L'Etat, la dette et les libertés : l'importance de la bataille pour les idées (1).

Source : L'Etat, la dette et les libertés : l'importance de la bataille pour les idées, Par Richard Ebeling, Institut Turgot, 22 août 2011, Note de synthèse


Cahier spécial : L'État, la dette et les libertés

L'importance de la bataille pour les idées.

Le problème de la dette n'est que le symptôme d'une mentalité anti-capitaliste qui sape :

La philosophie politique originelle des droits individuels  et de la liberté économique et instaure à sa place  une idéologie du paternalisme et de la dépendance.

Lorsque les Démocrates et les Républicains américains s'affrontent pour proposer des plans différents et concurrents de réduction des dépenses publiques, ils ne précisent jamais à partir de quel « niveau de référence » ils font leurs calculs.

Ce qu'ils proposent en pratique n'est jamais qu’une diminution projetée dans le taux d'augmentation des dépenses étatiques totales. Presque personne n'imagine que la « part » du gâteau national que les hommes de l’état consomment par l’impôt puisse effectivement être réduite.

Aussi bien les Démocrates que les Républicains tiennent comme allant de soi que le « tout-Etat » va persister. Même ces Républicains qui soulignent la nécessité de « réformer » les programmes de « droits sociaux » tels que la retraite par répartition, ou les soins subventionnés, ne mettent pas en cause l'idée que ceux-ci constituent un facteur permanent du paysage politique américain. Ils souhaitent seulement les rendre financièrement « plus solides », ou « plus efficaces », voire gérés d'une manière qui donnerait à ceux qui y ont accès un certain « choix » dans la gestion de leur dossier de retraite, ou dans le choix des médecins ou des traitements médicaux.

Qui dit « droits sociaux » veut dire pillage

Ce qui permet peut-être le mieux d’en prendre la mesure est le fait qu’il n’y a pratiquement personne dans l'arène politique de Washington qui récuse l'idée ou l’emploi de l’expression « droits sociaux ».

Le dictionnaire Merriam-Webster définit un « droit social » comme « l'état ou la condition d'avoir un droit à ». Un « droit aux prestations définies par la loi ou par le contrat », comme dans

« une politique étatique qui distribue des avantages aux membres
d'un groupe particulier. »

Il se fonde, nous dit le dictionnaire, sur l'idée

« d'une conviction comme quoi on aurait acquis un droit à certains privilèges ».

D’après cette définition, par conséquent :

Un « droit social » dans l'arène politique :

 

Est un programme d'avantages que les hommes de l’état fournissent à un groupe privilégié, groupe qui en vient à croire qu’il aurait mérité de tels avantages, voire à considérer ces avantages comme un « droit ».

Les hommes de l’état, cependant, ne peuvent fournir d’avantages à aucun groupe privilégié dans la société s’ils ne forcent pas les autres, en contrepartie, à fournir les ressources, les biens, ou les moyens financiers nécessaires pour payer ce qui aura été promis.

Etant donné que l’état n'a aucune disponibilité en ressources, en biens ou en sommes d'argent qu'il n’ait commencé par taxer ou emprunter à d'autres, tout « droit social » de cette espèce oblige d'autres personnes dans la société à fournir les moyens nécessaires pour que les hommes de l’état tiennent leurs promesses envers les groupes privilégiés.

Ce qui veut dire que le privilège d'un groupe entraîne pour les autres une contrainte forcée, que les hommes de l’état imposent par leur pouvoir de police en taxant et en saisissant le revenu et le capital de tous les membres de la société.

C’est ainsi que la société se trouve divisée en deux catégories :

1.      les payeurs d’impôt et les receleurs d'impôt ;

2.      les discriminés et les privilégiés.

C'est à dire :

·         ceux que l’on force à renoncer à une partie de la production, des revenus et de la richesse qu'ils ont honnêtement gagnés dans les échanges paisibles du marché,

·         et ceux qui reçoivent cette production, ces revenus et ces richesses du pouvoir des hommes de l'Etat.

C’est, ce que Frédéric Bastiat, le fameux économiste libéral français du XIXème siècle, dénommait :

La spoliation légale

 

L’état, au lieu d'agir comme protecteur et gardien du droit de chaque individu à la vie, à la liberté et à la propriété honnêtement acquise, y devient le plus puissant violateur de la liberté des gens,
et le plus envahissant.

Le pouvoir monopolistique centralisé des hommes de l’état sur l’emploi de la violence, est bien plus puissant et plus dangereux que celui du pire individu ou groupe privé qui, dans la société, entreprendrait de piller des innocents ou de les maltraiter.

Cependant, et c’est tout aussi important, dans la société, les hommes de l’état sont les seuls à employer la force qui soient en même temps largement parvenus à endoctriner la grande majorité de ceux qui se trouvent sous leur coupe pour les persuader qu'il serait « juste » et « bon » qu’ils dépouillent une partie de la population au bénéfice d’une autre, celle qu’ils auront choisi de privilégier.


Tables des matières :

1.       L'Etat, la dette et les libertés : l'importance de la bataille pour les idées.

2.       Domination politique contre maîtrise de l’individu par lui-même

3.       Le socialisme et la mentalité anti-capitaliste

4.       Le capitalisme comme libérateur de l'Homme

5.       La dangereuse croissance de l’État

La Constitution fiscale non écrite des États-unis

6.       La prescription keynésienne et le déficit budgétaire

7.       Ce qu’il en coûte d’emprunter l’argent

De l’État limité au tout-État

Le tout-État apporte avec lui une dette immense et galopante

8.       Défense morale de la liberté

L'importance de la bataille des idées