Le monde sans âme de la haute finance

Même, si je ne suis pas toujours d'accord avec les positions ‘Reflet de Chine', ces articles méritent d'être lu, donnant un regard différent de l'actualité traditionnel.


Extrait : Le monde sans âme de la haute finance, Reflet de Chine, 5 août 2011

Les U.S.A, la Grèce, le Portugal, l’Espagne, l’Italie, l’Irlande et bien d’autres encore à venir, tels sont les pays qui démontrent les limites d’un système basé sur un mélange finement élaboré de collectivisme et grand capitalisme. L’attrape-mouche est quant à lui relativement simple puisque consiste à prendre le maximum d’argent à la masse des consommateurs-contribuables pour d’une part laisser croire à un certain enrichissement personnel et d’autre part permet de développer un tissu industriel dans des pays historiquement pauvres qui ensuite ne rapporteront réellement qu’aux seuls dirigeants.

Une fois l’attention détournée par les quelques aides saupoudrées au nom de la PAC (Politique Agricole Commune) et autres subventions financées par la communauté, il est aisé aux initiateurs de cette entourloupe d’engranger le maximum de bénéfices. On construit des routes, des hôpitaux, des sites touristiques, le tout aux frais de la princesse qui croit dès lors qu’elle a rejoint la classe des privilégiés de naissance. Une fois les caisses vides, ces mêmes membres du club très fermé de la haute finance tire la sonnette d’alarme en demandant aux « faux riches » de mettre à nouveau la main à la poche, les leurs étant cousues de telle manière qu’elles laissent entrer l’argent, mais ne peuvent le laisser sortir.

Bien entendu, les populations sont tenues à l’écart de toute information sur ce siphonnage progressif des caisses, les déficits s’accumulant dans une parfaite entente de la part des dirigeants et grands argentiers mondiaux. D’un jour à l’autre, et alors que la courbe ascendante de ces déficits ne laissait guère de doutes sur l’issue finale, les messies modernes renommés agences de notation hurlent hypocritement de peur devant une situation dont ils laissent croire qu’ils ne connaissaient rien une semaine auparavant.

Les clignotants mis soudainement au rouge font mécaniquement chuter les marchés boursiers, ce qui permet toujours aux mêmes de racheter à bas coût des valeurs qui retrouveront par la suite une bonne part de leur valeur suite au soutien financier des gouvernements, c’est-à-dire du contribuable. Il ne restera ensuite aux acheteurs qu’à revendre leurs titres en engrangeant au passage de confortables bénéfices sur le dos d’une masse ayant elle de plus en plus de mal à boucler ses fins de mois.

Pour cacher ces grosses ficelles a été inventé de toutes pièces un paravent nommé pays émergents dont la Chine est le chef de file. Désindustrialisation causée par les délocalisations successives, tel est en effet l’argument majeur mis en avant par ceux qui se disent responsables alors que dans les faits l’accumulation des déficits date de bien avant l’arrivée de ces nations sur la scène internationale.

En partie, il a raison, les déficits cumulés ont plusieurs sources, l'irresponsabilité de nos politiciens à penser qu'à court terme, les groupes d'intérêts et entre autre une mondialisation débridée, plusieurs facettes, mais tous ont joué un rôle important de notre surendettement.

Partant de là, et campagne électorale aidant, certains n’hésitent pas à donner les pistes à suivre pour sauver ce qui peut l’être, celles-ci se résumant en une sortie de la zone euro et en une fermeture des frontières aux importations en provenance de ces pays.

Remarquez, quand votre monnaie sera flottante, on n’en reparlera, entre temps les pays démocratiques ont le droit de se défendre.

À aucun moment n’est mis sur la table l’incapacité des dirigeants politiques à lutter contre ce cancer qui ronge les économies et qui se résume au fait qu’il est toujours dangereux de vivre au-dessus de ses moyens.

Tout à fait d'accord avec lui, ce qui implique d'avoir des politiciens responsables et des démocraties saines, (transparence, imputabilité, règle budgétaire et un soupçon de démocratie directe), malheureusement ce sont des ingrédients rares dans nos démocraties actuelles.

Quelle sera la suite des évènements ? Peut-être un crash financier gigantesque qui effacera les ardoises des dépenses publiques par un simple jeu d’écritures. Une autre possibilité plus plausible est que les pays cités en introduction retrouvent leur niveau de vie d’avant la période démagogique, ce qui permettra aux « investisseurs » de disposer d’une main d’œuvre plus proche que celle fournie par la Chine et autres ce qui permettrait autant de bénéfices supplémentaires.