«Bienvenue à Montréal» avec cynisme


Extrait de: «Bienvenue à Montréal», peut-on lire sur le t-shirt noir, Isabelle Massé, La Presse, 12 août 2011

Depuis samedi, le gorille installé à la porte du commerce NRJ Jeans, dans le Vieux-Montréal, accueille les touristes avec cynisme. Car sous le mot de bienvenue du t-shirt qu'il porte sont imprimés les dessins de ponts qui s'écroulent et de voiture roulant sur une route abîmée que le caricaturiste Yvon Roy a publié sur son site, il y a deux semaines. Vendu 15$, le t-shirt «Bienvenue à Montréal» a coûté près de 10$ à produire. Ce n'est donc pas avec ce produit que Moshe Simhon renflouera ses coffres. «Je n'essaie pas de faire de l'argent avec ça, précise-t-il. Je veux passer un message. Je veux qu'on porte ce chandail pour protester.»

Moshe Simhon en a contre la Ville de Montréal qui, à ses yeux, tarde à régler les problèmes de circulation, à boucler les rénovations du quartier et peine à entretenir certaines infrastructures.

Dans sa croisade, il s'est rapidement trouvé un allié: Allan Goldberg, président de Jack of All Trades, qui a pris le relais de l'impression des t-shirts à plus grande échelle. «On en a imprimé 600 et on pense en imprimer 1000 supplémentaires, dit Allan Goldberg. On s'apprête à en distribuer dans une vingtaine de boutiques à Montréal. On essaie d'intéresser L'Aubainerie et Simons. Je veux que tout le monde voie le chandail. Un chandail porté peut être vu par 1000 personnes et, je l'espère, par des gens du gouvernement

L'image de la Ville risque-t-elle d'être ternie, en pleine saison touristique? «L'image forte de Montréal, c'est son effervescence et ses activités estivales qui sont très courues, répond Ariane Lareau, porte-parole de la Ville de Montréal. C'est ce qui meuble les souvenirs des visiteurs.»

«L'image de Montréal est assez mauvaise comme ça, estime de son côté Frédéric Metz, spécialiste des marques, chroniqueur et professeur en graphisme retraité de l'UQAM. Cela dit, ce genre d'initiative n'est pas à propos, même si j'adore l'humour grinçant. On devrait plutôt donner les t-shirts, faire une pétition ou utiliser Facebook. Bloquer une rue par exemple peut faire réagir la Ville.»

Bah ! voyons, les politiciens et les fonctionnaires sont imputables de rien, faire une pétition, ça ne changera rien, c'est un problème de gouvernance que nous avons, alors les ‘T-Shirt' ont leurs raisons d'êtres, pour tenter de les faire sortir de leurs torpeurs.


Extrait de : Des trous béants à l'abandon, Journal de Montréal, Jean-Louis Fortin, 14/08/2011

Des résidents de la rue Clark, à Montréal, sont en colère contre l'arrondissement Rosemont-La Petite-Patrie, car ils disent que des trous béants creusés dans les trottoirs par la Ville sont laissés à l'abandon depuis plus de deux mois.

Depuis le début juin, pour sortir de chez elle, Hélène Robesco, une dame âgée qui se déplace avec une marchette, doit descendre le long d'une rampe d'accès temporaire fabriquée avec des planches de bois.

Le dispositif de fortune, à peine plus large que l'appareil qui l'aide à se déplacer, enjambe une large section de trottoir qui a été enlevée au début juin.

L'arrondissement souhaitait refaire le trottoir en neuf, après qu'une réparation temporaire ait été effectuée suivant des travaux d'aqueduc réalisés au printemps.

«Il y a deux ou trois mois, ils sont venus creuser un trou pour enlever l'asphalte temporaire. Ils ont dit qu'ils installeraient des nouvelles dalles de trottoir. Et depuis, plus rien. Le trou est resté là», déplore-t-elle, en entrevue au Journal.

 

«La vitesse à laquelle ils font ça, c'est normal. On a quand même affaire à la ville de Montréal», ironise la dame du troisième âge, en précisant qu'elle parvient quand même à franchir l'obstacle en avançant avec précautions.

«Ça ne se peut pas»

Son voisin, Normand Demers, estime que la Ville aurait dû attendre d'être prête à installer les nouvelles dalles avant de détruire le trottoir.

«Ça ne se peut pas que ça soit long de même ! Deux mois pour boucher un trou», peste-t-il.

Celui qui habite au deuxième étage note que lorsqu'il pleut, la plaque métallique qui fait temporairement office de trottoir devient extrêmement glissante, ce qui est dangereux pour les piétons et les cyclistes qui s'y aventurent.

Les deux voisins ne sont pas les seuls du quartier à s'impatienter.

Un peu plus loin sur la rue Clark, près de l'avenue Mozart, des dalles de trottoir ont été enlevées sur une plus grande surface encore. Mais contrairement à devant chez Mme Robesco, aucune installation temporaire ne permet de le franchir.

«Ça fait deux mois que le trou est là. Je ne serais pas surpris qu'il y soit encore l'année prochaine», lance un homme dans la cinquantaine qui habite en face.

«La semaine dernière, je revenais avec mes sacs d'épicerie et j'ai dû marcher dans la rue», déplore Hélène Robesco.

Jolie facture

Pour cette dernière, la pilule est encore plus difficile à avaler parce que la Ville lui a facturé la coquette somme de 4 159,35 $ pour refaire le trottoir face à chez elle, car les travaux sont reliés à l'égout de sa propriété.

Le Journal a tenté de savoir quand les trottoirs seraient refaits, mais le porte-parole de l'arrondissement Rosemont-La Petite-Patrie n'a pas retourné nos appels, hier.

«Lorsqu'on a demandé aux travailleurs pourquoi ils ne refaisaient pas le trottoir tout de suite, ils ont répondu que ce n'était pas la responsabilité de leur département», raconte M. Demers

IMPUTABILITÉ ?, IMPUTABILITÉ ?, IMPUTABILITÉ ?