Le Québec doit maintenir le cap sur le déficit zéro

Nous avons drôlement des économistes optimistes, des lunettes roses influencées par leurs employeurs ou les groupes d’intérêts.


Extrait de : Le Québec doit maintenir le cap sur le déficit zéro, Francis Vailles, La Presse, 12 août 2011

Le gouvernement du Québec doit rester prudent et garder le cap sur le déficit zéro s'il ne veut pas subir le même sort que les pays au coeur de la tempête.

Il faudrait définir ce qu’est un déficit zéro : avec ou sans magouille comptable.

C'est ce que croient la plupart des économistes consultés par La Presse. «Je ne pense pas qu'on se dirige vers une situation comme celle de l'Italie ou de l'Espagne. On a pris des moyens lors des deux derniers budgets pour ne pas s'enliser. Mais il n'y a pas de folies à faire», dit Claude Montmarquette, économiste associé au CIRANO.

Le gouvernement du Québec prévoit atteindre l'équilibre budgétaire au cours de l'exercice 2013-2014. Le déficit, de moins de 4 milliards de dollars cette année, reculera à 1,5 milliard l'an prochain et atteindrait le chiffre magique de zéro au cours de l'exercice qui se termine le 31 mars 2014.

Oui, mais à quel prix en assommant les Québécois de 4 milliards de taxes récurrentes à chaque année. Donc, vous êtres de plus en plus pauvres, de plus en plus endettés, et moins d’argent pour stimuler l’économie, belle perspective.

«La dette du Québec est élevée. En revanche, le gouvernement a un plan sérieux et il est sur le point d'atteindre ses objectifs. Jusqu'à récemment, les pays européens n'avaient pas un plan aussi crédible», dit l'économiste en chef du Conference Board, Glen Hodgson.

Sérieux mais à court terme, on ne règle pas le problème de productivité, de compétitivité et de démographie, nous avons un problème structurel, pas un problème fiscal ponctuel.

Évidemment, le Québec est une province, et non un État souverain. Son statut de province d'un pays en bonne santé financière lui est favorable. «Le Québec bénéficierait d'un appui fédéral advenant des difficultés. Je ne pense pas du tout qu'il puisse arriver la même chose au Québec qu'en Europe», dit Benoit Durocher, économiste au Mouvement Desjardins.

Même son de cloche de Marc Van Audenrode, professeur à l'Université de Sherbrooke: «Je suis convaincu que le gouvernement fédéral canadien ne laissera pas une province faire défaut de payer sa dette. La Grèce ne bénéficie pas d'un tel système.»

Drôlement optimiste ces deux moineaux, pensez-vous que les Canadiens Anglais vont nous dire pas de problème, voici l’argent.

Le Québec s’est comporté en cigale depuis 20 ans, il a réussi à devenir la province et l’État le plus endetté de l’Amérique du Nord avec plus de 120 milliards de péréquations.

Le pouvoir canadien se déplace vers l’Ouest, ils ont même réussi à devenir majoritaire sans l’appui du Québec, la péréquation est de plus en plus contestée.

Que ça sois une agence de notation où le Canada Anglais, il va avoir une sérieuse contrepartie, à offrir, ils vont nous obliger à réduire drastiquement nos dépenses, sans cela, ils vont nous dire : ‘tu as voulu jouer à la cigale, chante maintenant’.

Évidemment, ces deux économistes n'ont jamais lu le rapport de Moody’s, ce rapport sous-entend que le Canada n'est pas responsable des dettes des provinces, s'ils commencent à payer les dettes du Québec, ils risquent de perdre sa cote.

L'Espagne a perdu sa cote la dernière fois, dû à deux principales raisons :

1.      La faiblesse de ces banques

2.      Et les déficits structurels de ces régions.

Le Canada n’est pas à l’abri d’une décote, surtout avec une dette publique parmi les plus élevés au monde, s’ils commencent à renflouer les provinces irresponsables, on risque de passer dans le collimateur.

Hydro-Québec

Le gestionnaire de fonds Denis Durand, de Jarislowsky Fraser, rappelle que le Québec dispose d'un atout de taille: Hydro-Québec. Faut-il le rappeler, la société, détenue à 100% par le gouvernement du Québec, est l'un des plus importants producteurs d'hydro-électricité du monde.

Or, si Hydro-Québec était mise en vente, le Québec pourrait en tirer entre 50 et 130 milliards de dollars, selon différentes analyses. Autrement dit, ce joyau permet de réduire considérablement l'endettement réel du Québec, qui se chiffrait à 173,4 milliards de dollars au 31 mars 2011.

Bon ! voilà une pensée magique, vendons Hydro-Québec, pour compenser l’irresponsabilité de nos politiciens depuis 20 ans.

Je suis loin d’être convaincus, que les Québécois vont être d’accord, ils vont dire à l’État soit plus efficace.

Formule Rand, sécurité d’emploi, permanence, ancienneté,
fonds de pension insolvable == » OUT

De plus, ce n’est qu’une solution qu’à court terme, le problème de compétitivité, des taux d’imposition trop élevés, un sérieux problème de démographie, tous des problèmes structurels qui ne seront pas résolus même si nous vendons Hydro-Québec.

Marc Van Audenrode fait valoir que l'Europe a un problème de croissance économique plutôt qu'un problème de dette: «En 2007, la situation de l'Espagne était comparable à celle du Canada. C'est l'ampleur de la récession là-bas qui a créé un problème de rentrées de fonds et de déficits pour les gouvernements. Le Canada connaîtrait la même situation avec une récession d'une telle ampleur.»

Jean-Pierre Aubry, économiste associé au CIRANO, ne croit tout de même pas que le Québec soit à l'abri d'une crise: «Surtout avec nos problèmes d'infrastructures et le vieillissement de la population, qui vont nous obliger à dépenser. La crise en Europe nous envoie un message: on ne peut pas indéfiniment augmenter notre dette sans souci. Il faut une gestion prudente parce que la situation peut virer de bord rapidement.»

Surprenant venant de Cirano, ils ont toujours tendance à avoir des lunettes roses,  bravo ! M. Aubry, serait-ce que votre jugement soit moins influencé parmi les pourvoyeurs de fonds de Cirano.


Autres faits :

En valeur cumulée, toutefois, le Québec fait moins bonne figure. Les cinq premiers mois de l'année 2011 ont vu son PIB augmenter de 1,6% par rapport aux cinq premiers mois de l'année 2010. Au Canada, cette hausse se chiffre plutôt à 2,9%.

 

Source : Progression du PIB