Fardeau fiscal de l'employé lambda au sein de l'UE

SPÉCIFICITÉ DE LA DÉMARCHE

De nombreuses études classent les pays en fonction de leur niveau de taxation et de leur degré de liberté économique. Très utiles aux économistes, elles reposent sur des données agrégées qui occultent la part des revenus des salariés consacrée au financement des services publics.

Fardeau fiscal de l'employé lambda au sein de l'UE

De nombreux instituts de recherche déterminent déjà le jour de libération fiscale du pays dans lequel ils opèrent. Malheureusement, les méthodes de calcul diffèrent d’un pays à un autre et rendent les comparaisons entre pays difficiles.

Cette étude vise à surmonter ces difficultés et à permettre une comparaison du fardeau fiscal entre pays grâce à des données qui reflètent l’expérience concrète des travailleurs de l’UE. Elle permet ainsi de mesurer le coût réel de l’emploi salarié dans chaque État membre.


Extrait de : Trop d'impôt tue l'impôt mais tue surtout le travail, Kerdrel, Yves, Le Figaro, 25/07/2011

Cet exercice comparatif a une vertu pédagogique.

Il amène à tirer quatre conclusions.

La première

consiste à s'interroger sur la nature d'une société comme la nôtre qui confisque plus de la moitié de la richesse créée par n'importe quel travail.

Quel encouragement un employeur peut-il avoir à embaucher lorsqu'il doit payer 2,30 euros' pour que son salarié n'ait finalement qu'un euro dans sa poche ? Quelle motivation peut avoir un salarié lorsqu'il sait que le principal bénéficiaire de son propre travail, ce n'est ni lui, ni son patron, ni le client, mais l'État, aussi bien à travers le financement de la protection sociale, la TVA, que l'impôt ?

Mais surtout, qu'est-ce donc qu'une société où le destin d'un salarié lambda finit par lui échapper, sous le poids d'une telle fiscalité ? Valéry Giscard d'Estaing avait une réponse à cette interrogation.   

Lorsqu'il était encore président, il avait affirmé :

«Le jour où les prélèvements obligatoires dépasseront 40%;
l'État sera devenu socialiste... »

La deuxième

La deuxième leçon de cet exercice réside dans l'usage que l'État fait de tout cet argent ainsi prélevé sur le dos des Français. Si au moins cela permettait d'éviter les déficits budgétaires qui se succèdent sans interruption depuis trente-cinq ans. Si au moins le pays n'avait pas à ployer sous une dette de 1675 milliard*; d'euros. Si au moins la protection sociale était intégralement financée.

Mais ce n'est pas le cas en France, pas plus, d'ailleurs, que dans la plu- part des pays d'Europe. Comme quoi l'État n'est peut-être pas le mieux placé pour prendre des décisions à notre place, avec l'argent issu du fruit de notre travail !

La troisième

La troisième leçon est destinée à ceux qui pensent encore possible, voire justifiable, de durcir la fiscalité. Notamment les socialistes qui comptent financer leurs promesses archaïques par 50 milliards d'euros de hausses d'impôts. Alors que c'est l'honneur de Nicolas Sarkozy de s'être toujours opposé à ceux, notamment au sein de sa propre majorité, qui souhaitaient une hausse de la fiscalité.

La quatrième

Enfin, la dernière leçon de cette étude réside dans le lien entre cette surcharge fiscale et la dégradation de la valeur travail. On sait, depuis les travaux de l'économiste américain Arthur Laffer, que « trop d'impôt tue l'impôt».

Et que vient un moment où, lorsque l'on cherche à augmenter les prélèvements, les recettes fiscales baissent, du fait du découragement, de la fraude ou des expatriations.

Mais vient aussi un moment où le travail est sapé dans ses fondements.

Le « Tu travailleras pour vivre » se transforme alors en un
« tu travailleras pour faire vivre ce monstre qu'est l'État ».

Un État incapable de se gérer, de se limiter, de dépenser moins, et surtout de dépenser mieux.


 

  1. gravatar

    # by incubus - 4 août 2011 à 08 h 21

    Maintenant vous comprenez pourquoi les entreprises quittent vers les pays émergents.