Chômage pour les jeunes : futurs conflits sociaux

Bon article de Richard Dupaul de La Presse.

Le taux de chômage élevé dans les pays industriels va être une source de conflits sociaux.

Certaines générations se gavent de sécurité d’emplois, ou de fonds de retraite insolvables, tout en transportant les impôts reportés sur le dos des jeunes.

De plus, avec une délocalisation excessive beaucoup d'emplois ont été perdus dans le secteur du simple ouvrier, conséquence les jeunes n'ayant pas faits de hautes études se retrouvent au chômage.

Beaucoup de gens dans la population veulent garder le statu quo, profitant du système, en transférant les excès des dépenses par impôts reportés sur les futures générations.

Tous les pays, qui se sont fort endettés et une économie vacillante, vont avoir des comptes à rendre, le Québec est un exemple flagrant, 234 milliards de dettes publiques sur le dos des futures générations, ce n'est pas une simple génération perdue, mais une arnaque pure et simple sur le dos des futures générations.

À tous ceux qui profitent du système, ne croyez pas que ça va être si simple, vous allez avoir des comptes à rendre, et ce n’est que le début…


Extrait de : La génération perdue, Richard Dupaul, La Presse, 22 août 2011

(Montréal) Au Royaume-Uni, le nombre de sans-emploi est reparti à la hausse, a-t-on appris la semaine dernière. Encore une fois, ceux qui écopent le plus sont les jeunes, dont plus d'un sur cinq cherche du travail.

Si le chômage officiel est passé d'un taux de 7,7%, en avril, à 7,9% en juin au pays de Sa Majesté, il atteint 20,2% chez les 16 à 24 ans. Près de 950 000 jeunes Britanniques sont à la recherche d'un emploi.

Ce triste bilan risque d'alimenter le débat sur les causes des émeutes qui ont secoué Londres et plusieurs villes d'Angleterre au début du mois. Le gouvernement et la majorité de la population (selon des sondages) ont attribué ces actes de violence à la délinquance, mais d'autres ont fait le lien avec les problèmes sociaux dans les quartiers pauvres.

Or, la crise des jeunes gens sans travail s'aggrave dans plusieurs pays.

«Le chômage chez les jeunes va atteindre de nouveaux sommets», prévient Alesandro Turini, responsable des réformes du marché du travail à la Commission européenne.

20 à 45%

Le problème des jeunes chômeurs déborde le Vieux Continent. Le taux de chômage chez les moins de 25 ans aux États-Unis est semblable à celui du Royaume-Uni; le Canada, lui, s'en tire mieux avec un taux de 14%.

Plusieurs experts ont en outre attribué les émeutes du printemps arabe au taux de chômage de 40% et plus qui afflige les jeunes de plusieurs pays du Moyen-Orient.

Cependant, dans les économies les plus mal en point d'Europe, la situation est devenue alarmante.

Plus de 45% des jeunes en Grèce et environ 38% des jeunes espagnols sont sans emploi.

Pensez-vous que les jeunes Européens vont accepter l'Euro quand nous les mettons dans un carcan économique, car ils ne sont pas assez compétitifs par rapport à la mondialisation, en fait, ils n'en ont rien à foutre, où les politiciens, vous réglez le fond du problème, ou c'est vous qui allez être au chômage?

En Italie, le taux de chômage chez les 15 à 25 ans atteint 28%, selon Eurostat. Le manque de travail engendre évidemment un certain découragement: 22% des moins de 25 ans, soit deux millions de jeunes italiens, ne sont ni à l'école, ni au travail, ni en formation.

Deux millions personnes sans avenir, une vraie bombe à retardement.

Si bien que vivre en Italie est considéré comme «une malchance par 40% des jeunes», indique un récent sondage de L'Avenire, le quotidien des évêques italiens, qui a fait beaucoup de bruit en Europe.

Sous le coup des sévères coupes budgétaires adoptées en catastrophe par les gouvernements, la situation ne devrait pas s'améliorer de sitôt.

 «Avec une demande intérieure faible, d'autres pressions sur les prix du logement et la décélération de la croissance (au deuxième semestre), les perspectives sont mauvaises. Le chômage va vraisemblablement augmenter», prédit dans une note financière Antonio Garcia, économiste chez Barclays Capital.

Émigration

Sans surprise, ce sont les pays plus endettés qui ont le plus de «problèmes», à savoir la Grèce, l'Irlande, le Portugal et l'Espagne. À l'opposé, le chômage chez les jeunes est d'à peine 7% aux Pays-Bas, d'environ 8% en Autriche et de 9,1% en Allemagne.

Face à un avenir aussi sombre chez eux, beaucoup ne pensent qu'à partir. Selon un sondage des médias locaux, la moitié des jeunes italiens veulent émigrer en raison des mauvaises conditions économiques dans leur pays, mais aussi de la corruption et de la criminalité.

Gouvernance corrompue incite les gens à émigrer, car sachant que leur travail sert plutôt à satisfaire certaines classes privilégiées.

Prenez l'exemple du Québec, un jour ça va allez mal pour le Québec, un jour notre carte de crédit va atteindre ses limites, et que pensez-vous ce que les jeunes Québécois vont faire, rester au Québec pour satisfaire les vieux baby-boomers dans une province surtaxée et sur endettée, ils vont dire bye, bye, même pas besoin d'un passeport, juste une province plus prospère.

Le pire instrument pour perdre notre identité, c'est celui de l'émigration, et les Anglais le savent très bien, laissons-les pendre avec leur propre corde, nous pouvons remercier nos deux vieux partis qui ont préféré rester aux pouvoirs par simple carriériste, plutôt que de créer un environnement sain économiquement pour les futures générations, n'est-ce pas pathétique ?

Ces derniers mois, quelque 17 000 Espagnols - des jeunes surtout - se sont renseignés sur la possibilité de travailler en Allemagne, affirme une agence de placement allemande. Toutefois, peu de candidats ont décroché un poste en raison surtout du problème de la langue.

Le problème avec cette approche, ou vont être les futurs contribuables
payant pour l’Espagne.

Or, l'envie de quitter le pays est telle que les cours d'allemand sont pris d'assaut en Espagne. Les participants aux stages de l'institut Goethe, à Madrid et Barcelone, sont «environ le double d'un été normal», rapporte l'institution.

En Irlande aussi, où environ un jeune sur trois est sans emploi, le «vieux problème de l'émigration» a refait surface, le gouvernement ayant enregistré une sortie «nette» de 35 000 personnes de janvier à avril.

Face à cette crise, des experts réclament une politique du travail dans plusieurs pays d'Europe. Cela passerait notamment par une aide financière accrue à la formation, un assouplissement des règles d'embauche et même un plafonnement du salaire minimum pour aider les jeunes à dénicher un poste. Mais les gestes concrets se font attendre.

Entre-temps, la crise continue et la fuite des cerveaux se poursuit: en Grèce, la moitié (51%) des titulaires de doctorat ont choisi de s'expatrier, révèle une enquête universitaire. Une véritable tragédie grecque, version 2011.

Tragédie crée par des politiciens irresponsables, préférant satisfaire leurs petites carrières et ne pensant qu’à court terme.


Lectures complémentaires :

1.      Cahier spécial : Pouvoir d'achat et conditions de vie dans la mondialisation

2.      The Hidden Job Crisis for American Men

3.      Vivre à crédit sur les générations à venir, est-ce un avenir ?

Je sous-ligne particulièrement ce texte, qui devrait être lu par tous les baby-boomers.

4.      Les problèmes sociaux représentent un des pires dangers qui nous guettent.

5.      Migration

6.      Le choc des générations