La BCE ne rassure pas, le marché de la dette s'emballe

Alors que les investisseurs attendaient de savoir si la BCE allait se porter au secours des dettes italienne et espagnole par des interventions sur le marché, Jean-Claude Trichet a simplement dit que le programme de rachats d'obligations publiques des pays en difficulté de la zone euro n'était « pas en sommeil ».

D’autant plus que son intervention est finalement assez limitée. La BCE se cantonne en effet à intervenir sur "les petits pays qu’elle a déjà soutenus par le passé" (Grèce, Irlande et Portugal). Mais rien n’a été annoncé concernant l’Espagne et l’Italie, deux marchés beaucoup plus importants. Pour la spécialiste, il y a "peu de chance qu’elle s’y risque".

Or ce sont sur ces deux pays, en pleine crise de la dette, que l’action de la BCE était la plus attendue. "Au lieu de rejouer des batailles déjà perdues, [la BCE] devrait se concentrer sur celles qui comptent vraiment", résume ainsi un éditorialiste dans The Economist ( à la fin du carnet).

Donc, on ne sécurise pas les détenteurs des bonds espagnols et italiens, et certainement pas à l'achat de ces bonds, remarque, je peux comprendre, l'argent du peuple européen ne doit pas servir à compenser l'irresponsabilité des dirigeants politiques.


 Extrait de: The struggle to save the euro, The Economist, Aug 4th 2011

Poor tactics on the battlefield

THE struggle to save the euro, notes the boss of one of Europe's biggest banks, is a battle between the markets on one side and the political will of France and the strength of the German economy; the markets should not underestimate these. Such martial words might be more inspiring were they accompanied by evidence that Europe's leaders and its central banker are able to overcome their differences for long enough to act decisively. Yet instead of a robust defence of its weaker states, Europe is throwing its reserves into battle piecemeal with a series of failed interventions.

Italies bonds de 10 ans

The battle to prevent Italy from losing the confidence of bond investors entered a dangerous new phase on August 4th when the spread (ie, the premium) demanded by investors to buy its debt compared with Germany's widened to around four percentage points, as Italian shares wilted (see chart).

The headline yields on its bonds shot to 6.15%, which if sustained would eventually make the burden unbearable.

That point is still a fair way off: Italy's bonds typically have fairly long maturities, so it would in the shorter term be paying only slightly higher average rates on its borrowing. Yet wild swings in the prices of bonds tend to scare away many of the long-term investors that traditionally stock up on them, by making them appear riskier, and thus can lead to a self-sustaining cycle of sell-offs. Nevertheless, confronted with the risk of Italy losing the confidence of markets, Silvio Berlusconi, the prime minister, this week offered only platitudes, urging Italians not to be scared.

If fear is bypassing Italy it is being felt in Brussels. José Manuel Barroso, the European Commission president, urged the euro zone's leaders to press on with ratifying the deal they recently agreed, to make their joint bail-out fund bigger and give it more flexibility. In a letter to European heads of government he gave warning that Greece's rescue earlier this month had failed to contain the crisis.

One might also have hoped for a robust intervention from the European Central Bank. Yet shortly after its president, Jean-Claude Trichet, told a press conference that the bank was buying bonds (without much enthusiasm), Italian spreads widened even further. Market participants complained that the ECB was buying Portuguese and Irish government bonds, a seemingly pointless intervention given that both countries have already lost access to markets. Instead of re-fighting the battles that have already been lost it should be focusing on those that count. Europe certainly could muster the resources to save the euro. If the war is lost it will be because of poor generals.

Ce ne sont pas de pauvre général, ce sont surtout les vices de forme de l'Euro en voulant intégrer à tout prix, des pays ayant des niveaux de compétitivité forts différents.


Extrait de : L'accès à la liquidité est de plus en plus difficile pour les banques d'Europe du Sud, Les Echos, Elsa Conesa, 05/08/11

Le renchérissement des dettes souveraines italienne et espagnole pèse sur les conditions de refinancement des banques. Les analystes craignent un « credit crunch » en Europe du Sud.

Depuis quelques jours, celles-ci font en effet face à des tensions croissantes sur le marché interbancaire du fait du renchérissement du prix de la dette souveraine de l'Italie et de l'Espagne. Certains marchés de court terme, comme le marché en dollar, n'offrent plus de liquidités au-delà d'un mois à certaines d'entre elles.

« Le refinancement demeure difficile pour les banques en Europe du Sud et reste un sujet de préoccupation pour leurs résultats et pour leur capacité à prêter et à soutenir une reprise économique »,

écrivaient ainsi les analystes de Morgan Stanley mercredi.

Ces derniers craignent que

« l'accès au refinancement ne s'améliore pas suffisamment, ou à des conditions dissuasives pour les banques italiennes et espagnoles, les obligeant à faire des arbitrages ».

Pour eux, le risque de « credit crunch » en Europe du Sud est réel.

« Il est crucial que la liquidité se rouvre en septembre et
au quatrième trimestre »

, écrivent les analystes de Morgan Stanley.

Peu d'options disponibles

CDS - Banques Espagnols

Les inquiétudes sur les banques d'Europe du Sud, en particulier les banques espagnoles et italiennes, se sont reflétées ces derniers mois dans l'évolution de leur CDS, un instrument qui permet de mesurer la perception du risque de défaut d'un émetteur par le marché.

Les CDS des établissements italiens et espagnols sont ceux qui ont crû le plus depuis le début de l'année, le record revenant à l'italienne Banco Popolare, dont le CDS a presque doublé en sept mois.

L'opération de prêt à trois mois menée par la BCE fin juillet, ainsi que celle à sept jours lancée mardi, ont constitué d'autres signaux de ces difficultés. Dans les deux cas, la banque centrale a reçu une demande plus importante que prévu de la part des banques.

Dans cet environnement, les banques d'Europe du Sud ont peu d'options. Elles risquent de restreindre le crédit, d'accepter d'émettre à des prix très élevés au détriment de leur rentabilité, ou de vendre des actifs pour dégager de la liquidité. « Les indicateurs de la liquidité à court terme ont commencé à se détériorer, mais n'ont pas encore atteint les niveaux du pire de la crise de la dette souveraine », tempèrent toutefois de leur côté les analystes de KBW. Pour Morgan Stanley, les grands établissements européens ont abordé ces turbulences dans une position confortable, ayant bouclé le gros de leurs programmes de refinancement au premier semestre, et s'étant largement recapitalisées.