Conventions collectives: la tension monte dans les CPE


Extrait de : Conventions collectives: la tension monte dans les CPE, Rémi Nadeau, Agence QMI, 24 août 2011

Sans contrat de travail depuis un an et demi, les éducatrices des centres de la petite enfance s’impatientent. Déterminées à obtenir des hausses salariales de 11,25 % sur trois ans, elles demandent au gouvernement de prévoir des négociations en accéléré dès la première semaine de septembre.

Typique d’un groupement syndical qui vive sur une autre planète, je me demande s’ils savent que le gouvernement doit emprunter pour payer leurs salaires, de plus leurs fonds de pension ne sont même pas capitalisés dans le budget provincial
(petite magouille comptable en passant).

Les conventions collectives des 10 000 employées des CPE au Québec sont échues depuis mars 2010, mais pourtant, les négociations ne sont pas encore commencées.

Quel beau cadeau aux syndicats, d'avoir instauré une garderie universelle, on doit remercier le PQ qui couche historiquement avec les syndicats.

Les autres provinces et États américains savaient très bien que de créer une garderie universelle allait donner l'occasion aux syndicats de syndiquer tout ce beau monde, et bien sûr par chantage syndical monopolistique, ils ont acquis des avantages au-dessus de la capacité de l'État, coût initial 600 millions, actuellement au-dessus de 2 milliards.

Les autres ayant plus de sagesse donne des chèques d’allocations aux parents, simple et beaucoup moins chers et en fonction de l’assiette fiscale des parents

La CSN, qui représente les travailleuses de 350 établissements, reproche au gouvernement du Québec et à l’Association québécoise des CPE (AQCPE) d’avoir mis un temps fou à constituer leur comité de négociations.

 « Ça a été très long et pénible. Alors là, il va falloir mener les choses rondement », a affirmé la responsable du comité de négociations de la FSSS-CSN, Louise Labrie. La partie syndicale a déposé ses demandes en mars, alors que le ministère de la Famille et l’AQCPE peinaient à déterminer la composition du comité patronale.

Salaire et vacances

Les éducatrices des CPE croient qu’elles pourront arracher une hausse salariale de 11,25 % sur trois ans, même si les syndiqués du secteur public, qui avaient formulé la même demande, ont dû se contenter de hausses de près de 7 % sur cinq ans, en février.

 « Oui, parce qu’en analysant les différentes primes accordées par exemple dans le secteur de la santé, on se rend compte que le gouvernement a mis sur la table pas mal plus d’argent que ça », a plaidé Mme Labrie.

Déjà, le salaire des éducatrices peut atteindre 21,65 $ l’heure pour celles qui comptent 10 ans d’expérience. L’autre bataille importante qu’entend mener la partie syndicale vise une uniformisation à la hausse des vacances et des congés accordés.

Cela coûte beaucoup moins cher de payer sa belle-mère ou sa voisine, ah oui, il risque d'avoir du travail au noir, remarquer que ça rapporte nettement plus à l'économie que de donner de l'argent à l'État qui est totalement inefficace et imputable de rien (remarquez que c'est un autre débat).

Des CPE consentent quatre semaines de vacances aux éducatrices dès la première année de travail, alors que d’autres limitent leurs nouvelles employées à deux semaines pendant quelques années.

Certains centres accordent même sept semaines de vacances à leurs éducatrices plus expérimentées, reconnaît Louise Labrie.

Bon dieu, après on se demande pourquoi la productivité de la fonction publique peut être si lamentable.

« On ne demande pas que tout le monde soit égal la première année, mais la convention de trois ans devrait tendre à l’uniformisation des avantages, parce que c’est trop disparate », a soutenu la représentante syndicale.

Pas de menace

Si la dernière négociation avait été marquée par des journées de grève ayant sérieusement compliqué la vie des parents en 2005, Louise Labrie évite de brandir des menaces de moyens de pression pour l’instant.

« On ne sait pas encore comment la partie patronale répondra à nos demandes. Alors, on verra. »

Salaire des éducatrices des Centres de la petite enfance: 1er échelon :$ 14,43$/l’heure, 10e échelon :$ 21,65$/l’heure.

Que c’est facile comme moyen de pression, quelques garderies qui ferment et oups les parents ne savent plus quoi faire avec leurs enfants. Exactement ce que les autres provinces et États avaient pressenti dans différents rapports qui ont été publiés sur les garderies universelles.

Les parents sont pris en otages par le chantage syndical.

Le ministère peu bavard

Le ministère de la Famille refuse de chiffrer les demandes formulées par la partie syndicale et préfère ne pas les commenter pour l’instant.

« Nous n’allons pas qualifier les revendications, pour éviter de nuire aux négociations qui commencent », a indiqué la conseillère aux communications Linda Bergeron. Le ministère s’est toutefois défendu d’avoir volontairement tardé à mettre en place le comité de négociation.

« L’Association québécoise des CPE a été mandatée pour représenter les groupements patronaux, et le ministère a conclu une entente avec elle le 16 mars afin de participer au comité », a-t-elle précisé.

Jointe mardi, la ministre de la Famille, Yolande James, a préféré ne pas commenter le dossier.