Les pays émergents qualifient les dirigeants européens et américains d’«incompétents»


Extrait de : Les pays émergents qualifient les dirigeants européens et américains d’«incompétents», Ram Etwareea, Le temps, 10 août 2011

La crise de la dette, les craintes d’une nouvelle récession, après celle de 2008-2009, et l’incertitude générale aux Etats-Unis et en Europe affolent les pays émergents. De Shanghai à Mumbai, en passant par Moscou, São Paolo et Johannesburg, les places boursières ont fortement dévissé ces derniers jours dans le sillage de la chute des marchés financiers occidentaux. Dans le même temps, les monnaies respectives s’apprécient face aux principales devises, rendant leurs exportations moins compétitives. Ils craignent surtout que les consommateurs américains et européens – ménages et entreprises – pris de peur, privilégient l’épargne et freinent la consommation, ce qui serait un coup fatal à leurs exportations.

Remarquez, ça fait du bien de voir les pays émergents souffrir un peu, et oui, nos politiciens sont peut-être irresponsables avec l’endettement de leur pays, mais le peuple a plus de cervelle, que nos dirigeants, quand ça commence à aller mal, il préfère épargner que de s’endetter.

On appelle cela, gérer comme un bon père de famille, concept que nos politiciens oligarchiques ont oublié depuis fort longtemps.

Du coup, dirigeants chinois, russes ou brésiliens haussent le ton et exigent que leurs homologues prennent des mesures fortes pour éviter un effondrement de l’ensemble de l’économie mondiale. Les Chinois tirent la sonnette d’alarme depuis plusieurs semaines déjà, plus précisément depuis que la guerre est engagée entre démocrates et républicains américains pour relever le niveau d’endettement des Etats-Unis. Au début du mois, Pékin avertissait que le projet des conservateurs qui consiste à sabrer massivement les dépenses pouvait réduire la croissance chinoise de 2%. La Chine, première détentrice des obligations d’Etat américain, soit de 1200 milliards de dollars, soupçonne Washington de délibérément laisser filer le dollar. Ce qui lui permet de rembourser dans une «monnaie de singe».

MM. Les Chinois pendant une décennie, vous avez acheté les bonds américains pour soutenir l'endettement des ménages, maintenant vous allez subir votre cupidité, un équilibre du libre-échange aurait été plus sain, mais en vous accaparant trop rapidement du milieu industriel, votre demande intérieur n'est pas capable de supporter votre capacité industrielle.

«Parasite»

Après l’abaissement de la note de la dette américaine vendredi par Standard & Poors et la panique boursière qui s’en est suivie lundi, le Global Times, organe officiel du Parti communiste chinois, n’a pas hésité à traiter le gouvernement américain «d’incompétent», tout en l’accusant de provoquer la dégringolade boursière mondiale. «Les pays occidentaux ne maîtrisent plus leur système. Les principales puissances sont en difficulté et le monde est en train de perdre ses modèles», déplore le quotidien qui cible un lectorat étranger.

Il y a toujours un effet balancier qui revient à un équilibre, le libre-échange était un marché de dupes, maintenant tout le monde souffre, espérons si on s’en sort, un meilleur équilibre économique va avoir lieu, il faudrait aussi mater nos super financiers (Bankers), qui n’arrêtent pas de spéculer avec l’argent du peuple, mais cela c’est une autre histoire.

La colère gronde aussi en Russie. Lundi, l’indice MICEX de la bourse de Moscou a perdu près de 8%. Elle était toujours orientée à la baisse mardi. Autre mauvaise nouvelle, les contrats d’assurance contre un défaut de paiement, les CDS, c’est-à-dire le coût d’assurer la dette russe, ont augmenté de près de 200 points ces derniers jours. Au début du mois, le premier ministre russe est allé jusqu’à qualifier les Etats-Unis de «parasite» en raison de son surendettement.

Attendez, vous n’avez rien vu, il semble qu’un QE3 se prépare, allons-y gaiement, imprimons de l’argent pour racheter nos propres bonds, vous avez raison MM. les Chinois, une vraie monnaie de singe.

Il a appelé la Russie et d’autres pays à chercher de nouvelles monnaies de réserves et de se prémunir contre un défaut systémique des Etats-Unis. Il a fait ces remarques au moment où le Congrès et le Sénat américains se battaient autour du niveau de la dette, ce qui affolait déjà les marchés, tout en faisant chuter le dollar. En avril 2011, la Russie détenait des obligations d’Etat américain à hauteur de 125 milliards de dollars, soit environ 10% de son produit intérieur brut. Mardi, le premier ministre russe a déclaré qu’il était prêt à injecter des liquidités sur les marchés pour éviter une dégradation du type 2008-09 lorsque le rouble avait été fortement dévalué.

«Les dirigeants politiques européens et américains ne sont pas à la hauteur pour faire face à la crise de la dette et font porter au monde les conséquences de leur incompétence»,

a fustigé lundi Gleisi Hoffmann, la ministre en chef du gouvernement brésilien.

Déjà en automne 2010, le ministre des Finances Guido Mantega dénonçait la «guerre des devises» qui faisait que le real brésilien ne finissait pas de s’apprécier et rendait les exportations plus difficiles.

L’Inde n’est pas moins chahutée. Très diplomatique, le premier ministre Manmohan Singh a, dès la semaine dernière, demandé aux dirigeants occidentaux d’avoir le courage de mener les réformes structurelles. Lundi, le ministre des Finances Pranab Mukherjee affirmait que l’économie indienne était mieux placée que d’autres pour faire face aux conséquences de la situation économique mondiale incertaine créée par la crise de la dette aux Etats-Unis et en Europe.