Le socialisme et la mentalité anti-capitaliste (3).

Cahier spécial : L'État, la dette et les libertés


Le socialisme et la mentalité anti-capitaliste

Comment se fait-il, par conséquent, que l'Amérique ait abandonné cette idée des individus souverains qui se gouvernent eux-mêmes, avec un état confiné aux fonctions peu nombreuses mais essentielles de la protection des droits, en faveur de l’idée comme quoi ce serait l’état lui-même qui est le souverain :

Au nom du peuple

 

Où l'individu est réduit au rôle d’un serf dont on exige et attend qu’il paie n’importe quel impôt et supporte n’importe quelle règlementation au nom d’un « bien commun », de l’« intérêt national » ou de la « solidarité » ?

En un mot, la réponse est : le socialisme.

Cette année-ci marque le 20ème anniversaire de la chute de l'Union soviétique. Après la réalité de presque 75 ans de socialisme réel dans l'Union soviétique et ailleurs dans le monde, il n’y a plus que très peu de gens pour croire et aspirer au régime dictatorial d’un Parti communiste prétendant connaître les « lois inéluctables du développement historique » ; il y en a peu pour vouloir vivre dans un système de complète et globale planification centrale socialiste. L'expérience a convaincu suffisamment de gens autour du monde qu'un tel système ne mène à rien qu’à une brutale tyrannie, en même temps qu’à la stagnation économique et à la pauvreté.

Alors que l'idéal du socialisme soviétique et de la planification centrale a été rejeté et compte de nos jours peu d'adeptes déclarés, ce qui perdure effectivement et influence les attitudes générales vis-à-vis du pouvoir politique, de la politique économique et du rôle de l’état dans la société, tant aux États-Unis que dans le reste du monde, c’est la critique socialiste du capitalisme et de la société libre de marché.

C’est sur l'analyse socialiste de l'économie de marché que se fondent les rationalisations du vaste filet de programmes sociaux étatiques ainsi que de réglementations et d’ingérence dans les entreprises privées. Lorsqu’on laisse libre l'entreprise privée, ont prétendu les socialistes, la recherche égoïste du profit conduit les patrons à porter atteinte à la protection de l’intérêt commun ou général. Les employeurs cupides exploiteront et maltraiteront les travailleurs à la recherche d'emploi si les hommes de l’état ne les protègent pas par une règlementation du travail, y compris par l’imposition d’un salaire « décent ».

L'Etat doit donc assumer le rôle de fournisseur paternaliste des soins de santé, des pensions de retraite, de l’assurance chômage, des logements publics, de l’enseignement, ainsi qu’une grande variété d'autres services sociaux. Pourquoi?

·         Premièrement, dans un capitalisme débridé, les travailleurs ne gagneraient pas assez pour s’assurer à eux-mêmes ces biens nécessaires.

·         Deuxièmement, les entreprises privées mues par leur seul intérêt ne pourraient certainement pas fournir ces biens et ces services en quantité et en qualité suffisantes.

En d'autres termes, on ne saurait faire confiance aux individus pour mener eux-mêmes leur vie, pour faire leurs choix propres, et interagir librement avec leurs semblables dans une société de liberté. C’est un contrôle collectif, sous couvert du processus démocratique, qu’il faudrait pour contraindre et circonscrire la souveraineté de l'individu dans le domaine de ses affaires propres.

Partout les hommes de l’état, y compris aux Etats-Unis, au nom de la protection des personnes contre le capitalisme sans frein, ont créé des administrations en expansion constante qui règlent quasiment tous les aspects de nos existences. C’est pourquoi notre monde est aujourd'hui le prisonnier permanent d’une idéologie anti-capitaliste.

Les bureaucraties d'État qui règnent grâce aux politiques anti-marché se sont transformées en élites politico-idéologiques qui s’imaginent savoir, et prétendent nous dicter avec arrogance, comment il nous faudrait à tous vivre et travailler.

Ceux qui détiennent le pouvoir politique peuvent se comparer à la noblesse d’antan, devant laquelle les roturiers devaient ramper pour qu'ils puissent vivre et prospérer.


Tables des matières :

1.       L'Etat, la dette et les libertés : l'importance de la bataille pour les idées.

2.       Domination politique contre maîtrise de l’individu par lui-même

3.       Le socialisme et la mentalité anti-capitaliste

4.       Le capitalisme comme libérateur de l'Homme

5.       La dangereuse croissance de l’État

La Constitution fiscale non écrite des États-unis

6.       La prescription keynésienne et le déficit budgétaire

7.       Ce qu’il en coûte d’emprunter l’argent

De l’État limité au tout-État

Le tout-État apporte avec lui une dette immense et galopante

8.       Défense morale de la liberté

L'importance de la bataille des idées