Les fromages québécois gagnent la bataille des étalages


Extrait de : Les fromages québécois gagnent la bataille des étalages, Caroline Pailliez, Argent, 8 août 2011

Les fromages québécois n’ont plus rien à envier à leurs cousins français. Ils se taillent maintenant une place parmi les produits les plus raffinés des concours internationaux.

L’American Cheese Society tenait son concours nord-américain à Montréal cette année, en fin de semaine; une grande première pour cette fédération, qui n’a pas l’habitude d’organiser des évènements en dehors des États-Unis. Or, les fromagers québécois ont redoublé d’ardeur. De 15 fromageries d’ici qui ont concouru l’an dernier, elles étaient 39 cette année.

Chez nous, la réputation des fromages de la province n’est plus à refaire. « Les produits québécois remportent le Grand Prix des fromages canadiens depuis sept années consécutives », a constaté Solange Heiss, porte-parole des Producteurs laitiers du Canada (PLC), qui organise l’évènement.

« Le Québec a pris de l’avance avec sa proximité culturelle avec la France », a expliqué Jean Morin, copropriétaire de la ferme Louis d’Or, qui vient de remporter le dernier Grand Prix. L’artisan, à l’instar de beaucoup d’autres, est allé lui-même faire le tour des spécialités régionales de l’hexagone avant de se lancer dans l’industrie.

La Belle Province s’est ainsi créé l’un des plateaux les plus diversifiés en Amérique du Nord, avec une production de 350 fromages de lait de vache différents. Elle offrirait plus de la moitié des variétés existantes au monde, selon la Fédération des producteurs de lait du Québec. En 2008, le Canada se situait au 10e rang des pays producteurs de fromages avec une production annuelle de 400 milliers de tonnes.

De plus en plus d’amateurs québécois

Il faut dire que la qualité des produits a suivi l’explosion de l’offre. De nombreux établissements artisanaux ont commencé à se développer au début des années 2000, à mesure que les habitudes de consommation des Québécois changeaient.

« Les Québécois sont devenus très curieux des produits locaux. Ils préfèrent maintenant tester plusieurs variétés en petites quantités. Ils sont également de plus en plus fiers de pouvoir goûter à des produits de leur propre terroir », a expliqué Marc Picard, propriétaire de la fromagerie Hamel à Montréal.

Alors que la consommation moyenne nationale se situe autour de 12,5 kg, par année, celle de la Belle Province devrait se trouver autour de 18 kg a estimé André Piché, propriétaire de la fromagerie Maître Corbeau. Les Français en sont à 24 kg de leur côté.

« Lorsque nous avons ouvert notre magasin à Montréal, nous réservions seulement quatre pieds carrés aux fromages frais locaux. Maintenant, ils s’accaparent huit pieds carrés, aux dépens des importations », a expliqué M. Piché.

Entre 2000 et 2005, le nombre d’usines fabriquant du fromage a augmenté de 80 %. Des 120 fromageries en activité aujourd’hui, près de 80 d’entre elles transforment un peu moins de 1 million de litres de lait par an.


Extrait de : Les ventes de fromages fins plafonnent, Caroline Pailliez, Agence QMI, 8 août 2011

L’industrie des fromages fins, dont la popularité a explosé au début des années 2000, peine à se relever du ralentissement économique.

 « Les ventes ne décollent pas. Alors que nous connaissions des taux de croissance de 10 à 15 % des années 2000 à 2008, c’est à peine si nous affichons des taux positifs cette année. J’envisage même une diminution du chiffre d’affaires dans les prochains mois », a témoigné André Piché, propriétaire de la fromagerie Maître-Corbeau à Montréal.

Il faut dire que les difficultés économiques des dernières années n’ont pas aidé les fromagers. « Les Québécois sont les premiers à limiter leurs dépenses en produits d’alimentation considérés comme de luxe, lorsque la situation économique se complique. Or les fromages plus raffinés en font partie », a expliqué Yolaine Villeneuve, directrice affaires publiques et corporatives du Conseil des industriels laitiers du Québec.

« De plus, les consommateurs ne sont pas encore tous prêts à payer plus cher pour du fromage artisanal. Il y a un travail d’éducation à faire. Un produit qui demande plus d’effort est nécessairement plus dispendieux », a-t-elle ajouté. Les cheddars de grande consommation coûtent environ 17 $ le kilo alors qu'un fromage de lait cru peut coûter jusqu'a 55 $ le kilo.

Se réfugier dans le cheddar

Avec la contraction de leur budget, les Québécois se sont réfugiés vers les produits à pâte ferme des épiceries. Les ventes de fromage en supermarché auraient augmenté de 2,7 % en juillet 2011 comparativement à l’année précédente, selon la Fédération des producteurs de lait du Québec. Il s’agit de l’augmentation la plus importante des provinces canadiennes, la moyenne se situant à 1,6 % sur l’ensemble du territoire.

La listériose de 2008, de son côté, ne semble pas avoir laissé de trace. « Le Ministère de l’Agriculture, Pêcherie et Alimentation du Québec (MAPAQ) a constaté en janvier 2009 que les ventes étaient revenues à la normale durant le temps des Fêtes », a expliqué Mme Villeneuve.

« La demande n’a chuté que pendant quelques mois après les évènements, entraînant des pertes dans les inventaires. Ce sont les fromageries de chèvre qui en ont souffert le plus en raison de leur précarité financière. Mais aucune d’entre elles n’a fermé ses portes à cause de la listériose », a-t-elle précisé.

Un marché fortement concurrentiel

Les fromageries peinent à trouver leur place parmi la multitude de fermes qui ont ouvert leurs portes au Québec au début des années 2000. Le nombre de petits établissements artisanaux a presque doublé en l’espace de 12 ans, passant de 29 en 1998 à 52 en 2010. On dénombre environ 120 fromageries de toutes tailles au total. La moitié des entreprises de transformation laitière n’utilisent que 0,5% du lait.

« La concurrence est rude dans l’industrie. Il faut sans arrêt veiller à la qualité du produit. Si un fromage commence à perdre de son prestige, un autre risque de prendre sa place sur les rayons fromagers », a expliqué Jean Morin, copropriétaire de la ferme Louis d’Or, qui a récemment remporté le Grand Prix des fromages canadiens, organisé par les Producteurs laitiers du Canada (PLC).

« Or, les grandes sociétés commencent à empiéter sur nos plates-bandes. Elles se lancent de plus en plus dans la production de fromages fins. Or, elles peuvent facilement occuper l’espace qui normalement nous est réservé avec leurs grands volumes et leurs prix à rabais », a-t-il ajouté. Saputo et Agropur se lancent elles aussi dans le fromage fin et elles semblent plaire.

Le chèvre Le Cendrillon, de Saputo, a par exemple a été couronné Grand champion du World Cheese Awards 2009.

Il en faudra cependant plus pour que les Québécois boudent les produits artisanaux. « Les consommateurs sont tout de même restés curieux. Ils testent toutes sortes de fromages artisanaux, même si c’est en très petite quantité », a constaté Marc Picard, propriétaire de la fromagerie Hamel à Montréal.


 

  1. gravatar

    # by Anonyme - 8 août 2011 à 18 h 58

    I just added your website on my blogroll. I may come back later on to check out updates. Excellent information!

  2. gravatar

    # by Anonyme - 10 août 2011 à 09 h 05

    I just added your website on my blogroll. Really enjoyed reading through. Excellent information!