Dette américaine : mensonges électoraux et médiatiques

Cela me fait plaisir de lire régulièrement Reflet de Chine, même si on n’est pas toujours d’accord, un peu de fraîcheur sur une perspective, fait du bien.


Extrait de : Dette américaine : mensonges électoraux et médiatiques, Reflet de Chine,  8 août 2011

Il y a quelques jours, certains médias et experts  se sont « émus » de la rétrogradation des USA de la part d’une des principales agences de notation. Cette mise à jour avait déjà été effectuée il y a deux mois par Dagong, l’homologue chinois de Standard & Poors, et ce sous les railleries habituelles des perpétuels donneurs de leçons. 

Pour ceux qui ne le sauraient pas, ce principe de notation est appliqué en France et ailleurs par les banques qui attribuent une note aux entreprises. C’est ensuite cette note plus d’autres éléments qui vont permettre à l’établissement bancaire  de faire confiance ou non à l’entreprise et lui accordera ou non les lignes de crédit demandées.

Il en est de même pour les particuliers où le dépassement trop fréquent du découvert autorisé vaut au mieux un coup de téléphone du responsable de la banque incitant le client à régulariser au plus vite et au pire un courrier recommandé bien plus explicite. En règle générale, personne ne trouve ces différents rappels anormaux, mis à part ceux encore nombreux confondant une agence bancaire avec une œuvre de charité. Partant de là, il est donc logique que les autorités chinoises aient quelque peu tancé le gouvernement américain sur leur manière de gérer une dette, la solution récemment trouvée n’ayant qu’un objectif électoraliste.

Il est en effet totalement logique que la Chine s’inquiète pour ses placements, ceux-ci étant réalisés pour gagner de l’argent et non faire un don de plus de 1000 milliards de dollars à un pays dépensant pour sa part
sans toujours trop compter.

Si la Chine est inquiète pour ses avoirs en bons du Trésor et le fait savoir, plus silencieux

1.      Sont les responsables du fonds de sécurité sociale américain qui est lui réellement le premier détenteur de ces bons avec 19 %,

2.      Suivi du Trésor US lui-même avec un peu plus de 11 %.

Une baisse significative et durable de  ces valeurs signifierait en effet un effondrement du système de couverture santé, ce qui aurait une répercussion sociale bien plus importante que les quelques remontrances de la part des responsables chinois. C’est d’ailleurs sans doute pour éviter la propagation d’une compréhensible inquiétude que la Chine est placée dans les médias comme première détentrice des créances, ce qui de plus satisfait les antichinois américains et autres

Si la Chine se place troisième avec 8 % dans la liste des créanciers, suivent les familles américaines  avec un peu plus de 6 % et qui verraient-elles aussi d’un mauvais œil leur placement perdre une bonne partie de leur valeur.

Il est donc utile de ne pas effrayer l’opinion publique qui pour l’instant pense dans son ensemble qu’une hypothétique baisse de valeur des bons du Trésor ne toucherait en premier lieu que l’ennemi désigné qu’est la Chine.

Le Japon quant à lui arrive en cinquième position et non en deuxième comme il est habituel de lire, ce pays s’inquiétant également de ses 6,6 % d’avoirs en bons, mais ne pouvant trop le dire du fait de son alignement historique avec les USA.

Les médias et autres experts financiers semblent donc avoir « zappé » certains mots de leur vocabulaire puisque si la Chine est le premier créancier de la dette US et le Japon deuxième,
il serait honnête de préciser « créanciers hors USA ».

J’aime bien, son humour caustique.

Cette omission est toutefois largement explicable au vu des raisons indiquées plus haut, surtout quelques mois avant le renouvellement du mandat présidentiel. Idem pour d’autres pays dont la France dont certains s’enorgueillissent du maintien de la note alors que celle-ci devrait être également revue à la baisse, si les agences  si fières de leur poids faisaient réellement leur travail et rien que leur travail. Tout cela n’est en fait qu’une immense campagne de désinformation visant à reporter les échéances, mais aussi les responsabilités de dirigeants qui ne dirigent plus rien depuis longtemps, courbant l’échine devant les pourvoyeurs de fonds des campagnes électorales et autres avantages liés à la fonction.

Tout à fait d'accord avec lui, il ne faudra pas oublier que la corruption étatique a aussi servi à la Chine, en maintenant une mondialisation débridée, mais cela
c'est une autre histoire.