cher. Qu'à cela ne tienne, les propriétaires contractent des plus grosses hypothèques... Comme les taux hypothécaires sont faibles, ils réussissent malgré tout à s'en tirer sans trop se saigner les finances personnelles. Et comme le prix des maisons continue de grimper, ils « s'enrichissent » sur papier avec une valeur nette ascendante.

Tant que les taux resteront au beau fixe, même les gens les plus endettés continueront de croire qu'ils ont les moyens de survivre à leurs dettes.

On apprenait cette semaine que le portefeuille d'assurance hypothécaire de la SCHL atteindrait cette année un niveau record de 533 milliards de dollars. C'est 83% de plus qu'en 2006.

Pourquoi un niveau d’emprunt si élevé ?

Pour stimuler l’économie, on a eu recours à l’endettement à outrance, aussi bien pour l’État que pour son peuple, allez-y M. le peuple, on vous donne du crédit facile, jusqu'au moment, que vous étouffiez sur vos propres dettes.

Pour votre gouverne, les proprios qui ont recours à l'assurance hypothécaire ce sont ceux qui doivent contracter un prêt hypothécaire dont le montant dépasse 80% de la valeur de la propriété. On parle donc ici de gens qui n'ont pas les moyens de verser 20% ou plus de comptant par rapport à la valeur de leur propriété.

Sont-ils nombreux, les proprios qui se retrouvent dans une telle situation financière relativement vulnérable ? En avril dernier, l'encours du crédit à l'habitation (prêts hypothécaires, marges hypothécaires) atteignait les 1057 milliards de dollars.

C'est donc dire que la moitié du volume des emprunts hypothécaires a été consentie à des gens particulièrement endettés.

Lorsque les taux se remettront à monter, il va sans dire qu'un grand nombre de ces proprios grandement hypothéqués risquent de se faire étouffer le portefeuille.

La hausse des taux est-elle imminente ou pas ? Elle sera à tout le moins progressive...

Dans le dernier numéro du Mensuel obligataire de Banque Nationale Groupe Financier, l'économiste Paul-André Pinsonnault voit le taux des fonds à un jour de la Banque du Canada atteindre la barre des 2,75% lors du premier trimestre 2013. Cette prévision laisse présager une hausse de 1,75 point de pourcentage en l'espace d'à peine 1 an et demi.

Parallèlement à cette hausse des taux canadiens, M. Pinsonnault anticipe une forte hausse du côté des États-Unis lors de la même période. Le taux des fonds à un jour passerait à 2,50%.

Au service des études économiques du Mouvement Desjardins, on anticipe pour le Canada une hausse similaire. L'économiste Mathieu D'Anjou voit le taux des fonds à un jour de la Banque du Canada à 2,60% en 2013.

Conséquence d'un tel taux de base sur la grille des prêts hypothécaires ? M. D'Anjou entrevoit que le taux hypothécaire d'un an grimperait en 2013 à 4,85%, soit 1,35 point de plus que le taux officiel d'aujourd'hui (3,50%). Pour sa part, l'hypothèque de cinq ans atteindrait les 6,30%, à comparer à 5,39% présentement.

Les emprunteurs diront que ces taux hypothécaires demeurent tout de même acceptables, sous l'angle historique. Ils ont raison. Mais, la hausse des taux ne se limitera pas à ce niveau.

Rendu en 2015, dans trois ans et demi à peine, le taux des fonds à un jour de la Banque du Canada pourrait monter à 3,95%. Et le taux de l'hypothèque d'un an à 6,00% et celui du terme de cinq ans à 6,85%.

Alors que les gens surendettés peineront à remplir leurs engagements financiers, les épargnants aux poches remplies se réjouiront de voir le rendement des placements conservateurs (CPG, obligations d'épargne, bons du Trésor) augmenter au fil des hausses du taux directeur de la Banque du Canada. Mais du côté du vaste marché des obligations négociables, les investisseurs risquent de passer une période de vaches maigres