Euro : les médecins de Molière

Un texte qui mérite d’être lus, il a été publié dans plusieurs blogues, par contre j’ajouterai des commentaires.


Extrait de : Euro : les médecins de Molière, Charles Gave, Institut Turgot, 29 juillet 2011

Je suis stupéfait par le degré d’incompétence de nos élites économiques ou financières.

Comme dans le poème de du Bellay sur les cardinaux à Rome, on les voit déambuler « d’un grave pas et d’un grave souci » répétant comme des Diafoirus « le foi, vous dis je, le foi « .

Et de nous présenter le problème des pays Européens comme provenant d’un excès de dettes conduisant à des déficits budgétaires insoutenables et qui doivent être, bien entendu, corrigés par des hausses des impôts accompagnées d’une baisse du niveau de vie, hélas inéluctable…dont tout le monde souffrira, sauf eux.

Si je peux me permettre, voici une faste foutaise de qualité conceptuelle équivalente au célèbre « pour réduire le chômage diminuons le temps de travail ».

La réalité est fort différente. Comme je n’ai cessé de l’expliquer dans ces chroniques, l’Euro est une machine à engendrer la stagnation dans les pays les moins compétitifs, c’est-à-dire tous ceux qui ont une productivité du travail inférieure à celle de l’Allemagne. Si la productivité monte de 3 % par an en Allemagne et de 0% en Italie, au bout d’un certain nombre d’années tous les producteurs Italiens sont en faillite si le taux de change est reste fixe entre les deux nations.

Il a tout à fait raison sur ce point !

La preuve en est que le taux de couverture des exportations par les importations (exportations/ importations), qui était de plus de 1 en l’an 2000 pour le commerce extérieur Italien (en excédent commercial donc,) est tombé brutalement à 0.85 en 10 ans, la même évolution se produisant en France. Une détérioration aussi ample que celle là, alors même qu’il y a eu une croissance très faible du PNB Italien sur la même période (0.5 % par an en volume,) est un signe CERTAIN que l’économie Italienne n’est plus compétitive.

Autrefois, l’Italie aurait dévalué un bon coup pour remettre les pendules à l’heure; aujourd’hui c’est impossible…

A ce point du raisonnement le lecteur doit se poser la question : "mais qu’est ce qui va se passer ? ». La réponse requiert un peu de réflexion économique et est heureusement à la portée d’une intelligence moyenne, mais hélas incompréhensible pour les intelligences supérieures qui nous gouvernent.

Par contre, nos politiciens ne gouvernent pas pour le bien commun,
mais pour satisfaire les groupes d’intérêt.

Le peuple peut être aussi un facteur quand il est irresponsable et que ces demandes sont au-dessus de la capacité financière de l’État.

Comme la croissance de la France, de l’Italie etc.… baissent structurellement pour les raisons évoquées plus haut, les rentrées fiscales sont plus faibles et les dépenses plus fortes que prévues.

De ce fait les déficits budgétaires augmentent en même temps que les déficits extérieurs. Fort logiquement la dette explose.

Arrive toujours un moment, et nous y sommes, où les marchés obligataires commencent à prendre peur et où les taux d’intérêt commencent à intégrer la probabilité d’un non remboursement de la dette étatique.

A ce moment là les taux d’intérêt se mettent à monter au dessus du taux de croissance de l’économie et le pays entre dans ce que Keynes appelait une

« trappe a dettes »

Qui se caractérise par une réalité toute simple :

Si vous empruntez à un coût de 5% et que vous investissez avec une rentabilité de 2 %, et que ca dure suffisamment longtemps, la question n’est pas de savoir si vous allez faire faillite, mais QUAND vous allez passer a la trappe.

C’est là en sont le Portugal, l’Italie, La Grèce, l’Espagne, et bientôt la France.

La crise actuelle n’est donc absolument pas une « crise de la dette » mais une crise due à la sous compétitivité d’une partie importante de l’Europe vis-à-vis du reste du monde en général et du reste de l’Europe en particulier.

Québec Droite n'est pas vraiment un blogue d'économie, mais plutôt un blogue de bonne gouvernance, ici, j'exprime mon désaccord.

La position de M. Gave et sans nuance, la mienne sera nettement plus nuancée, il est évident que la compétitivité joue un rôle important sur la prospérité d'un pays.

Une bonne compétitivité maintient tes industries localement et les charges fiscales qui y sont associées, sans compétitivité, ils vont se délocaliser.

·        Sur le plan mondial, les pays industriels subissent la délocalisation vers les pays émergents.

·        Sur le plan de l'Euro, le pays qui a la plus forte compétitivité l'emporte dans ce cas-ci l'Allemagne, et les autres pays de l'Euro souffrent.

Par contre, on ne peut éliminer l’irresponsabilité de nos politiciens d’offrir des promesses qui sont insoutenables financièrement.

·        L'exemple le plus classique, sont les régimes de prestations déterminés qui sont de vrais modèles Ponzi qui est amplifié par une décroissance de la démographie.

Oui, la compétitivité joue un rôle majeur sur la prospérité, mais une bonne gouvernance avec des politiciens responsables est essentielle.

La crise actuelle est donc une conséquence INELUCTABLE de l’Euro. Il ne pouvait pas en être autrement.

Les solutions proposées, toujours mises au point par des comptables qui ne comprennent rien à cette dynamique, visent à réduire le déficit budgétaire en augmentant les impôts (sur les plus riches, cela va sans dire).

Comme une hausse de l’impôt :

Ø  entraine une baisse de l’épargne et

Ø  comme sur le long terme l’épargne est égal à l’investissement,

Ø  l’investissement - qui est la seule façon de rendre l’économie à nouveau

Ø  compétitive - baisse également, et le pays devient encore moins compétitif.

Exemple, notre cher ministre Charest qui a littéralement oublié cette règle fondamentale lors de ces deux derniers budgets, préférant ne pas offusquer ces groupes d'intérêts, tout en tapant sur le peuple qui n'a pas grand-chose à dire sur hausses de tarifs de toutes sortes, réduisant ainsi notre compétitivité et notre économie.

La fin logique du processus est simple : en fait, l’euro a remplacé la possibilité d’une dévaluation de la Lire par la CERTITUDE d’une faillite de l’Etat Italien.

Je ne suis pas sûr que ce soit un grand progrès. A dire vrai, je suis sûr du contraire.

L’alternative est que le créditeur prenne le contrôle du débiteur, c’est-à-dire que l’Allemagne envoie ses fonctionnaires donner des ordres à Bercy par exemple. C’est ce qu’il est convenu d’appeler pudiquement « la solution fédérale » D’une vieille famille Alsacienne ayant quitté l’Alsace en 1870 pour rester français, je ne suis pas sûr que cela m’enthousiasme non plus.

Les Grecs les appellent :

 

La « troïka » FMI-UE-BCE

 

L’annonce qui a le plus scandalisé les Grecs concerne la révision à la hausse de l’objectif de privatisations souhaité par la « troïka » FMI-UE-BCE : 50 milliards d’euros d’ici à 2015, au lieu de 7 milliards sur trois ans initialement annoncés.

 

LE GOUVERNEMENT GREC :

« NOUS NE NÉGOCIERONS LES LIMITES DE NOTRE DIGNITÉ AVEC PERSONNE »

 

Source : Grèce : l’Union européenne, la BCE et le FMI préparent le pillage du patrimoine du peuple grec

 

Si vous avez le temps, lisez Avertissement à l’oligarchie

Continuer à éviter tout ce qui de prés ou de loin touche à l’Etat, ou a besoin de l’Etat, ou fait une grande partie de son chiffre d’affaires avec ce monstre obèse a été et reste ma stratégie. Aucune raison d’en changer.

En bon Québécois !, il faut dégraisser l’État.


Lecture complémentaire : L’État est mort, vive l’État