Le Piège de la dette publique

Le livre est utopiste, mais ça fait du bien !


Le piège de la dette publique

La dette repose sur un un mensonge : elle ne vient pas d’une orgie de dépenses publiques, mais de l’érosion organisée des recettes fiscales.

Les niches et les cadeaux consentis aux ménages les plus riches et aux grandes entreprises se sont multipliés à l’infini.

En empruntant sur les marchés financiers pour financer ces déficits, les États se sont encore enfoncés davantage, puisqu’ils ont dû payer des taux d’intérêts souvent excessifs. Cette dette est donc largement illégitime.

La crise financière de 2008, la récession et le sauvetage des banques ont alourdi le boulet. Affolés par l’envolée des dettes publiques les marchés financiers se sont alors mis à spéculer contre les États qui les ont sauvés. Dans toute l’Europe, des plans d’austérité drastiques déferlent pour « rassurer les marchés ». Mais en voulant nous faire payer la crise financière, les gouvernements nous enfoncent dans la récession et sacrifient les investissements vitaux pour la reconversion écologique de l’économie.

D’autres solutions sont possibles à condition de s’attaquer à la mainmise des marchés financiers. Il faudra replacer la création monétaire sous contrôle démocratique et promouvoir un autre partage des richesses, sans hésiter à dénoncer une partie de la dette.

La manière dont sera traitée la dette publique dans les années qui viennent, loin d’être une question technique, déterminera en grande partie l’avenir de nos sociétés.

Une analyse stimulante des violences d’une "finance au service des plus riches


Extrait de : "Critique du livre "Le Piège de la dette publique", par ATTAC., PascalOrdonneau, Le Echos, 29/07/2011

Il faut dénoncer les banques rapaces et les dettes publiques illégitimes !

La qualité de ce livre réside dans son analyse des origines des dettes publiques des pays développés et des situations surprenantes et inquiétantes qui en résultent. Informations clairement exprimées et de qualité ainsi que graphiques et tableaux, sont disposés à bon escient.

La dette publique est un piège. ATTAC, auteur de ce petit livre, en décrit les dangers économiques sociaux et politiques. On ne reprendra pas ici tout le travail fort intéressant de décryptage de la naissance, de la composition, des conséquences de la montée des dettes publiques et des coûts économiques et sociaux qui l’accompagnent. Fort intéressante est la présentation que les auteurs font de la situation actuelle où les pays les plus endettés sont les pays développés, les pays riches quand, à l’inverse, les moins endettés sont les pays en voie de développement et les pays émergents.  Cette situation doit-elle être rapportée à la crise de 2008 ? A-t-elle des origines plus anciennes ?

Pour résumer la position des membres d’ATTAC, les pays endettés, c'est-à-dire les pays les plus riches du monde se retrouvent dans cette situation pour trois raisons :

·        la victoire du modèle libéral anglo-saxon et la disparition d’une gestion volontariste des grandes composantes de la vie économique et sociale;

·        la financiarisation des économies et la dictature des marchés, en lieu et place d’une régulation démocratique des flux financiers et bancaires ;

·        et la prise du pouvoir économique mondial par les banques, financées dans des conditions incroyablement avantageuses quand, dans le même temps, elles imposent des taux très élevés à leurs débiteurs.

Exemple, nos banques empruntent à 1.5 % à la banque centrale et nous la refile à 5 à 6 % pour les prêts immobiliers ou sur la carte de crédit à 18 %, belle arnaque, après on se demande pourquoi ils font 20 milliards de profits.

Niches fiscales, baisses des impôts sur le revenu ou les bénéfices, ont coupé les recettes possibles. La suprématie des marchés financiers est venue se substituer au financement sous contrôle public orienté par des critères d’intérêt général. La victoire, dans une forme de lutte des classes qui n’est pas exprimée, des catégories les plus riches et des détenteurs du pouvoir économique est celle du capitalisme financier au détriment des plus pauvres

C’est une constante de cet ouvrage que de montrer que le monde s’est mis sous la houlette des banques et que leurs abus ont conduit à l’endettement faramineux des Etats.

Pire, les banques qui ont tendu leurs sébiles pour que les Etats leur sauve la peau ont mordu la main de leur sauveur et profité de son argent.

« Depuis 2008-2009, les banques privées ont accès auprès des banques centrales à une ressource très peu coûteuse( Ex : QE) la majeure partie leur permet de spéculer…matières premières, aliments…».

Pour ATTAC,  les pays très endettés ne pourront pas faire face à leurs dettes et les rembourser. Les plans successifs mis en place pour la Grèce, ceux qui ont été entérinés pour l’Irlande et le Portugal, ont permis de sauver « la mise » des grandes banques et des assurances, ils ne pourront être respectés que sur fonds de misère et d’explosions sociales. 

Et ATTAC de questionner :

1.      Pourquoi imposer pareils sacrifices aux populations ?

2.      Quels mérites ont ces investisseurs et ces banques qui détiennent les dettes souveraines ?

Aucun ! Au contraire leur action a été néfaste et s’est traduite par l’accumulation d’une dette indue et illégitime.

A ce stade du raisonnement que le livre commence à prendre une tournure intéressante.

ATTAC introduit, par opposition à l’aveuglement et à la cupidité qui sont intrinsèques au fonctionnement et aux objectifs des marchés financiers, l’idée que la finance irresponsable doit être punie. Les pays du nord sont endettés car ils ont laissé les marchés de l’argent se libéraliser et les banques déployer leurs séductions. Une part considérable des dettes souscrites sont superflues, inadéquates et illégitimes. Un audit mené « sous contrôle citoyen », montrerait que les Etats se sont endettés pour compenser les baisses d’impôts profitant aux plus riches.

Puisque la dette des Etats est un piège au sens où ils ne pourront pas y faire face, puisqu’elle a été souscrite sans considération de l’utilité sociale des fonds levés, les politiques de redressement devront frapper fort ! Et d’abord, elles devront revisiter l’ensemble de l’endettement public, pour identifier la part des dettes illégitimes, anormales et excessives. Celles qui n’auraient pas dû être souscrites seront ainsi annulées, répudiées. 

Les responsables qui les ont laissées passer seront poursuivis ( Pas mal de politicien serait sous les verrous) et aussi les Banques qui ont failli à leurs missions de conseil et ont stimulé l’endettement au lieu de le décourager : « Il faut restructure les dettes publiques en Europe. Celles–ci sont largement illégitimes ».

Pour compléter le dispositif de « contr’ATTAC », « il faut enfin, non pas rassurer les marchés financiers mais leur briser les reins… »

les auteurs listent toute une série de condamnations et d’interdictions dont celles « d’un certain nombre de transactions financières …. » . On ne s’étonnera pas d’y voir les CDS et les ventes à découvert ! Surtout, le mal étant venu des banques et de la liberté d’action que des politiques de libéralisation irresponsables ont débridée, il faut les remettre dans le droit chemin.


Extrait de : Devinez qui a plus de liquidités que les États-Unis?, blog de lupus

Qui a plus de liquidités que les États-Unis?

Alors que le président Barack Obama et les Républicains peinent à s’entendre à propos de la dette et que pèse la menace d’une dégradation de la note des États-Unis, une autre mauvaise nouvelle est tombée, passée quasiment inaperçue : les fonds du Trésor américain se sont volatilisés en un clin d’œil, passant du début juillet à la mi-juillet de 130 à 39 milliards de dollars américains!

Que s’est-il passé? Timothy Geithner, le secrétaire au Trésor, a multiplié les dépenses, ayant en tête que son département doit bientôt percevoir quelque 55% des impôts sur le revenu payés par les contribuables américains.

Du coup, avec ses 39 milliards, le Trésor se retrouve avec moins de liquidités qu’une trentaine d’entreprises, comme l’indique Capital IQ. Une trentaine d’entreprises qui ont donc, actuellement, plus de cash que les États-Unis même!

En tête de ce palmarès figurent des banques chinoises, la première étant l’Industrial and Commercial Bank of China, avec des fonds estimés à 416,5 milliards de dollars américains.

Ironiquement, on y trouve également des banques d’affaires américaines qui ont bénéficié, il n’y a pas si longtemps de ça, de l’aide du gouvernement américain : la Bank of America (331,6 milliards), JP Morgan Chase (243,8 milliards) et autres Morgan Stanley (215,5 milliards). À noter que Berkshire Hathaway, le holding de Warren Buffett, a, lui aussi, plus de cash que le gouvernement américain, avec ses 41,1 milliards en liquide.

Le plus surprenant? Retrouver l’assureur Freddie Mac, à l’agonie au moment de la crise financière et sauvé in extremis par le gouvernement américain, qui dispose maintenant d’un trésor de guerre de 72 milliards de dollars américains!

Olivier Schmouker, Les Affaires.com juillet11


 

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    # by Anonyme - 2 août 2011 à 21 h 04

    J'aimerais bien qu'on documente cette affirmation: «La dette repose sur un un mensonge : elle ne vient pas d’une orgie de dépenses publiques, mais de l’érosion organisée des recettes fiscales.»

    Regardez les budgets successifs du gouvernement du Québec par exemple. Ses revenus autonomes croissent années après années. Ils se situent à environ 50 milliards cette année, c'est presque le double d'il y a à peine 15 ans!

    On peut à la limite dire qu'une tendance fait que les entreprises payent moins et les citoyens plus, mais reste que je crois que c'est plutôt l'affirmation entre guillemets qui est un mensonge. La dette vient bel et bien d'une orgie de dépense.

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    # by Québec de Droite - 3 août 2011 à 18 h 04

    Je suis d'accord avec toi, le livre ne regarde qu'une facette des déficits, le chantage et l'évasion fiscale.

    Mais il est évident que l'insouciance de nos policiens à dépenser au dessus de nos moyens pour gagner des votes, ont été une des conséquences majeures de nos déficits.

    Exemple, pour le Québec pour 160 milliards de dette brute, nous avons plus de 106 milliards de déficits cumulés, qui sont des dépenses d'épiceries.

    Ce qu'on ne fait pas pour gagner des votes !

    http://www.quebecdroite.com/2011/03/quebec-budget-2011-dette-brute-et.html